Gazette des Armes n°474 avril 2015
Gazette des Armes n°474 avril 2015
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°474 de avril 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 45 Mo

  • Dans ce numéro : P.38 contre Tokarev.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Texte et photos : Luc Guillou L’armurerie belge, particulièrement inventive et productive entre 1890 et 1914, a parfois produit des armes très bon marché d’une qualité médiocre. Toutefois, on lui doit également des armes ingénieuses, bien fabriquées et d’une finition exemplaire, comme les pistolets Bayard. Marque des anciens Etablissements Pieper apposé du côté droit de la carcasse. On remarque le logo « au chevalier Bayard » au-dessus de la plaquette de crosse. Les rainures de préhension « en croissant » sont du second modèle. 26 Gazette des armes n°474 Le pistolet de poche « Bayard » des anciens établissements Le pistolet Bayard modèle 1908 en calibre 7,65 mm : une arme compacte et de très haute qualité. Ce modèle est doté de plaquettes en ébonite moulée, fixées à la cacasse par deux vis. Le chevalier Bayard sur son destrier, choisi comme logo par les anciens établissements Pieper. Né en Westphalie en 1840, Heinrich (Henri) Pieper avait suivi une formation de mécanicien. A l’âge de 19 ans, il partit chercher fortune à Liège, où il apprit le métier d’armurier. En 1866 il s’établit à son compte dans un atelier situé rue des Bayards, où il produisit tout d’abord des fusils de chasse. Il choisit comme marque de fabrique le nom de sa rue : « Bayard » et retint comme logo une image représentant le célèbre chevalier caracolant sur sa monture. Bien qu’exerçant comme armurier, Heinich Pieper conservait de sa formation de mécanicien une approche globale des fabrications mécaniques. Grâce à son habileté, le petit atelier initial de la rue des Bayards prit rapidement de l’extension et faute de place, il créa à Nessonvaux une seconde usine dédiée à la fabrication des canons. Pieper Vers la production industrielle Très tôt, Pieper avait su percevoir que l’ère de la production semi-artisanale dans laquelle les armureries se consacraient à l’ajustage et au montage de pièces réalisées à la main à domicile par des sous-traitants était révolue et que l’artisanat allait bientôt laisser la place à la production à grande échelle à l’aide de machines-outils modernes produisant en grande série des pièces de dimensions totalement identiques. Heinrich Pieper s’attacha donc constamment à réinvestir ses bénéfices dans des machines-outils de qualité, parfois achetées jusqu’aux États-Unis. Cette politique, lui permettant de produire à moindre frais des armes d’une qualité supérieure, porta ses fruits et lui permit, une vingtaine d’années après son installation, de devenir l’un des plus importants armuriers de Liège.
Après avoir obtenu la nationalité belge en 1886, Heinrich Pieper (qui avait francisé son prénom en « Henri »), s’associa au consortium d’armuriers liégeois des « Fabricants d’armes réunis » et devint par ce biais un important actionnaire de la la Fabrique nationale d’Armes de Guerre de Herstal : la société formée par ce groupe pour fabriquer le nouveau fusil réglementaire de l’armée belge. A sa mort en 1898, son fils cadet Nicolas prit la suite à la tête de l’entreprise familiale. La société Pieper s’était aussi lancée à cette époque dans la fabrication de cycles et d’automobiles. La fabrication d’armes restait toutefois son domaine d’action principal. En étudiant les archives du banc d’épreuve de Liège, Michel Druart 1 a pu établir que les établissements Pieper avaient fait éprouver la quantité considérable de 142 000 armes en 1901 (ces armes étaient une grande majorité des armes de chasse fines) A cette époque 2 500 ouvriers travaillaient dans les deux ateliers de la société rue des Bayards et à Nessonvaux. L’activité de fabrication d’automobiles, s’étant révélée particulièrement déficitaire, dut rapidement être abandonnée. Les difficultés financières à l’origine de cette décision, jointes à la mésentente entre les héritiers, ne tardèrent pas à aboutir en 1905 à la liquidation des établissements Pieper. Elle fut suivie d’une réorganisation en profondeur et de la constitution d’une nouvelle société appelée « Anciens établissements Pieper » (A.E.P.). 1) La source majeure d’informations sur la société Pieper est l’ouvrage de Michel Druart Bayard : les hommes, les armes et les machines du chevalier -Pieper & Cie 1859-1957 édité par l’auteur en 2004. Un administrateur extérieur à la famille, Edmond Henusse, fut nommé à la tête de la nouvelle société. Nicolas Pieper, s’étant trouvé évincé de la société paternelle, fonda sa propre entreprise et connut quelques succès grâce à un pistolet automatique à canon basculant, qu’il fit fabriquer par la manufacture autrichienne d’armes de Steyr. Pistolets BergmannBayard et Bayard Depuis le début du vingtième siècle, beaucoup d’armées cherchaient à s’équiper d’un pistolet automatique. L’armée espagnole sélectionna une version modernisée du pistolet BergmannMars, dont elle commanda un premier lot de 3 000 exemplaires à Theodor Bergmann. Cet inventeur dirigeait une entreprise métallurgique à Gagenau, mais celle-ci ne fabriquait que des biens de consommation et nullement des armes. Bergmannavait depuis plusieurs années pris l’habitude de faire fabriquer ses pistolets par une entreprise expérimentée dans ce domaine et équipée pour la production d’armes, la société V.C. Schilling & Co de Suhl. Les prototypes présentés à l’armée espagnole provenaient d’ailleurs de cette source. Malheureusement pour Bergmann, au moment où l’armée espagnole adopta son pistolet en 1905, la société V.C Schilling & Co fut rachetée par Heinrich Krieghoff. L’acheteur, qui n’avait semble-t-il effectué cette opération que dans le seul but d’acquérir le parc de machines-outils de Schilling, ne souhaitait nullement s’écarter de son activité Henri Pieper : armurier de talent mais aussi chef d’entreprise et organisateur visionnaire. (www.littlegun.be) Dès le début de l’occupation allemande, les anciens établissements Pieper furent placés sous le contrôle de l’armée allemande. Les armes finies encore présentes dans l’usine sont saisies et attribuées aux forces armées allemandes. Cette photo d’époque montre un soldat allemand portant un gros pistolet Bergmann- Bayard à la ceinture. (D.R.) Pistolet BergmannBayard, fabriqué pour la vente commerciale et pour l’armée danoise par les anciens établissements Pieper après l’abandon de l’arme par l’Espagne. Le pistolet voisine ici avec un étui typique de l’armée danoise. (Vente Herman Historica N°52) La Gazette des armes n°474 27



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