Intelligence Magazine n°1 nov/déc 2014
Intelligence Magazine n°1 nov/déc 2014
  • Prix facial : 6,80 €

  • Parution : n°1 de nov/déc 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : entretien sur la mémoire avec le professeur Hélène Amieva.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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À SAVOIR DIFFÉRENT DE L’ANIMAL… La principale différence entre les cerveaux de l’Homme et des animaux est la présence, chez l’Homme, d’un cortex très développé. En effet, le cerveau de l’Homme est par exemple capable de faire des équations, alors que les animaux sont jugés incapables d’en réaliser. Les mathématiques, entre autres, sont un bon moyen de développer son cerveau aux raisonnements puisque l’on fait appel à la logique. Le cerveau humain est capable d’abstractions très élaborées : nous pouvons imaginer des histoires, des sons, des formes, etc., sans que le fruit de notre imagination soit nécessairement réel. L’influx nerveux provoque la libération d’un messager chimique, un neuromédiateur, dans la terminaison pré-synaptique. En général, un neurone ne libère qu’un seul type de neuromédiateur qui diffuse à travers un petit espace jusqu’aux récepteurs post-synaptiques du prochain neurone, ce qui donne lieu à l’émission d’un nouveau signal électrique appelé le potentiel synaptique. Selon le type de neuromédiateur transmis, le potentiel synaptique va être positif ou négatif. La cellule nerveuse va en général faire une somme arithmétique de tous les signaux positifs et négatifs qu’elle reçoit par ses dendrites et, selon que 20 INTELLIGENCE MAGAZINE DOSSIER DOPER SON CERVEAU cette somme dépasse ou non un certain seuil, déclencher ou non l’influx nerveux. LE CONSCIENT & L’INCONSCIENT Schématiquement, sur le plan de la « conscience », on peut également décomposer le cerveau humain en deux parties : l’inconscient et le conscient. Voici quelques chiffres tirés d’études en neurologie qui montrent la différence de capacités entre l’inconscient et le conscient : L’inconscient traite environ 4 000 000 000 (milliards) d’informations/seconde. Le conscient n’en traite que 2000. L’inconscient représente environ 83% de la masse totale du cerveau, contre 17% pour la partie consciente. Au niveau du contrôle/perception/comportement, l’inconscient gagne haut la main avec 96 à 98%. Au niveau de la durée de la mémoire, la partie consciente est d’environ 20 secondes, alors que pour l’inconscient elle est infinie. La partie consciente du cerveau est volontaire. C’est-à-dire que c’est la partie du cerveau contrôlée par la volonté, celle qui fixe des buts et juge les résultats. La partie inconsciente est involontaire. Elle exécute les buts fixés par le cerveau conscient et s’assure que les résultats correspondent bien aux buts fixés sans porter de jugement de valeur. Cette exposition est réalisée à partir de la collection photographique de l’Inserm, en partenariat avec sanofi-aventis, la Société des neurosciences et Publicis Dialog. Elle présente trente-six clichés scientifiques d’imagerie cérébrale. A voir sur : http://www.frc.asso.fr/Le-neurodon/l-exposition/le-cerveaudans-tous-ses-eclats 4'AC EXPOSITION LE CERVEAU DANS TOUS SES ÉCLATS Inserm/Sanofi-Aventis/Publicis Dialog
DE LA PLASTICITÉ DU CERVEAU Dans le cerveau humain, les connexions continuent de se multiplier au cours de la vie, la souplesse fonctionnelle d’utilisation des connexions et des zones, pouvant être réattribuées à d’autres fonctions se poursuit jusqu’à l’âge adulte. Lors de sa conférence de juillet 2002 pour l’Université de tous les savoirs, Jean-Pierre Changeux expliquait : « Le bébé humain naît avec un contingent de connexions qui est la moitié de celui de l’adulte. (...) Si on compare le génome du chimpanzé et celui de l’homme, il y a 1 ou 2% de différences, ce qui est extrêmement peu. (...) Il n’y a pas beaucoup de gènes de différence, mais ces gènes portent sur le développement des formes critiques. (...) Au cours du développement du fœtus à l’adulte, et notamment chez le nouveau-né, à un stade où se constituent près de 50% des connexions du cerveau de l’homme adulte, les synapses se forment, certaines en nombre supérieur à ce qu’il sera chez l’adulte. L’interaction avec le monde extérieur va contribuer à la sélection de certaines connexions et à l’élimination de certaines autres. » Le processus de fabrication embryonnaire du cerveau est un processus d’auto-organisation de l’agitation au hasard des formations des cellules nerveuses, les neurones, et des interconnexions ou destructions de celles-ci. L’ordre provient de la destruction ou de l’inhibition alors que le désordre est l’initiateur de la construction. L’ordre du cerveau n’est nullement préétabli, pas plus que celui de la cellule, de la particule ou de la société. Il est, comme une ville, comme un bâtiment, en perpétuelle destruction et reconstruction. Le neurobiologiste Alain Prochiantz souligne qu’il ne s’agit pas seulement de localisation des zones cérébrales ou de leur augmentation de taille mais d’une propriété particulière des inter-neurones chez l’homme : les GABAergiques, qui permettent au cerveau humain d’être sans cesse en construction, dépassant largement la période de formation cérébrale du jeune singe appelée période critique, les quelques semaines après la période postnatale au-delà desquels on ne peut plus modifier les zones neuronales. Il explique : « Il existe des régions du système nerveux où cette période critique ne se « DOSSIER DOPER SON CERVEAU EXPERT JEAN-CLAUDE AMEISEN, IMMUNOLOGUE, AUTEUR DE « LA SCULPTURE DU VIVANT OU LE SUICIDE CELLULAIRE, UNE MORT CRÉATRICE » produit jamais ou bien où, une fois la période critique passée, une certaine plasticité demeure. (...) La perte de plasticité qui suit la période critique est due à la maturation morphologique et biochimique des interneurones GABAergiques. En effet, si on empêche la fonction inhibitrice de ces neurones, par exemple en diminuant leur capacité de synthèse du neuromédiateur inhibiteur qu’est le GABA, la période critique peut alors être repoussée (...) On pourra proposer que ce UN CERVEAU CAPABLE DE SE REMODELER ! Durant plusieurs dizaines d’années, une théorie s’était imposée selon laquelle les neurones de notre cerveau, qui deviennent stériles à partir de notre petite enfance, ne peuvent pas être renouvelés. (…) L’incapacité de notre cerveau à produire dès notre enfance de nouveaux neurones a représenté jusqu’à une période très récente un des dogmes centraux de la neurologie. (…) Mais cette idée d’une extraordinaire longévité de nos neurones - qui égalerait celle de nos corps - correspond sans doute à une illusion. La présence dans les cerveaux humains adultes capables d’enfanter des neurones a été identifiée récemment par différentes approches qui laissent peu de place au doute. (…) Une image nouvelle, plus dynamique et plus riche, de notre cerveau commence à se dessiner. Un cerveau capable de se remodeler. Un cerveau qui se construit, comme l’ensemble de notre corps, tout au long de notre existence. Depuis quelques années, il est apparu que certains des signaux qui parcourent normalement notre cerveau ont le pouvoir d’entraîner le suicide de neurones. Parce que l’idée que les neurones du cerveau ne peuvent pas être renouvelés a été une idée persistante, la plupart des médecins et des biologistes considèrent que le suicide des neurones ne peut pas être une des conséquences normales des dialogues cellulaires à l’intérieur du cerveau et ne peut donc survenir qu’au cours de maladies du vieillissement. Mais s’il existe des cellules capables d’enfanter des neurones, le suicide et le renouvellement des neurones pourraient au contraire représenter des phénomènes qui freinent le vieillissement et permettent de maintenir intactes pendant plusieurs dizaines d’années nos capacités d’apprentissage. (…) Le pouvoir de se reconstruire est lié au pouvoir de s’autodétruire. N qui distingue les régions à renouvellement GABAergique permanent (...) des régions à non-renouvellement est le maintien d’une plasticité physiologique permettant l’apprentissage, par exemple de nouvelles odeurs, ou la mémorisation de nouvelles données (...) Il faut rappeler que plusieurs gènes de développement restent exprimés pendant toute la durée de la vie. Cette expression continuée, et surtout sa régulation, pourrait constituer une forme de réponse aux stimulations sen- INTELLIGENCE MAGAZINE 21



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