Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
  • Prix facial : 9,80 €

  • Parution : n°15 de nov/déc/jan 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la bataille de Rocroi (1643).

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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siècles après la guerre des Gaules, le roi de France n’avait pas plus de sécurité politique que Vercingétorix la veille d’Alésia. Tout était à rejouer. Inlassablement, en Gaule, tout était à refaire. Parce qu’à chaque génération, tout recommençait à l’identique, les mêmes erreurs, les mêmes mauvaises interprétations de l’histoire, de la France, et de son rôle dans l’architecture du monde. C’était comme une chasse perpétuelle, où chaque jour, il fallait recommencer à se préparer, pour obtenir après une lutte aléatoire, le corps de la bête, ensanglanté, à ses pieds. Afin de pouvoir se nourrir et recommencer un autre jour. Et chaque jour, la bête que l’on chasse est aussi intelligente, il faut la traquer, aussi, risquer sa propre mort, parce que la bête est dangereuse. A l’aube de Rocroi, Louis XIII se savait mourant. Il ignorait combien de temps il lui restait à vivre, mais il avait le pressentiment que c’était bien peu. Il n’était plus dans un monde vivant. Il se dédoublait dans la souffrance. Cet être multiple, à la personnalité complexe, à la fois lune et soleil, homme et femme, roi puissant et malade, qui avait vu tant de morts le précéder, tant de passions du pouvoir s’écrouler dans les ruines et les hurlements, il rêvait désormais à sa suite triomphante de son royaume. Dans un tâtonnement qui frôlait l’inconnu, c’était pour lui l’unité de Dieu qu’il essayait de reconstituer en renforçant son trône, peut-être pour arriver à connaître celui-ci et s’approcher de lui.. Le roi très chrétien avait encore à accomplir sa tâche mystique sur cette terre qu’il allait bientôt quitter. Il allait choisir un chef de guerre qui gagnerait. Toute son intelligence le lui disait. Toute son expérience. Il avait passé sa vie à nommer des gens à des fonctions pour le servir, lui et la France, il avait travaillé à construire des systèmes, à voir des échecs et quelques réussites … Il n’avait pas de doute. Condé avait l’étoffe d’un grand chef de guerre. C’était à lui de sauver la monarchie. Le nommer à ce poste, c’était plus qu’un pari. C’était aussi lui confier le destin politique du royaume. Il était cousin du roi. Il aurait à protéger, à la mort de Louis XIII, la 66 Histoire Événement• n°15
reine et ses deux enfants. Il fallait qu’il ait pour cela les qualités d’un nouveau du Guesclin. C’était une question de vie ou de mort pour le royaume et pour la France. A la veille de sa mort, dans un indicible retour, Louis XIII devait montrer, alors qu’il était malade, autant de talents que son père avait du en avoir pour conquérir la France. Il était seul. Il n’avait plus Richelieu. Il était dans le rôle de l’homme d’action. Capable de prendre des décisions extrêmes. Il paria le tout pour le tout. Comme un grand joueur. Qui peut tout perdre. Mais qui sait parfaitement que c’est le risque qui mène le monde et décide du sort des royaumes et des batailles. La décision de nommer le jeune prince d’Enghien à la tête des armées du Nord fit beaucoup de bruit. Dans cette société aristocratique, on comprenait parfaitement les avantages de la naissance. Mais de là à prendre un jeune homme de vint-deux ans, qui avait surtout prouvé qu’il était plein d’avenir, pour affronter les redoutables stratèges espagnols formés à la guerre de Trente ans … il y avait une marge. Rocroi juste avant la bataille L’armée française se trouvait dans la région d’Amiens et de la Somme. On ferait mieux de dire plutôt : ce qu’il restait d’armée française. Comme on était proche de Paris, de nombreux officiers s’en étaient retournés dans la capitale, pour profiter des plaisirs de la grande ville. La troupe n’avait pas d’argent. L’artillerie était faible. Les cavaliers n’étaient pas très expérimentés. On disait tout bas, à la cour, qu’à part les troupes de mercenaires étrangers, cette armée française n’était pas bonne au combat. Francisco de Melo avait d’ailleurs la même opinion. Il n’était pas trop inquiet pour la suite des évènements. Il décida d’aller vers Arras, avec forte démonstration de mouvements de troupes. Mais c’était un piège. Son but, c’était de prendre la forteresse de Rocroi, qui bloquait dans les Histoire Événement• n°15 67



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