Gazette des Armes n°475 mai 2015
Gazette des Armes n°475 mai 2015
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°475 de mai 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 44 Mo

  • Dans ce numéro : le centenaire du Chauchat.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Petit chiffre de Bordeaux » poinçonné du côté droit de la crosse de l’arme (flèche).(Document : Cabinet d’expertise Chivaille, Matous & associés). 36 Gazette des armes n°475 les cartouches combustibles à corps de papier ou de toile de notre Chassepot national. Selon l’ouvrage de Jack Puaud et Christian Mery « les armes à feu de la défense nationale et leurs baïonnettes 1870-1871 » : 108000 Remington Rolling Block « égyptiens » auraient été importés en France en 1871, ainsi que 3700 Remington espagnols et 19100 Remington, résultant de la conversion d’anciens fusils Springfield à percussion calibre.58, en armes à chargement par la culasse, 1000 Remington Navy et 21000 carabines Remington Rolling Block. Aussi le Remington Rolling Block devintil l’arme favorite des troupes du Gouvernement de la Défense Nationale. Malgré une résistance héroïque, le Gouvernement de la Défense Nationale dut capituler et accepter les dures conditions de paix dictées par Bismarck. Cette humiliation suscita dans la population un sursaut de patriotisme et un ardent désir de revanche sur l’Allemagne. Alors que la société française se militarise considérablement, on voit se multiplier les sociétés de tir et de gymnastique au sein desquels les adolescents et jeunes adultes viennent préparer « la Détail du fronton de la fontaine Saint Projet. (D.R.) Revanche » avec le soutien inconditionnel des autorités. En 1874, la France s’équipe du fusil Gras qui est une version à cartouche métallique de son prédécesseur : le Chassepot modèle 1866. Les stocks d’armes américaines héritées du Gouvernement de la Défense Nationale sont alors vendues aux enchères par les domaines. Certains Remington sont achetés par des armuriers qui les transforment en fusils de chasse, d’autres par des sociétés de tir et d’autres enfin par des municipalités, qui en équipent leur police municipales ou leurs pompiers, car les sapeurs pompiers étaient à cette époque armés, afin de constituer en cas d’invasion une force territoriale de sécurité ou même de constituer l’embryon d’unités de francs-tireurs. C’est sans doute dans ce contexte que fut employé ce mystérieux fusil Remington à la crosse frappée de trois croissants entrelacés. Le « port de la lune » En dehors des marquages classiques, on trouve sur le plat droit de la crosse de cette arme, juste au-dessus du numéro de série, un motif représentant trois croissants entrelacés. Ce motif apparaît dans les armes de quelques familles nobles (comme celle de Crécy) mais il constitue plus couramment un symbole de la ville de Bordeaux et est souvent désigné sous l’appellation de « chiffre de Bordeaux » ou de « petites armoiries de Bordeaux ». Le croissant est en effet un symbole que l’on retrouve sur les armoiries de la ville et qui Remington Rolling Block égyptien à l’épaule de gardes nationaux mobiles français portant un uniforme dans le plus pur style garibaldien. Ces hommes ont été photographiés dans les Pyrénées au port de Venasque dans la vallée de Luchon au lendemain de la guerre de 1870-71. (D.R.)
décore nombre de ses monuments (comme la fontaine Saint Projet). Le « chiffre de Bordeaux » semble avoir commencé à se substituer vers le milieu du 17 e siècle aux armoiries classiques de la ville 2 (Léopards de Guyenne, Lys de France et croissant). L’omniprésence du croissant dans la symbolique bordelaise est parfois vue comme un rappel de la forme recourbée de l’estuaire de 2 Ainsi décrites en 1913 par Meaudre de Lapouyade « De gueules ; à la Grosse-Cloche ouverte, ajourée et maçonnée de sable et sommée d’un léopard d’or ; à la mer d’azur, ondoyée de sable et d’argent, chargée d’un croissant aussi d’argent ; au chef d’azur, semé de France. » Doté d’une mécanisme exceptionnellement simple et robuste, le Remington Rolling block était particulièrement apprécié par les combattants qui en étaient dotés. Son principe de fonctionnement permettait de nettoyer facilement l’arme par l’arrière de la chambre sans avoir à procéder à un démontage de la culasse. (Document : Cabinet d’expertise Chivaille, Matous & associés). la Gironde, parfois comme un rappel du rôle du port dans le commerce avec l’Orient et l’Afrique. Au dix-neuvième siècle, le « chiffre de Bordeaux » apparaît sur tous les objets appartenant à la ville, comme les képis des agents municipaux et des pompiers (voir à ce propos l’étude publiée sur le site : www.chasseurs-dememoire.com/t15572-gendarme-bordelais) Ce chiffre est aujourd’hui le symbole utilisé pour le logo de la ville. Conclusion La présence de ce poinçon sur la crosse de ce Rolling block « égyptien » indique très probablement que cette arme a appartenu à un service municipal (police ou sapeurspompiers ?) ou qu’elle a été attribuée à une société de tir parrainée par la municipalité de Bordeaux. Le fait qu’elle apparaisse lors de la dispersion d’une collection bordelaise ancienne renforce cette hypothèse et rehausse son intérêt pour les amateurs d’armes amoureux de l’histoire locale. A gauche la cartouche à étui métallique du Remington Rolling Block, à droite la cartouche combustible du Chassepot dont le corps est composé de papier et de tulle. Bien que l’étui de la cartouche de Remington soit encore réalisé de façon quasi artisanale (culot en acier rapporté sur un corps de clinquant roulé, cette munition était bien plus résistante et moins encrassante que celle du Chassepot. Dans l’urgence, le Gouvernement de la Défense Nationale fit l’acquisition aux USA de tous les modèles de Remington Rolling Block disponibles. A côté des modèles égyptiens qui représentaient la majorité du lot, il y eut également des Remington espagnols, que l’on voit ici entre les mains de miliciens philippins. On peut imaginer les confusions et les désordres qui résultèrent de la présence dans la troupe de tant d’armes tirant des munitions différentes ! (D.R.) Le logo de la ville de Bordeaux aujourd’hui. (D.R.) La Gazette des armes n°475 37



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