Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
  • Prix facial : 9,80 €

  • Parution : n°15 de nov/déc/jan 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la bataille de Rocroi (1643).

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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C’était très courageux. Dans la bataille, tous les ennemis allaient le viser en priorité. Il multipliait peut-être par dix ses risques de se faire tuer. Le fait de ne pas porter de casque de fer le mettait aussi en plus grand danger. Mais un chef doit-il montrer moins de courage que le plus risque-tout de ses hommes ? La bataille allait être meurtrière, tout le monde le savait. Les adversaires étaient presque face à face. Les Espagnols devaient passer. Les Français étaient obligés de les en empêcher. Chacun, à partir du moment où il avait un peu de discernement, se rendait compte de l’enjeu de cette bataille : C’était soit l’agonie du royaume de France, soit l’agonie de l’empire espagnol. Des deux côtés, il y avait la fine fleur de l’aristocratie, l’élite des soldats de métier. Si l’armée espagnole était composée de plusieurs nationalités, celles-ci étaient toutes liées par ce sens de l’histoire, vu par le Saint Empire romain germanique, vu par cette mystique profondément catholique qui avait mené tous ces soldats à lutter contre les redoutables protestants allemands … Il n’y avait pas d’unité nationale proprement dite, mais une unité impériale, comme il y aura plus tard dans les armées disparates de Napoléon unies par une idéologie commune. Ce qui est frappant, c’est que dans l’armée française, les soldats sont tous Français. Tous ces guerriers, essentiellement catholiques, parfois protestants, ou, comme Condé, fils de protestants convertis, ils savent qu’ils représentent l’espoir d’une nation qui est en train de se définir, après les secousses des guerres de religion. Celles-ci ont été finies il y a même pas un siècle, elles ont continué par le siège de La Rochelle. Mais elles ont surtout été transcendées par cette histoire politique qu’Henry IV, Louis XIII et Richelieu sont en train de construire. La France n’est pas encore tout à fait une nation. Elle constitue déjà un peuple important. Et si le Franco-Lorrain Fontaine a choisi entre les deux conceptions d’être un soldat des Habsbourg, tous ces nobles français, qui sont derrière Enghien, ils ont tous choisi l’autre versant de la colline. Ils sont Français avant tout. Ils se rattachent à une 80 Histoire Événement• n°15
histoire, à une géographie. Ils savent qu’avant eux, il y avait les Gaulois. Ils savent que les résultats des grandes invasions ont été intégrés dans une volonté monarchique qui a fait la France, qui s’est appelée comme cela parce qu’ils étaient Francs. Ils savent qu’ils représentent cette élite guerrière qu’est obligée de posséder toute grande nation, si elle veut être autre chose qu’un peuple disparate, sans âme et sans force. Le terme de nation n’est pas, pour relater des faits de cette époque, inexact. Mais il n’était pas utilisé. On lui préférait celui de royaume. Parce que les pensées étaient monarchistes. On se définissait par rapport à un grand monarque, qui était rattaché à une conception divine et mystique liant le ciel et la politique. C’est à partir du roi que se définissait le peuple. Peu importait qui était ce roi. Il pouvait être fils d’une Espagnole, d’une Italienne, d’une Autrichienne … Le sang de toute l’Europe pouvait couler dans ses veines. Mais il se définissait avant tout par son sacre, par son rôle de roi d’un peuple particulier. Après la bataille, c’était lui qui était chargé de négocier le traité de paix avec un autre roi, représentant d’un autre peuple. Et jusqu’à la prochaine guerre, la vie continuait, dans cet ordre divin, où l’individu se définissait par rapport au Christ, à la sainte vierge, et à l’éternité. Condé était prêt. Il monta à cheval. Il commença à avancer parmi ses troupes, qui se mirent à l’acclamer. Les habitants de Rocroi entendirent les hourras. Ils comprirent que la bataille allait commencer. Et que le soir venu, ils seraient soient ruinés, soit sauvés. Les femmes étaient pleines d’émotion. Les enfants avaient peur. Et les hom- Richelieu. C’est lui qui repéra l’intelligence du jeune Condé et qui décida d’en faire un général en chef. Il avait compris que lui seul pourrait sauver la France grâce à son génie. Histoire Événement• n°15 81



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