Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
  • Prix facial : 9,80 €

  • Parution : n°15 de nov/déc/jan 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la bataille de Rocroi (1643).

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 86 - 87  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
86 87
rer à son tour, comme s’était faite massacrer l’infanterie ennemie de l’autre aile. C’est alors la débandade sur l’aile gauche d’Enghien. Les Espagnols en profitent pour attaquer notre artillerie qui est à découvert. Ils sabrent les artilleurs et nous prennent nos canons. La situation devient catastrophique. L’Hopital et La Ferté sont blessés et inaptes à commander. La nouvelle se transmet à la vitesse de l’éclair. Cela commence à être la vraie débandade sur tout ce côté de notre armée. Face à la furie espagnole, il ne reste que les troupes de réserve de Sirot. Là aussi, c’est la panique. Ses adjoints estiment la partie perdue, et ils pensent qu’il serait bon de reculer, d’abandonner Rocroi et Enghien. A cette panique qui s’installe, on peut juger la dureté des combats qui devaient avoir lieu. Mais c’est dans ce moment là que les vrais caractères apparaissent. Sirot a le calme des vieilles troupes. Il décide de faire face. Décemment, il ne peut pas laisser là son chef avec le reste de son armée, pour s’enfuir comme un capon. Ce serait lâche. Et ce serait catastrophique. Où irait-il lui même, avec sa troupe de fuyards qui se débanderait de toute façon ? Et que deviendrait le reste de l’armée, la cavalerie victorieuse d’Enghien et de Gassion, et l’infanterie d’Epernan qui attend le choc ? Même si la panique est grande dans son entourage, même si certains de ses officiers sont en train de perdre leurs moyens face à l’adversité, même si la peur de mourir est de plus en plus forte, on n’est pas chevalier deux heures par jour. Face au danger, le flegmatique Sirot décide de faire face, et de former le dernier carré avec ses troupes qui continuent du coup à lui obéir au doigt et à l’œil. C’est d’autant plus méritoire que le remplaçant de L’Hopital et de La Ferté est La Valière qui se met à ordonner la retraite. C’est le moment crucial de la bataille. Sirot va se trouver enfoncé, ou encerclé. Condé est bloqué de son côté par l’infanterie du centre des Espagnols. Et Beck risque d’arriver à tout instant. Sirot juge la situation avec lucidité. Il prend alors la décision qu’il faut. La seule façon, dans cette mêlée, de survivre, c’est de ne pas rester mobile, mais d’attaquer à son tour. Au son des fifres et des tambours. Ses 86 Histoire Événement• n°15
soldats l’acclament. Autant mourir en tuant plutôt qu’en tournant le dos. Condé pendant ce temps là n’est pas resté inactif. Il a laissé Gassion continuer à massacrer les troupes d’Albuquerque. Et il a décidé de venir en aide à Sirot qui est toujours en train d’attaquer Melo. C’est une décision à risque. Parce que cela reposait sur un pari : que les troupes de Gassion, laissées à leurs seules forces, seraient capables de continuer le travail. Et là-dessus, non plus, il ne commit pas d’erreur d’analyse. Les troupes d’Albuquerque ne purent se reprendre. Enghien décida alors d’une manœuvre audacieuse, très risquée. Il n’allait pouvoir la mener à bien que parce qu’il tenait bien ses troupes en main, et qu’il pouvait les mener rapidement où il voulait, sans risque de confusion de leur part. Il décida de contourner le champ de bataille, en se faufilant sur le terrain qui se situait entre les fortifications de la ville de Rocroi et le dos des troupes espagnoles. Le risque pour lui, c’était de tomber sur des troupes mises là en réserve. C’était une chance sur deux, à nouveau. Et s’il rencontrait des Espagnols en allant par là, il les chargerait. De nouveau, il faisait preuve qu’il était un grand chef. Parce qu’il risquait beaucoup. Il risquait tout. Y compris sa vie. Pour sauver l’essentiel. Tout allait reposer sur la vitesse et la chance. Mais comme tous les aventuriers qui façonnent l’histoire des peuples hors de leurs sentiers battus, il fonçait dans l’inconnu, on dirait de nos jours, sans filets, pour prendre à revers Melo qui affrontait Sirot. Le champ de bataille était petit. Au plus deux kilomètres et demi. Qu’il fallait traverser à toute vitesse. Il fallait contourner les tercios de Fontaine, ne pas leur laisser le temps de se retourner pour arrêter la course des cavaliers français … Aller plus vite encore, pour se jeter sur les arrières de Melo, en espérant que d’ici là, il n’aurait pas pulvérisé les troupes de Sirot. Comme cela il serait pris entre Histoire Événement• n°15 87



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 1Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 2-3Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 4-5Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 6-7Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 8-9Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 10-11Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 12-13Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 14-15Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 16-17Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 18-19Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 20-21Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 22-23Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 24-25Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 26-27Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 28-29Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 30-31Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 32-33Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 34-35Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 36-37Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 38-39Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 40-41Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 42-43Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 44-45Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 46-47Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 48-49Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 50-51Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 52-53Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 54-55Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 56-57Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 58-59Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 60-61Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 62-63Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 64-65Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 66-67Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 68-69Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 70-71Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 72-73Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 74-75Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 76-77Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 78-79Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 80-81Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 82-83Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 84-85Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 86-87Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 88-89Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 90-91Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 92-93Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 94-95Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 96-97Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 98-99Histoire événement numéro 15 nov/déc/jan 2005 Page 100