Histoire événement n°10 HS mai/jun/jui 2004
Histoire événement n°10 HS mai/jun/jui 2004
  • Prix facial : 2,50 €

  • Parution : n°10 HS de mai/jun/jui 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (125 x 205) mm

  • Nombre de pages : 102

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : Europe, une histoire française.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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La violence d’une civilisation Tout était donc violence et rapports de force, dès que deux êtres étaient ensemble. Même dans les familles. Les femmes étaient habituées à la soumission, à la violence, et aussi à la révolte. La plupart des activités étaient physiques. Aller d’une ville à l’autre ville voisine était un exploit sportif, soit à pied, soit à cheval, en portant des charges, en affrontant les intempéries, que ce soit la pleine chaleur ou le soleil. Les paysans, lorsqu’ils voyaient arriver les soldats, même de leur roi ou de leur seigneur, savaient ce qui les attendait. Mais ils faisaient la part des choses et comprenaient que ce serait pire lorsque ce serait les troupes ennemies qui arriveraient. Les femmes avaient souvent l’habitude d’être prises de force. Les hommes étaient habitués à se battre. Au moindre interrogatoire, on pouvait faire usage de la torture. Lorsque la reine Anne d’Autriche est soupçonnée d’espionnage en faveur de l’ennemi espagnol, on mène son valet de chambre, Laporte, à la salle de tortures de la Bastille, et il évite de peu le supplice de la question. Les mouvements de masse sont tout aussi violents, parce que la foule baigne dans l’irrationnel, la peur et le sadisme. Lorsque le favori de Marie de Mécidis est, sur ordre de Louis XIII, assassiné par le capitaine de Vitry, la foule entrera dans l’église de Saint Germain l’Auxerrois pour s’attaquer à sa dépouille qui reposait sur un catafalque. On le mutile, on le découpe, et on mange en public les parties tendres de son corps. Quelques jours après sa victoire à Rocroi, les troupes de Condé brûlent un village et massacrent toute sa population. Par simple plaisir. Il s’agissait d’un village français. Mais on ne se formalisait pas pour de telles choses, à cette époque. De tout temps, la violence a existé. Mais la différence avec celle du vingt-et-unième siècle, c’est cette dureté envers soi-même, parce que l’on était avant tout physique, puisque la civilisation était rurale. Ravaillac, écartelé par quatre chevaux, réussit à résister à sa dislocation, et l’on 48 Histoire Événement• Hors-série n10
est obligé de lui taillader les membres pour qu’il puisse se séparer en quatre morceaux. Louis XIII et Richelieu sont perpétuellement malades, mais ils parcourent la France, en travaillant jusqu’à leur dernier souffle. On est habitué à la mort, à la révolte, au supplice s’il le faut. Les exécutions se passent en public. Sur les champs de bataille, on charcute les plaies à vif, puisqu’on ne sait pas endormir les blessés. Le rêve de gloire devient alors cauchemar. De partout, c’est le souffle de la nuit et de la solitude qui s’empare des hommes et des femmes. Mais cela les laisse impavides, parce qu’ils sont bien plus élevés durement que nous autres, le gens de l’ère nucléaire. La vieille chevalerie aimait la guerre. Elle acceptait volontiers de la faire par tradition et par goût. On peut dire que c’est dans la guerre qu’elle sera le plus fidèle à Richelieu. De même que les grands seigneurs. Comme l’écrira tendrement Edmond Rostand : C’est le sang. On va se battre. Il bouge ! Et du coup, on comprend mieux la violence de cette époque, différente de la nôtre, peut-être pas en terme de quantité de violence, mais en terme de risque aggravé. A la guerre, on avait une chance sur trois de mourir sur place, lorsque l’on était blessé. On s’étripait au corps à corps sans ménagement. Peut-t-on parler de sentiments patriotiques dans ces guerres déjà nationales ? Ce n’est pas sûr. On se battait et l’on acceptait de mourir pour une cause parce que l’on était un homme courageux. Et que l’on était fidèle à ses camarades, à son chef, à son seigneur, à son Dieu. La violence et la férocité des guerres se trouvaient ainsi justifiées. Et pour joindre l’utile à l’agréable, on tuait du monde. Pas de régimes de clercs se mettant en avant par des attitudes d’humanistes. Les jolies femmes, quelles que soient leur condition Histoire Événement• Hors-série n°10 49



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