Gazette des Armes n°475 mai 2015
Gazette des Armes n°475 mai 2015
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°475 de mai 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 44 Mo

  • Dans ce numéro : le centenaire du Chauchat.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Gros plan sur l’ensemble de la monture, de droite et de gauche. Volontaire de la Garde de Paris en 1794. Noter le « petit Montmorency » politique. 24 Gazette des armes n°475 Inspiré à l’origine par l’engouement aussi vif que nouveau des officiers d’infanterie et des troupes à pied pour les sabres à lame courbe, dont l’apparition au régiment des dragons de Montmorency vers 1776 avait initié le phénomène, Il fit rapidement « tache d’huile » et se répandit, avec une lame plus courte. Il fit en particulier florès au sein des officiers des troupes légères, comme les chasseurs à pied nouvellement créés ainsi que dans les régiments et bataillon provinciaux et des Gardes Françaises. Le principe n’était pourtant pas nouveau et connu depuis la fin du XVII e siècle dans certaines unités comme les grenadiers ou encore, pour la cavalerie, chez les Hussards dont il était l’arme emblématique, survivance de leurs origines d’Europe orientale, ou encore dans la marine. Les caractéristiques essentielles de ces « Petits Montmorency » sont une lame faiblement courbée et une monture multibranches en laiton moulé dont les dispositions peuvent être extrêmement nombreuses, à tel point que leur type peut constituer à lui seul un thème de recherche, d’études et de collection presque inépuisable. Autre caractéristique, comme cela a déjà été mentionné, la presque totalité est issue de l’in- La monture Elle est également fort « parlante ». Longue au total de 15 centimètres elle se décompose en trois parties.. Deux sont en laiton moulé, la branche de garde avec ses dérivés secondaires et le plateau, et enfin la calotte à longue queue. La fusée pour sa part est en bois de hêtre nervuré et ficelé, ce qui différencie nettement les petits Montmorency des sabres briquets d’infanterie de 1767, qui, de plus, sont à arc de jointure unique. Dans le cas présent, sa configuration et son agencement sont exactement ceux du modèle primitif de base dit « de mineur » sans doute du fait qu’au départ il semblait destiné à l’armement des sapeurs du Génie, Arme savante alors en voie de montée en puissance. Il connut dès lors un vif engouement dans les troupes légères, qui suivaient parallèlement le même cursus, où il fut adopté d’abord par les gradé puis, progressivement par les soldats du rang à partir de 1788. Ce Les petits Montmorency militaires et politiques dustrie privée, voire à l’occasion de simples forgerons, surtout après 1789 et de fabrication parfois assez fruste. De plus le type, s’il procède d’un tronc commun dont la racine la plus ancienne est le sabre court dit « de mineur » apparu pour la première fois vers 1785, il se diversifia dès 1789 en deux branches bien distinctes et profondément marquées par le substrat politique de l’époques et les évènements ou courants qui en découlaient. La première branche donc, la plus ancienne, est celle des « petits Montmorency militaires ». Ce sont en général les fabrications les plus soignées et très en vogue dans les unités d’infanterie légère de création récente ainsi que dans les formations provinciales. Bien que vraisemblablement apanage des gradés, ils se caractérisent par une certaine sobriété, incluant il est vrai souvent des agréments « à minima » intégrés la plupart du temps à la monture, et se rapportant à des attributs distinctifs d’Armes ou de spécialité, tels que cor de chasse, grenades enflammées, fusils ou canons entrecroisés…. La seconde, sans doute la plus nombreuse et la plus prolifique par son grand nombre de variantes, est constituée par les « petits Montmorency politiques ».Là, le champ est particulièrement vaste d’autant qu’il faut tenir compte de l’agencement des montures et des lames mais encore, et surtout, des symboles et devises ou profession de foi qu’elles peuvent présenter l’une comme l’autre. Les symboles sont avant tout portés sur les montures et les inscriptions sur les lames. Beaucoup, surtout dans les premiers temps de la Révolution sont nettement d’inspiration maçonnique, comme le compas, l’équerre, le triangle avec ou sans œil, l’escalier, la porte, le niveau, la colonne, l’étoime,
fut également semble-t-il le cas dans les régiments et bataillons provinciaux et sans doute chez les Gardes Françaises. Cette monture est donc ici de profil entièrement militaire et sans référence ostentatoire à une quelconque spécialité comme cela apparaîtra assez vite, ce qui paraît confirmer une fabrication d’origine du modèle. La fusée tout d’abord. Elle est en bois ficelé, de section sensiblement ovale et légèrement inclinée vers l’avant à sa partie supérieure. Nervurée sur toute sa longueur, elle est recouverte de galuchat brun et filigranée d’un double fil de cuivre rouge tressé en chevrons sur 12 tours. Elle ne comporte pas de virole basale. La calotte ensuite. Elle est en laiton moulé, à longue queue et façonnée à cinq pans en haut et trois à l’arrière avec un Ensemble de la monture et du plateau, de dessus. début en léger relief pour celui du centre. Sous son avant, elle présente enfin un orifice où vint se fixer l’arc de jointure par un petit téton. A son sommet, prend place un petit bouton de rivure circulaire sur lequel est maté la tête de la soie lors de l’assemblage final La grade La partie garde proprement dite enfin, entièrement en laiton moulé, est d’un seul tenant et constitue l’élément à la fois le plus original et le plus caractéristique de l’arme bien qu’il s’agisse ici d’une fabrication de base dont découleront toutes les variantes à venir, qu’elles soient militaires le serpent, le coq ou les mains unies. D’autres se rapportent plus clairement à des allégeances plus ou moins abstraites mais qui trouvent leur signification dans les courants de pensée de l’époque, ainsi l’épée, la pique, le faisceau, le livre ou les tables de la loi ou encore la balance et la pyramide. D’autres se rattachent à des animaux, parfois mythiques, ou à des végétaux à forte évocation symbolique dont certains étaient en usage depuis l’antiquité tels que l’olivier, le laurier ou le chêne et, pour le bestiaire, l’aigle, le hibou le lion ou le griffon. D’autres enfin, un peu moins usités, se relient à des phénomènes naturels comme la foudre matérialisant en quelque sorte la puissance supérieure. Quant aux inscriptions, elles peuvent être gravées sur les deux côtés de la lame ou quelquefois sur un seul. Les orthographes peuvent également être à l’occasion surprenantes ou, du moins, peu ou prou approximative. Leur principal intérêt, outre l’expression de l’appartenance ou des sentiments de leur possesseur, est de permettre de suivre avec une certaine précision chronologique l’évolution des courants politiques et patriotiques au moins au cours des cinq premières années de la Révolution, car le pays passait progressivement d’un régime de monarchie constitutionnelle à l’instauration d’une République dure inaugurée par la période de la Terreur, relativement brève, mais qui marqua durablement les esprits et les subconscients populaires. Ainsi, en 1789 et 1790, les sentiments monarchiques sont encore forts et il est encore fait largement référence au Roi, telles celles ci : « Pour Dieu et pour le Roi » Ou encore : « La Nation, la Loi, le Roi ». Le ton change sensiblement en 1791, après la tentative defuite de Louis XVI avec sa famille et son arrestation à Varennes, et surtout en 1792. Commencent alors à apparaître des mentions plus radicales comme : « Vivre libre ou mourir », « La victoire ou la mort », « La liberté ou la mort », « Vive la Nation et la Loi ». C’est par ailleurs à partir de ce moment que commence la suppression et l’effacement systématique de tous les attributs monarchiques sur les armes (fleurs de lys, Armes de France…). Enfin, à partir de la fin 1792 et surtout de 1793, alors que commence la période de la Terreur, les devises deviennent très orientées, voire franchement haineuses. On rencontre donc le plus fréquemment : « La République Française Une et Indivisible », « Liberté, Egalité, Fraternité », « Mort aux Tyrans », « Tremble Aristocrate », « Vaincre ou mourir ». A partir de ce moment, ces inscriptions varièrent à l’infini et reflètent avec une certaine fidélité l’état d’esprit du moment. Le phénomène s’éteignit progressivement de lui même au terme de la Terreur à partir de la fin de 1794 et ces « petits Montmorency politiques », qui n’avaient guère été utilisés dans les Armées et encore moins vus sur les champs de bataille, hormis dans quelques unités de Volontaires plus propres aux débats partisans qu’au combat, s’estompèrent peu à peu du paysage avec le retour à un certain ordre et leur usage avait probablement cessé dès les débuts du Consulat à partir de 1799. Par contre leurs homologues militaires, jouissant toujours d’un engouement soutenu dans le troupe, connurent encore une longue existence puisqu’ils sont encore mentionnés à la fin de l’Empire dans nombre d’unités, principalement de réserve, ou encore à titre individuel, en particulier dans les troupes légères où ils avaient connu leur essor premier à la fin de l’Ancien Régime.• Vue d’ensemble de l’arme de gauche et hors du fourreau. La Gazette des armes n°475 25



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