Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
  • Prix facial : 9,80 €

  • Parution : n°15 de nov/déc/jan 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la bataille de Rocroi (1643).

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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d’argent, plus il créait des charges. Il se constitua ainsi au rabais une nouvelle classe sociale qui allait cristalliser un siècle plus tard l’essentiel des malaises pré-révolutionnaires. L’année de Rocroi constitue une sorte de charnière révélatrice de ce début de malaise. Parce que ce ne sont pas que des charges de magistrats que l’on a commencé à vendre, mais aussi des charges d’officier. Le problème c’est qu’un magistrat riche et atone mettra simplement un peu plus de temps à rendre un arrêté de droit de niveau contestable. Mais un militaire atone perdra une bataille qui pourra faire sauter un royaume. Par définition, un militaire ne devrait pas être atone. Mais dans un système où l’on peut acheter une charge de maistre de camp, c’est-à-dire de chef de corps d’un régiment, ou de commandant de compagnie, il arrive fréquemment que la valeur n’atteigne pas le nombre des écus versés. Il s’agissait là d’une véritable perversion du système royal qui commençait. La tentation est grande, dans ce monde qui reste aristocratique et militaire, d’acheter une charge militaire, quitte à la faire exercer en pratique par d’authentiques chevaliers impécunieux, tandis que soi-même, on reste près du sérail de la cour, où il faut se faire voir pour être bien vu. L’armée française en subit les conséquences. Elle garde d’authentiques guerriers, mais l’esprit de guerre ne vient plus de ses chefs. Même si beaucoup sont prêts à mourir avec honneur, une certaine désorganisation morale est en train de se mettre en place. Ce ne sont pas tellement les soldats ou les officiers qui sont mauvais. Mais ce système centralisateur, qui fonctionne comme une administration où l’on peut acheter les postes, où le pouvoir se trouve finalement dans un héritage reposant sur une épargne bien menée par un ancêtre et non pas sur un esprit de conquête. Turenne tempêtera contre cette nouvelle mentalité de l’armée française, où, dira-til, les officiers sont plus valets que guerriers. Cela frappera aussi Richelieu qui aura été paradoxalement un des initiateurs de ce système … Il trouvera que les Français ne sont 32 Histoire Événement• n°15
Le premier « républicain » anglais, lecteur de la Bible, excellent soldat. Avec lui, l’ère des peuples commence, en corrélation avec l’Etat nation. pas faits pour la guerre. On voit d’ailleurs là l’erreur de son raisonnement politique qui mènera aux révoltes de la Fronde après sa mort : Mal encadrés, les soldats devenaient de mauvais soldats. Les officiers de valeur cultivaient un certain désabusement qui se retrouva dans le résultat de certaines batailles. Parfois jusqu’à un tiers des soldats désertait durant une campagne. C'était d’ailleurs une vilaine habitude sur laquelle les commandants de compagnie ou de régiment fermaient volontiers les yeux : parce qu'ils étaient rémunérés par l’Etat en fonction du nombre de soldats qu’ils pouvaient présenter sur les rôles administratifs. L’évaluation se faisait avant la campagne. On passait en revue le nombre du soldat, et c’était l’intérêt de tout le régiment, qu’il y en ait alors beaucoup à comptabiliser. La tentation était grande de recruter n'importe qui avant le début d’une guerre. La somme allouée au régiment et à son chef était ainsi surestimée. Jusqu’à la fin de la campagne. Une fois le dénombrement officiellement établit, on préférait que les les mauvais soldats, partent avant le début de la bataille. Cela permettait de n'avoir que des guerriers de confiance au moment du danger. C'est-à-dire au moment où il ne fallait qu'il n'y ait plus que des soldats d'élite. Parce que rien n’est plus dangereux au combat qu’un mauvais soldat non motivé par la bagarre. Pour faire fuir les lâches ou les faibles, il existait une pratique : chaque nouveau venu était soumis à une suite de vexations et de querelles, qui se terminaient loyalement par une proposition de duel à l'arme blanche. Soit l’impétrant Histoire Événement• n°15 33



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