Histoire événement n°10 HS mai/jun/jui 2004
Histoire événement n°10 HS mai/jun/jui 2004
  • Prix facial : 2,50 €

  • Parution : n°10 HS de mai/jun/jui 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 102

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : Europe, une histoire française.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 54 - 55  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
54 55
on la brûle, quand on voit un blessé, on lui prend ses bottes. Ce qui dirige les sentiments, c’est donc un sentiment inférieur de cupidité. Les rapports s’établissent en fonction du rapport de force. La seule chose qui préserve, c’est, en cas de guerre, la gentillesse, le bon vouloir de la troupe et de son général en terrain ennemi. Et c’est là le paradoxe. Parce que la morale était donnée alors par une autre notion qui faisait le pendant à celle de la violence : celle de Dieu et du salut de son âme, lié à celui de l’honneur chevaleresque. Parce que toute histoire est le récit d’une lutte, même celle des insectes, sur notre planète où le combat est la définition de toute vie, de toute une partie de vie sans laquelle il n’y a plus de vie. Il faut noter aussi que le vrai guerrier professionnel est un vrai guerrier, qui ne tue que par ordre et que par sang-froid. Il lui faut une grande nécessité, un risque de mort à diminuer, pour qu’il tue. A moins qu’il ne soit un psychopathe complètement détraqué. Il est encadré par des officiers qui ont le calme des vieilles troupes et qui ne sont pas des sanguinaires à tout crin. Chacun de ces soldats de métier de l’Ancien régime savait qu’il pouvait mourir rapidement, et il était forcément marqué par une vision profonde de l’au-delà. Sans avoir la passion actuelle pour la paix, l’humanisme et les droits de l’homme, ce qui arrêtait l’extrême de la violence, c’était la mesure en toute chose et qui correspond aux sentiments à la fois chrétiens et chevaleresques. Il y avait certes les débuts du grand débat entre la foi et la raison, entre la connaissance et l’émotion de la foi. Mais il y avait aussi coexistence de ces notions que l’on prend l’habitude d’opposer parce que l’on a appris ainsi à rédiger nos dissertations de français. Et de même, il y avait coexistence de la charité et la générosité chrétienne avec cette violence charnelle de la force, qui liait celui ou celle qui la subissait avec celui ou celle qui avait le pouvoir absolu de l’exercer. Tout était donc question de tenue, mais aussi de circonstances. Comme si le vrai visage de la violence était celui du Christ, chassant les marchands du temple, chassant la 52 Histoire Événement• Hors-série n10
médiocrité et la fragilité des âmes, qui devaient faire un parcours noir sur une terre triste, où l’âme ne se révélait que face au danger, face au monde en mouvement, tel un groupe de lansquenets, partant vers la mort certaine, vers la vie incertaine, pour la réalisation de son âme et de son absolu, qui seule lui permettra de revoir les lumières et les couleurs. Dans ce registre, on aimait les choses de façon différente. C’était ce qu’il restait le plus de la période moyenâgeuse. On ne considérait pas le viol comme un traumatisme, parce que la notion de traumatisme n’existait pas. On ne considérait pas la mort comme une catastrophe, parce que la notion de mort n’existait pas sans celle de la vie éternelle. On ne considérait pas le pillage comme un effondrement de la société. Parce que l’on savait que l’on vivait au rythme des saisons, au cycle de l’éternel retour des moissons et des vendanges. Il y avait des pauvres domestiques, il y avait encore des serfs mais il n’y avait pas de chômage. On ne renvoyait pas son laquais, on préférait le battre. On procédait de même avec sa femme. Cette ambiance ancienne, dans toute sa violence et sa dureté, dans toute son inégalité, avait ainsi ses propres normes, plus physiques, plus contraignantes, mais tout de même souvent protectrices, à la fois familiales et seigneuriales. Les héros à l’Alexandre Dumas représentent parfaitement cette mentalité européenne faite de précisions, de réflexions, où le sentiment artistique et la violence se mêlent pour donner ce qui a fait de tout temps l’Europe : le sentiment de la passion, de la vie et de la joie, par delà le bien et le mal, dans une sorte de lumière qui habite les âmes et nous a donné toute cette culture montrant l’esprit humain dans toutes ses attitudes. L’intelligence de l’ancien régime Ce siècle était brillant. La Renaissance, contrairement à ce que l’on a souvent affirmé, n’avait pas « ouvert les esprits après le rude et primitif Moyen-Âge ». Histoire Événement• Hors-série n°10 53



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 1Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 2-3Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 4-5Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 6-7Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 8-9Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 10-11Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 12-13Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 14-15Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 16-17Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 18-19Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 20-21Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 22-23Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 24-25Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 26-27Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 28-29Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 30-31Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 32-33Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 34-35Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 36-37Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 38-39Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 40-41Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 42-43Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 44-45Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 46-47Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 48-49Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 50-51Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 52-53Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 54-55Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 56-57Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 58-59Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 60-61Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 62-63Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 64-65Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 66-67Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 68-69Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 70-71Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 72-73Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 74-75Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 76-77Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 78-79Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 80-81Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 82-83Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 84-85Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 86-87Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 88-89Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 90-91Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 92-93Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 94-95Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 96-97Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 98-99Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 100-101Histoire événement numéro 10 HS mai/jun/jui 2004 Page 102