Gazette des Armes n°471 janvier 2015
Gazette des Armes n°471 janvier 2015
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°471 de janvier 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 46 Mo

  • Dans ce numéro : les grands revolvers US 1875 et 1890.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Les pistolets semi-automatiques italiens (1 re partie) Le Glisenti modèle 1910 Texte et photos  : Luc Guillou Dans les dernières années du dix-neuvième siècle et les premières du vingtième, une foule d’inventeurs tentèrent, avec des succès divers, de mettre au point des pistolets semi-automatiques. Les plus optimistes ambitionnaient de voir adopter leur invention par une armée. Le capitaine Bethel Abiel Revelli di Beaumont (1894- 1930), inventeur prolifique auquel l’armée italienne doit plusieurs de ses armes. (D.R.) 34 Gazette des armes n°471 Cet objectif apportait plusieurs contraintes supplémentaires  : il fallait que l’arme tire une cartouche d’une certaine puissance, ce qui contraignait le plus souvent à compliquer le mécanisme par un dispositif de retard à l’ouverture de la culasse. Il fallait également qu’elle se démonte sans outil autre que les objets normalement portés en campagne par le soldat. Enfin, chaque inventeur devait différencier son mécanisme des systèmes pré-existants et tout particulièrement de ceux qui étaient couverts par un brevet, afin d’éviter d’avoir à en acquérir les droits. Toutes ces contraintes ont donné naissance à des armes originales, voire insolites, qui font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs. Un inventeur italien fecond Après une courte carrière comme officier d’artillerie de l’armée italienne Abiel Bethel Revelli di Beaumont, quitta l’armée du roi de Savoie avec le grade de capitaine et poursuit Pistolet Glisenti modèle 1910. Cet exemplaire, numéroté C999 est daté de 1909. Le canon court et dégagé, ainsi que la pente de crosse prononcée évoquent le P 08, alors que la culasse se terminant par deux extensions létérales rappelle celle du C96. Glisenti modèle 1910. sa carrière comme ingénieur attaché au comité d’artillerie. Passionné par les mécanismes à répétition automatique, il mit au point au cours de sa carrière plusieurs modèles de mitrailleuses, dont certains furent adoptées par l’armée italienne. Par ses fonctions, Revelli était bien placé pour savoir, aux alentours de 1900, que l’armée italienne envisageait de remplacer ses vieux revolvers Bodeo 1 modèle 1889 par un pistolet semi-automatique. La marine royale (Regia Marina) avait ouvert la voie à cette évolution en achetant en 1899 cinq mille pistolets Mauser 1896 de type « flatside » (à flancs lisses). Le Mauser modèle 1896 correspondait assez bien aux besoins de la marine qui l’employait essentiellement pour armer les cadres de ses corps de débarquement. Ces derniers appréciaient d’être dotés de ce pistolet à tir rapide, qui pouvait aussi constituer une redoutable carabine semi-automatique, lorsqu’elle était munie de son étui-crosse. L’armée de terre ne suivit pas l’exemple de 1 Le nom de son concepteur  : Carlo Bodeo est resté attaché à cette arme. Dessin de brevet du pistolet Glisenti modèle 1906. L’arme, en calibre 7,65 mm Glisenti est dotée d’un canon plus long que celui qui sera retenu sur le modèle 1910.
A l’arrière de la culasse, une sûreté comportant des ailettes latérales permet de bloquer le mouvement du percuteur. la marine, tout d’abord parce que l’effectif de ses officiers et sous-officiers était considérablement supérieur à celui de la « Regia Marina » et que dans ces conditions, l’achat à l’étranger de la quantité de pistolets nécessaires aurait représenté une dépense trop lourde pour le budget de la guerre. De plus le Mauser restait un pistolet assez lourd et volumineux, qui ne pouvait convenir aux besoins de l’ensemble de ses officiers. De surcroît, depuis les premières années du vingtième siècle, les pistolets automatiques à chargeur amovible commençaient à supplanter les armes à magasin fixe, comme le Mauser modèle 1896, qu’il fallait alimenter à l’aide de lames-chargeurs. Cette conjoncture encouragea le capitaine Revelli à concevoir un pistolet automatique compact, doté d’un chargeur amovible logé dans la crosse. Le capitaine Revelli fut semblet-il très influencé par les pistolets allemands, puisqu’il emprunta beaucoup d’éléments à la silhouette du Luger allemand et s’inspira aussi de son mécanisme à court recul du canon. Pour la culasse, l’inventeur reprit manifestement certains éléments de celle du MauserC.96. Le pistolet conçu par Revelli faisait appel au principe de déverrouillage de la culasse par court recul de l’ensemble canon-boîtier. Pendant le tir, la culasse était immobilisée par un verrou cylindrique tournant, comportant un bec qui s’engageait dans une encoche usinée sous le boîtier. Au moment du tir, un épaulement placé sous la culasse bloquait le verrou en empêchant sa rotation. Après le départ du coup, l’ensemble canonboîtier reculait de 7 mm avant d’être arrêté par l’avant du couloir d’alimentation. Le recul du boîtier s’accompagnait de celui de l’épaulement bloquant le verrou. Le verrou ayant perdu son appui était alors libre de tourner vers l’arrière, libérant ainsi la culasse, qui pouvait continuer seule son recul assurant dans ce mouvement l’extraction et l’éjection de l’étui tiré et comprimant son ressort-récupérateur contre sa clavette d’arrêt. L’ensemble canonboîtier revenait pendant ce temps en batterie sous l’effet de son propre ressort de rappel. Lors de son retour en avant, la culasse opérait le prélèvement d’une cartouche dans le chargeur et son chambrage avant de se trouver à nouveau immobilisée par le retour en avant de son verrou rotatif, dont le bec venait s’engager dans l’encoche de verrouillage de la culasse. Ce principe de fonctionnement paraissait théoriquement sain, mais dans les faits, il restait entaché d’une certaine fragilité. En cas de surpression, le recul brutal du boîtier pouvait en effet briser l’épaulement assurant le blocage du verrou. Ce dernier n’étant plus maintenu s’effaçait alors sous l’effet du recul de l’ensemble mobile et la culasse, n’étant plus verrouillée se trouvait brutalement propulsée vers l’arrière. Comme son recul n’était bloqué que par une fragile clavette transversale, si ce dernier rempart venait à se briser, la culasse était libre de continuer sa course en vol libre vers le visage du tireur ! Par ailleurs, la très large plaque de recouvrement du mécanisme imposait une large A C B E D Positions « Feu » et « Sûreté » de la culasse. Un dispositif simple, visible par le tireur au moment où il prend la visée et aisément contrôlable au toucher dans l’obscurité. Général de l’armée italienne avec son Glisenti modèle 1910 à la ceinture (DR). Carcasse plaquette gauche enlevée. On notera la finition polie/bouchonnée de la face interne de la carcasse. Cette photo permet de voir  : A/la clavette d’immobilisation de la plaquette droite, B/La « pédale de sûreté » placée à l’avant de la poignée, C/Le verrou du chargeur, D/Le poussoir servant à bloquer la culasse en arrière, E/Le verrou de culasse. La Gazette des armes n°471 35



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