Gazette des Armes n°471 janvier 2015
Gazette des Armes n°471 janvier 2015
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°471 de janvier 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 46 Mo

  • Dans ce numéro : les grands revolvers US 1875 et 1890.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Un des fusils de prise, originaire de l’Electorat de Hesse, prêté par Berlin aux Badois  : il ne s’agit pas ici du fusil d’infanterie mais de la version fusillier M. 1865. Un système de double verrouillage corrige le défaut majeur du Dreyse prussien, le manque d’étanchéité entre la culasse et le canon. (Photo extraite de l’ouvrage de U. Lander  : « Die Handfeuerwaffen der badischen Armee von 1793 bis 1873 «) Au cours du printemps 1867, Berlin vend en urgence 16 000 fusils Dreyse M. 1862, issus de manufactures prussiennes, au grand Duché de Bade. Ces fusils armeront en majorité les fantassins badois durant la guerre francoallemande de 1870. Après ce conflit ils bénéficieront ainsi que les armes d’origine badoise transformées de la modernisation due à la modification Beck. 32 Gazette des armes n°471 Grand Duché. Après examen, le ministère confirme sa commande. Un prêt de Berlin La situation politique internationale n’autorise pas le Grand Duché de Bade à se départir même pour une période brève d’une partie de l’armement de son infanterie. Il se tourne vers Berlin pour le prêt de fusils Dreyse M.62. en attendant de recevoir les premières livraisons de Suhl. Mais la Prusse qui se trouve elle-même dans une situation délicate refuse de se défaire des Dreyse entreposés dans ses arsenaux et ses dépôts d’artillerie. En contrepartie, elle propose de prêter au Grand Duché des fusils pris à l’Electorat de Hesse à l’issue de la guerre allemande. Il s’agit d’armes conçues suivant une version améliorée du fusil Dreyse M.1841. Un double verrouillage de la culasse permet de corriger les défauts d’étanchéité. En outre une cartouche plus performante est réalisée grâce à une diminution du calibre de la balle et une augmentation de celui de sabot. Toutefois les fusils de la Hesse Electorale peuvent également tirer la cartouche prussienne de 1855. Ces armes sont issues d’une commande passée en 1864 à la firme hanovrienne Crause de Herzberg. Le 28 mars, 5920 fusils d’infanterie et 631 fusils de fusilliers, dotés de leur baïonnette, sortent du dépôt d’artillerie de Mainz pour être livrés à Karlsruhe. Dès le lendemain, le bataillon de chasseurs badois reçoit 432 fusils de fusillier avec leur baïonnette. Le reste des armes de la Hesse Electorale est réparti dans les régiments d’infanterie et les deux bataillons de fusilliers. En principe tout s’avère prêt pour débuter la formation progressive de l’infanterie badoise au maniement des armes du système Dreyse. Parallèlement les armes badoises peuvent commencer à partir pour Suhl. Dans le but d’accélérer les travaux de transformation et de production, le Grand Duché signe un autre contrat avec la société Gustav Gottlieb Hänel également établie à Suhl. Toutefois la firme Spangenberg et Sauer demeure majoritaire et doit assurer les trois cinquièmes de la commande. Un roulement satisfaisant devrait ainsi pouvoir s’établir car les firmes chargées de la transformation de l’armement du Grand Duché s’engagent à effectuer les premières livraisons dès le mois de juin 1867. Trois officiers badois, deux capitaines et un lieutenant, séjournent dans la cité armurière prussienne afin de contrôler sur place les travaux en cours. Mais la survenue brutale d’une menace de guerre avec la France vient remettre en cause la réalisation de ce projet initial. La crise luxembourgeoise Lorsque Napoléon III fit part de ses prétentions concernant des territoires allemands de la rive gauche du Rhin, Bismarck opposa une fin de non recevoir. En contrepartie le
chancelier prussien ne s e montrait pas opposé à des visées expansionnistes de la France en direction de la Belgique ou du Grand Duché du Luxembourg. La situation politique du Luxembourg s’avère complexe. Après 1815, le congrès de Vienne reconstitue un Etat luxembourgeois qui se voit intégré à la Confédération germanique tout en étant une possession personnelle de la couronne de Hollande. En outre la ville de Luxembourg accueille dans sa forteresse une garnison tenue par des militaires, souvent prussiens, de la Confédération Germanique. Or cette institution vient d’être dissoute. Napoléon III propose alors secrètement au roi des Pays- Bas, Guillaume III, de lui acheter son Grand- Duché du Luxembourg pour la somme de cinq millions de florins. Le roi qui doit faire face à des difficultés financières accepte cette offre le 23 mars 1867. Toutefois il sollicite au préalable l’accord de la Prusse et dévoile ainsi ce projet dont la révélation entraîne une vive indignation en Prusse et dans les états allemands où l’on considère que le Grand-Duché, berceau de l’histoire allemande, ne peut devenir français. Bismarck demande à Guillaume III de renoncer à ce projet de vente. La France se sentant trahie mobilise. Le 1er avril, à Berlin, les députés demandent la mobilisation générale de la Confédération d’Allemagne du Nord. Cette mobilisation entraîne à son tour celle des états du sud en raison des traités conclus en août 1866. A cette occasion, les clauses d’alliances militaires, restées jusqu’alors secrètes, entre les états du sud de l’Allemagne et la Prusse sont divulguées. Bien que bénéficiant déjà d’un système à chargement par la culasse, la carabine de chasseur badoise M. 1863 subit la même transformation que le fusil d’infanterie. L’usage de la cartouche unitaire Dreyse s’avère bien supérieur à celui d’une cartouche à amorçage séparé. (Photo extraite de l’ouvrage de U. Lander  : « Die Handfeuerwaffen der badischen Armee von 1793 bis 1873 ») Un achat urgent Cette situation est d’autant plus alarmante pour le Grand-Duché Bade qui, par sa position géographique, se trouve en première ligne en cas de conflit. Son armée, en pleine réorganisation, ne possède pas les moyens de répondre efficacement à une agression extérieure. Les fusils de la Hesse Electorale ne constituent qu’un palliatif incapable d’armer correctement toute l’infanterie badoise. Le 20 avril 1867, le ministère de la Guerre badois renouvelle à son homologue prussien la demande d’acheter de toute urgence seize mille fusils Dreyse M.62. Huit jours plus tard Berlin donne son accord pour la livraison des armes demandées. Le 30 avril Karlsruhe reçoit l’avis que ces armes sont prêtes à l’expédition à partir du dépôt d’artillerie de Magdebourg. Du 6 au 14 mai, chaque jour deux mille fusils font le voyage en train jusqu’à l’arsenal de Karlsruhe où ils sont réceptionnés. Deux cents hommes escortent chacun de ces convois. Pendant ce temps la tension politique internationale semble s’apaiser. La France, la Prusse, la Grande-Bretagne, l’Autriche et la Russie participent à une conférence qui s’ouvre le 7 mai et qui se conclue le 31 mai par la signature du traité de Londres. Cet accord décide la neutralité du Luxembourg tandis que la France renonce à ses prétentions. En contre-partie, la Prusse accepte de retirer ses troupes de la forteresse luxembourgeoise. Toutefois cette accalmie demeure transitoire. Parmi les accessoires qui accompagnent les fusils d’infanterie prussiens figure un bouchon de canon en laiton spécifique au modèle 1862, vu ici de sa face latérale droite. Une balle de cartouche modèle 1855 placée dans un sabot formé d’une bande de carton enroulée et collée sur elle même  : lors de mise à feu de la cartouche le sabot se visse dans les rayures du canon et propulse la balle en lui imprimant un mouvement de rotation. Le bord supérieur du sabot présente des fentes longitudinales pour favoriser, à la sortie du canon, la séparation de la balle et du sabot. La base du sabot comporte une cavité circulaire destinée à recevoir l’amorce de fulminate de mercure. (Collection Rauch) La Gazette des armes n°471 33



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