Gazette des Armes n°471 janvier 2015
Gazette des Armes n°471 janvier 2015
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°471 de janvier 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 46 Mo

  • Dans ce numéro : les grands revolvers US 1875 et 1890.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Schéma montrant la culasse verrouillée pour le tir. Le verrou rotatif (A) est en appui sur l’épaulement inférieur (B) de la culasse. A Après le départ du coup, l’ensemble canon boîtier (A) effectue un court recul de 7 mm à la fin duquel l’épaulement inférieur de la culasse cesse d’assurer son appui (B) sur le verrou. Ce dernier commence alors à tourner en arrière sous la pression du recul de l’ensemble canon/boîtier. C A la fin du court recul de l’ensemble canon/boîtier, le verrou (A) est complètement effacé et la culasse (B) peut alors reculer librement. L’ensemble canon-boîtier entame alors son retour en avant sous l’effet du ressort de rappel du canon (C). 36 Gazette des armes n°471 découpe de la carcasse, qui nuisait à sa rigidité. L’arme était donc extrêmement vulnérable aux impacts et aux chutes. Si au cours d’une chute, la plaque de recouvrement sortait de son logement, elle cessait d’assurer le maintien du verrou de culasse, dont l’axe gauche venait s’articuler dans un forage réalisé à la partie interne de la plaque. L’arme devenait donc inutilisable. Cette fragilité interdisant le tir de cartouches développant de fortes pressions, Revelli mit au point une cartouche « douce », version souschargées des cartouches de Parabellum, qui ne développait que des pression moyennes. Il choisit tout d’abord de chambrer son pistolet pour une cartouche de 7,65x21mm assez semblable à la 7,65 mm Parabellum allemande mais plus faiblement chargée et dotée d’un profil d’étui légèrement différent (afin d’éviter toute utilisation accidentelle de la cartouche allemande). Confronté à l’exigence des armées d’une arme A A B B B d’un calibre minimum de 9 mm, supposé assurer au projectile un effet vulnérant suffisant, il fit chambrer son arme pour une cartouche de 9x19 mm à projectile tronconique, extérieurement identique à la 9mm Parabellum, mais beaucoup moins chargée  : la 9mm M.910 aussi appelée 9mm « Glisenti ». Le nom de Glisenti attaché à ce pistolet et à sa munition résulte de l’achat vers 1906 du brevet qu’avait pris Revelli pour couvrir son invention, par la société « Siderurgica Glisenti » installée à Val trompia,villa Carcina. Cette grande firme métallurgique comportait en effet une division « armement », qui produisait des fusils de chasse, ainsi qu’une partie des revolvers modèle 1889 de l’armée italienne. Après la mort de son fondateur, Alfredo Glisenti, en 1906, la « Siderurgica Glisenti » fut restructurée et se sépara de sa division armes légères, qu’elle revendit à la société « Metaliurgica Bresciana già Tempini (MBT) avec l’outillage de fabrication et les droits de production afférents au pistolet Glisenti. C’est donc MBT qui fabriqua en série, le pistolet conçu par Revelli. La fabrication se fit tout d’abord et très brièvement pour l’usage civil, puis pour l’armée royale italienne, après que cette dernière l’eut adopté en 1910. Curieusement, malgré la reprise de la fabrication par MBT, l’appellation de « Glisenti » resta attaché à l’arme. Sans doute MBT préféra-t-elle conserver ce nom, qui était déjà connu dans l’armée par les revolvers modèle 1889 « Bodeo », jadis fabriqués par Glisenti. De son côté, Revelli, qui était membre de la commission d’artillerie de l’armée italienne, chargée de sélectionner les armes destinées à devenir réglementaires, préféra probablement rester discret sur la paternité de son arme, afin de ne pas se voir accuser de partialité par ses concurrents éventuels. Un essai militaire du pistolet Glisenti en France en 1910 Nous avons eu la chance d’avoir accès à un procès-verbal d’essai d’un pistolet Glisenti, établi le 29 août 2010 par l’école normale de tir à propos d’un pistolet Glisenti en calibre 7,65 mm et de 500 cartouches 2 qui avaient été remis pour évaluation à l’ENT 3 par le comité technique de l’artillerie. 2 Le procès-verbal révèle plus loin que 450 cartouches furent tirées au cours des essais. Les 50 cartouches restantes ont probablement été détruites, mais elles feraient aujourd’hui le bonheur de bien des collectionneurs ! 3 ENT  : « École nationale de tir » Cet organisme de l’armée française, implanté au camp de Châlons avait pour mission de former au tir les officiers et sous-officiers destinés à faire par la suite fonction d’instructeur de tir dans les unités. L’ENT assurait également une « veille technologique » en procédant pour le compte du comité d’artillerie, aux essais des armes en service dans les autres armées et des inventions diverses pouvant présenter un intérêt pour l’armée française.
Le procès-verbal mentionne que l’arme examinée n’était pas bronzée, ce qui contraignit les évaluateurs à noircir les organes de visée au noir de fumée pour pouvoir procéder à des tirs sur cible par temps ensoleillé. Le culot des étuis des cartouches était marqué « DWM K ». En précision aux distances usuelles de tir (25 et 50m) le Glisenti se révéla d’une précision analogue à celle du revolver français modèle 1892 et supérieure à celle du pistolet allemand de 9 mm (P.08). La pénétration de sa balle de la 7,65 mm Glisenti était deux fois et demie supérieure à celle de la balle du modèle 1892 à 25 mètres et légèrement supérieure à celle du P08. A 50 mètres, en raison de sa légèreté, la balle du Glisenti devenait toutefois moins performante à partir de 100 mètres que les projectiles des deux autres armes utilisées en comparaison. L’arme fut jugée « légère, peu volumineuse et bien en main » par l’ENT. Le système de sûreté, bien que qualifié de « simple et ingénieux » fut aussi reconnu « pas exempt de reproche », car il était susceptible de gêner le tir si la main du tireur comprimait mal la « pédale de sûreté ». Il pouvait aussi permettre un tir intempestif si pour une cause ou une autre cette « pédale » ne revenait pas au bon moment en avant pour assurer son rôle. En conclusion, la commission estima qu’outre les propriétés communes à tous les pistolets automatiques, le pistolet Glisenti avait l’avantage de sa grande légèreté, de la simplicité de son mécanisme et de la facilité du démontage. Par contre, elle lui reprocha d’être peu robuste, d’être équipé d’un système de sûreté insuffisant et d’être établi dans un calibre réduit, qui en faisait une arme de défense rapprochée peu puissante. En conséquence, la commission d’expérience émit l’avis que le « pistolet Glisenti » ne possèdait pas à un degré suffisant les qualités indispensables à une arme de guerre. Utilisation par l’armée italienne La commission de l’artillerie de l’armée royale italienne, qui examina en 1906 la première version en calibre 7,65 mm du pistolet Glisenti se montra moins sévère que son homologue française et se contenta d’exiger pour adopter l’arme, une augmentation de calibre ainsi qu’une réduction de la longueur du canon d’un peu plus d’un centimètre. Revelli obtempéra et adapta 4 son pistolet à une cartouche extrapolée de la 9mm Parabel- 4 Le fait que le pistolet Glisenti N°999c en calibre 9mm, dont les photos illustrent cet article soit daté de 1909 permet d’avancer l’hypothèse que l’adaptation de l’arme avait été entreprise dès avant les essais. FICHE TECHNIQUE Longueur de l’arme 211 cm Longueur du canon 95 mm 4 rayures à droite au pas de 250mm) Calibre 9 mm Munition 9 mm Glisenti (9x19mm) Masse à vide 800 grammes Capacité du chargeur 7 cartouches Vitesse initiale du projectile. 270 mètres par seconde. lum allemande  : la « 9 mm Glisenti », identique extérieurement à la munition allemande, mais beaucoup moins chargée que la cartouche de Parabellum, tout comme l’était déjà la 7,65 mm Glisenti. La version en 9 mm Glisenti fut adoptée par l’armée italienne sous le nom de « pistolet automatique modèle 1910 » ou M.910, que les collectionneurs désignent plus volontiers sous le nom de « Glisenti modèle 1910 ». Outre son mode de verrouillage de la culasse et sa large plaque de recouvrement du mécanisme, le pistolet Glisenti se distingue par plusieurs caractéristiques inhabituelles  : une sûreté automatique placée à l’avant de la poignée et une sûreté facultative constitué d’une pièce à ailettes placée à l’arrière de la culasse, qu’il suffit de tourner vers la gauche pour bloquer le percuteur. Le quadrillage des poussoirs de l’arrêtoir de culasse et du verrou de chargeur se noie élégamment dans celui des plaquettes. Ces dernières étaient à l’origine en ébonite moulée, portant en leur centre l’aigle de la maison de Savoie. Leur fragilité occasionna souvent leur remplacement par des C A Cran de verrouillage (A) du chargeur de Glisenti (à gauche), lame-ressort faisant office de verrou(B) sur celui du Brixia (à droite). Les deux chargeurs comportent le même type d’élévateur doté de rainures pour faciliter sa manipulation (C). B La Gazette des armes n°471 37



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