Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
Histoire événement n°15 nov/déc/jan 2005
  • Prix facial : 9,80 €

  • Parution : n°15 de nov/déc/jan 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : la bataille de Rocroi (1643).

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Les dépenses de l’Etat sur ce chapitre n’étaient pas si dispendieuses que les historiens en faveur de la Révolution ont voulu le croire. Ce qui coûtait beaucoup plus, c'étaient les enjeux politiques et militaires qui nécessitaient de fortes dépenses de préparation. L’Etat était en perpétuel endettement. Les banquiers se remboursaient en récupérant euxmêmes les impôts. Aussi, ce qui est commence à être refusé, un peu partout dans l’Europe, c'est le système de monarchie absolue. Lorsque la reine mère de Louis XIII, Marie de Médicis, convoque les Etats Généraux, elle ne peut les clôturer dans de bonnes conditions. C’est un échec cuisant pour la monarchie. La confrontation des intérêts de classe apparaît très nettement dans les cahiers des doléances de 1610, écrits à cette occasion. On y voit bien que la bourgeoisie n'a déjà plus besoin de la caste nobiliaire pour la protéger militairement. Parce que le coût de la guerre est constitué par l'achat des armes à feu. Et ce coût financier ne peut être pris en compte que par des régions riches, commerçantes, capables non seulement d'acheter, mais de mettre en place des usines d'armement. La finalité du commerce est donc de s'approvisionner en matières premières, pour faire baisser le prix de celles-ci et arriver à produire plus. La compétitivité est supposée se faire par un enrichissement général lié à une baisse des coûts, donc des prix. Ce qui peut contrebalancer cette baisse des prix peut être les coûts d'intérêt des emprunts. Il devient alors bien plus rentable d'emprunter pour affréter des bateaux et sillonner les mers qu'entretenir des armées de terre pour conquérir des terrains. En Hollande, il s’applique déjà une sorte de démocratie protestante, qui est plus proche de notre système politique actuel que de celui de Louis XIII. Le système féodal n'y existe plus sous une forme agraire, mais capitaliste. La Hollande préfigure l’Europe du vingtet-unième siècle. Dans un pays à conquérir, ce qui est devenu plus important qu’autre fois, c’est de contrôler ses ports et ses débouchés maritimes. La notion d'approvisionnement arrive à en être 30 Histoire Événement• n°15
primordiale. C'est donc le commencement de la fin pour les sociétés agraires. Un pays devient riche par ses plus values et non par sa paysannerie. Celle-ci sert à constituer une part de la production nationale vouée à devenir de moins en moins importante : Il s’agit déjà de la préparation de l'ère du libéralisme. Les pays qui réussiront le plus rapidement cette mutation seront ceux qui prendront la direction du monde. La monarchie française est consciente de ces enjeux : Richelieu s’inquiétera de la qualité de la marine royale. Quand à l'Espagne, sa marine est encore redoutable. Mais elle sera amoindrie par son système économique bien trop traditionnel et agraire. Les faiblesses de l’armée française L’Etat français se trouvait pris entre deux feux : un désir de modernisme le poussant à favoriser les plus-values industrielles et commerciales, et un désir de renforcement de ses pouvoirs, de centralisation, pour résister aux chocs et dangers extérieurs. La solution trouvée n’était pas neuve, tous les Etats la pratiquent, elle consiste en l’augmentation des dépenses publiques, pour ordonnancer la mise en place élite nouvellement modelée ayant pour mission d’accomplir les desseins de l’Etat monarchique. Aux côtés de la noblesse d’épée, qui devait continuer à risquer sa vie sur les champs de bataille, on développa une noblesse de robe, issue en partie du monde bourgeois, mais aussi du monde de la chevalerie, qui allait prospérer tout en s’occupant de la partie administrative du royaume. L’Etat augmenta le nombre de charges à acheter. Une riche bourgeoisie vit là le moyen d’une consécration sociale définitive. Des nobles intellectuels y trouvèrent aussi la possibilité de faire-valoir leurs talents juridiques ou économiques, avec une autre perspective que de vivre l’inconfort et l’anonymat des champs de batailles, où le plaisir de commander une troupe de soudards qui allait mourir ne valait peut-être pas les joies plus paisibles et gracieuses des grandes villes. Il y eut alors un phénomène classique de l’offre et de la demande : plus l’Etat avait besoin Histoire Événement• n°15 31



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