Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
  • Prix facial : 9,80 €

  • Parution : n°15 de nov/déc/jan 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la bataille de Rocroi (1643).

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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mes se préparaient à se faire tuer, si les choses tournaient mal pour les armées françaises. Les Espagnols se réveillaient à leur tour. Ils se tenaient maintenant debout. Ils étaient prêts pour l’explication ultime. Bientôt, par milliers, les cadavres de tous ces soldats allaient pourrir parmi les fleurs. Le duc d’Enghien était un brillant latiniste. Il aurait pu être un très bon tribun. Il fit un discours au front de ses troupes, très beau, très poétique. Tout ceux qui l’entendirent furent émus. Les tambours se mirent à battre le rappel définitif avant le combat. Les trompettes raisonnèrent dans la nuit bleue, couverte par les brumes qui semblaient s’élever jusqu’à la lune. Chaque armée, chaque régiment, avait ses tirailleurs. C’étaient de bons soldats. Qui allaient en tête des troupes, pour repérer le terrain, et qui avaient aussi pour mission d’abattre les officiers de la partie adverse, afin de tenter de désorganiser les rangs ennemis. Pour être tirailleur, il fallait être agile, avoir une bonne vue, et être bien sûr bon tireur. Parce que les ennemis avaient eux aussi leurs propres tirailleurs. Les premières escarmouches se passaient entre tirailleurs. Condé avait ainsi appris, en envoyant des reconnaissances, qu’un régiment de mousquetaires ennemis se trouvaient dans les petits bois qui longeaient sa ligne d’attaque. Il commença par là. Il dirigea sa cavalerie dans les petits bois, en masse. Les mousquetaires du roi d’Espagne ne purent résister. Ils n’eurent que le temps de tirer une salve, avant de se faire écharper au pistolet et à l’arme blanche. Cela s’était passé très vite. Ensuite, Enghien divisa son aile attaquante en deux : la première partie dirigée par Gassion prend Albuquerque sur sa gauche. La seconde partie le prend de face. Albuquerque met huit de ses escadrons en face de Gassion, et les autres en face d’Enghien. Mais ce sont les Français qui attaquent. Ils vont à toute vitesse. En face d’eux, ils ont une cavalerie qui reste statique. L’avantage de la vitesse, donc de la force cinétique, est aux Français. 82 Histoire Événement• n°15
Et puis, il y a quelque chose d’autre que l’on a constaté souvent durant les guerres : le soldat qui charge est surdimensionné par rapport à celui qui attend de supporter l’assaut. Il a un taux d’adrénaline démultiplié. Il se dédouble, pourrait-on dire. Tous ses réflexes ancestraux de prédateur, de chasseur, de fonceur, se rétablissent, hors de toute contingence d’éducation et de culture. Il est quasiment impossible de l’arrêter. C’était la grande théorie de l’armée française avant 1914, où l’on vantait la vertu de l’assaut, de la charge à la baïonnette … Si le soldat arrivait vivant dans les lignes ennemies qu’il attaquait, il était invincible, et il massacrait tout le monde « dans un assaut furieux », selon la formule consacrée … Pour résister à un assaut de cavalerie, il valait mieux qu’il y ait en face, paradoxalement, des troupes d’infanterie. Elles étaient les seules aptes à faire front à un assaut de chevaux. Par leur tir de mousquets, par leurs lances. Les troupes de cavalerie n’étaient bonne surtout que dans l’offensive. Un cavalier qui ne bougeait pas était par définition un cavalier mort. Il était bien plus difficile de viser à cheval qu’à pied. Et bien plus difficile de tenir son rang face à un assaut furieux. Même s’il paraissait moins impressionnant que vu du sol. Tous ces avantages de l’assaut, ainsi que la déclivité du terrain à Rocroi, jouaient en faveur des Français. Ils arrivèrent à toute vitesse sur les Espagnols, et ils les enfoncèrent. Une autre chose joua en faveur des Français. Cette notion que les Espagnols allaient appeler La furia francese. Cette vivacité, cette audace sont liées non pas à un goût de la mort, mais à une flamberge, à un style qu’aucun de nos ennemis ne nous dénigra. Le Français est un Gaulois qui doit être dirigé par des Francs. Cela donne le soldat de France. Un mélange d’indépendance et de solidarité, une capacité de mourir pour une idée, pour un bon mot, dans une sorte de rêve rationnel. Lors d’un assaut, le soldat français, indiscipliné par nature, voir resurgir toutes les qualités de ses défauts. Il sera rapide, foudroyant, imprévisible, capable d’innovation et d’un instinct supérieur à celui d’un Germain. On retrouvera Histoire Événement• n°15 83



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