Gazette des Armes n°474 avril 2015
Gazette des Armes n°474 avril 2015
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°474 de avril 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 45 Mo

  • Dans ce numéro : P.38 contre Tokarev.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Elève de l’Ecole Militaire en 1780. 22 Gazette des armes n°474 Gros plan sur le dessous du plateau. Le phénomène de l’enrôlement de jeunes nobles dans les armées, tout particulièrement ceux de petite noblesse souvent peu fortunée, était un fait bien connu sous l’Ancien Régime. Il s’amplifia largement à partir du règne de Louis XIV et la mise sur pied d’une organisation militaire permanente et moderne, fortement hiérarchisée et administrée de façon rigoureuse. Cette situation procédait en bonne partie du droit d’aînesse qui privilégiait la dévolution totale des héritages à l’aîné des enfants dans la ligne masculine. Les autres, plus ou moins dotés, étaient alors voués aux Ordres et, le plus souvent, à l’Armée. Dans ce dernier cas, les voies d’accès offertes étaient variées et évoluèrent au fil du temps avant de se stabiliser et de s’harmoniser peu avant la Révolution. Le concept initial fut impulsé par Louvois, ministre de la guerre du Roi Soleil, avec l’institution de Corps privilégiés tels que les pages de la Maison du Roi ou les compagnies de cadets gentilshommes. Ces cadres prestigieux constituèrent ainsi longtemps les principales structures de formation et d’instruction pour la jeunesse aristocratique et fournissaient aux armées la majeure partie de ses officiers. Elles furent partiellement occultées après sa mort en 1691 puis furent réactivées en 1726 avant de connaître une seconde éclipse en 1733. En 1751 fut créé un nouvel organisme voué au recrutement et à la formation des jeunes élèves officiers sous le nom d’Ecole Militaire. L’Edit Royal fondateur en est ainsi rédigé : « Nous avons résolu de fonder une Ecole Militaire et d’y faire élever, sous nos yeux, cinq cent jeunes gentilshommes, nés sans biens, dans le choix desquels nous préférerons ceux qui, en perdant leur père à la guerre, sont devenus les enfants de l’Etat. Nous espérons de même que l’utilité de cet établissement, qui semble n’avoir pour objet qu’une partie de la noblesse, pourra se communiquer au Corps entier, et que le plan qui sera suivi dans l’éducation des cinq cent gentilshommes que nous adoptons, servira de modèle aux pères qui sont en état de la procurer à leurs enfants, en sorte que l’ancien préjugé qui a fait croire que la valeur seule fait l’homme de guerre, cède insensiblement au goût des études Les cadets gentilhommes La monture Elle entièrement en laiton moulé, et vraisemblablement dorée à l’origine et longue de 16 centimètres de la partie inférieure du plateau au sommet du bouton de rivure. Sa caractéristique première est d’être à double quillon, particularité peu courante car la construction généralement observée pour ce type de monture est à quillon unique vers l’arrière. Ce mode, apparu à la fin du XVII e siècle un peu en copie des importantes « rapières » de militaires que nous avons introduit » Cet édit, pour le moins novateur à l’époque et bien dans le contexte des « lumières », est assorti de textes d’application relatifs aux dispositions pratiques de mise en place et de fonctionnement. Ainsi, pour l’implantation : « Un hôtel assez grand et assez spacieux pour recevoir non seulement cinq cent gentilshommes sans biens pour lequel nous le destinons, mais encore pour loger les officiers de nos troupes auxquels nous en confierons le commandement, les maîtres en tous genres qui seront préposés aux instructions et aux exercices, et tous ceux qui auront une part nécéssaire à l’administration spirituelle et temporelle de cette maison ». Les candidats sont âgés de 8 à 12 ans, avec extension à 13 pour les orphelins. Ils doivent savoir lire et écrire de façon à aborder aussitôt les études des diverses disciplines. Enfin, ils doivent pouvoir justifier de quatre générations de noblesse en ligne paternelle. Entre 18 et 20 ans, une fois acquis un niveau d’instruction satisfaisant, leur avenir était ainsi défini : « Afin de pouvoir nous servir utilement, notre instruction est qu’ils soient employés dans les troupes ou dans les autres parties de la guerre suivant les talents et l’aptitude que l’on reconnaîtra en eux ». A leur sortie de l’école, ils perçoivent une pension temporaire de 200 livres puis intègrent les troupes après avoir été nommé par le Roi au grade de lieutenant. Dès lors s’ouvre pour eux le cursus militaire où l’excellence et l’ancienneté sont déterminants pour la suite de leur carrière. En 1761 le recrutement s’élargit aux fils d’officiers en activité et en 1764, alors que le collège de La Flèche venait d’être institué lui aussi collège militaire, il fut décidé que les candidats devraient d’abord passer par cet établissement préparatoire en instruction générale avant d’intégrer l’école militaire dont les enseignements étaient plus « pratiques ». A leur sortie de cette dernière, ils devaient encore effectuer des stages de quelques mois en Corps de Troupe en qualité de soldat, puis de bas officier et de sergent avant de recevoir leur brevet définitif d’officier. Ce mode de formation alliait donc un degré d’instruction générale de bon niveau, voire élevé pour l’époque, et une bonne approche pratique des réalités professionnelles et humaines,
donc privilégiant ainsi motivation et émulation. Cette situation perdura, avec quelques évolutions et des variantes liées à certains particularismes spécifiques aux « Armes » (Troupes coloniales, Marine, Artillerie ou Génie) jusqu’à la Révolution, fournissant ainsi aux armées un cadre compétent et moderne portant en germe les futurs modes de formation des officiers établis durant la Révolution et l’Empire. Il en fut ainsi des « Ecoles de Mars » et de Polytechnique en 1794 puis de l’Ecole spéciale militaire à Fontainebleau, d’abord en 1803 puis à Saint Cyr en 1808. Ces dernières, existent encore de nos jours. Les élèves en formation recevaient des tenues, équipements et armements analogues à ceux de l’infanterie mais adaptés à leur jeune âge. Toutefois ce n’est que tardivement, avec le système 1777, que leur fut dédié des armements spécifiques, ainsi un fusil de cadet (règlement du 13 janvier 1779) analogue au fusil d’infanterie et qui ne s’en distinguait nettement que par ses dimensions réduites, soit 1, 35 mètres de longueur totale au lieu de 1, 52. Cette pièce est, de nos jours, de la plus grande rareté. Pour les armes blanches, les montures restaient sensiblement identiques, du moins dans leur conception de base, seules les lames étaient notablement plus courtes, en moyenne de 15 à 20 centimètres. Par contre, compte tenu de l’extraction nobiliaire des élèves, elles étaient le plus souvent décorées, parfois assorties de devises, et la monture était relativement élaborée, à l’instar de celles de leurs aînés. Cadet gentilhomme de la Marine à l’île de Ré en 1779. son début, était alors en fer forgé. Au siècle suivant, elle seront en bronze et surtout en laiton doré ou argenté selon les cas. Occulté avec la généralisation du modèle 1767, il renait un temps avec les épées « à la française » au plateau en lyre dans les années précédant la Révolution, puis une nouvelle fois, brièvement, sous le Second Empire. On en distingue plusieurs variantes. Toutes cependant sont propres à des armes d’officiers. Gros plan sur le pommeau. Noter la découpe en « côtes de melon ». La Gazette des armes n°474 23



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