Francs-Jeux n°635 1er jan 1974
Francs-Jeux n°635 1er jan 1974
  • Prix facial : 1,50 F

  • Parution : n°635 de 1er jan 1974

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Francs-Jeux

  • Format : (186 x 274) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 29,2 Mo

  • Dans ce numéro : les verriers, venus de Venise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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w siflante du comte irritait de plus en plus Gamboux. « Je vous préviens, Saint-Laure, qu'il ne s'agit point d'un jeu. Nous nous battrons à mort ! — C'est bien ainsi que je l'entends. Sachez que l'esprit peut demeurer léger, mais pas le fer ! — En garde, donc ! » Lei lames se choquèrent dans un bruit froid. Cependant, Adrien Tarreau, en route vers le monastère, avait plusieurs fois perdu son chemin. Finalement, il était tombé dans une embuscade de paysans révoltés fidèles au roi. Ils étaient ainsi nombreux, essaimés dans la région, prêts à surgir dès que paraissait un uniforme de Bleu. Attaqué de loin, par des pierres, Adrien avait essayé de passer quand même. Il ne tenait point Saint-Laure en estime et n'avait plus que de molles convictions religieuses ; aller chercher un prêtre était donc une idée qu'il n'aurait pas eue. Mais comme il s'agissait d'un ordre de son capitaine, d'une mission de l'Armée de la Nation à lui confiée, il était prêt à l'assumer, sans discuter, au péril de sa vie. Il se défendit donc bravement contre les terroristes et lorsque quatre d'entre eux se présentèrent enfin à lui, armés de fourches, il lutta pied à pied, de toute son énergie. Dans sa rage, il s'écria  : « Bande d'imbéciles ! C'est pour l'un des vôtres que je veux passer, pour aller chercher un prêtre au monastère ! — Vraiment ? ricana un des agresseurs. Comme si tu ne savais pas que, depuis ce soir, à cause de vous, tous les moines ont été évacués du monastère ! » Ces mots suffirent à changer l'attitude d'Adrien. Désormais sa mission était sans objet. Et, devant les yeux éberlués de ses adversaires, il fit demi-tour et s'enfuit. Ils purent alors le traiter de lâche et lui crier des insultes, il n'en avait cure. Pour lui, le devoir seul comptait ; et continuer à se battre uniquement pour le panache était un luxe imbécile d'aristocrate et une offense à la Nation. Quand il se trouva enfin en sécurité, il essaya de s'orienter pour regagner le camp. Il vit au loin des torches, il reconnut des soldats de son régiment. « Hé ! Qu'est-ce que vous faites en pleine nuit ? — Ah, te voilà, Tarreau ! Et tu n'as pas trouvé de prêtre ? C'était bien la peine ! Saint-Laure s'est évadé ! » Il eut l'idée, un court instant, de se joindre aux patrouilles. Mais il était rompu de fatigue. Et puis, il n'avait pas d'ordre. Il poursuivit donc sa route et, bientôt, reconnut un petit bois qui entourait une prairie à quelques mètres du camp, et qui pouvait être un raccourci. Il s'y engagea. w Cependant, Gamboux et Saint-Laure luttaient toujours. Soudain Gamboux sentit comme un coup de fouet à l'épaule ; son vêtement était déchiré et le sang coulait. « Nous en restons là ? demanda Saint-Laure. — C'est l'épaule gauche. Je peux encore me battre. Je ne me tiens point pour vaincu ! » Et il s'élança à nouveau. Les deux hommes s'épuisaient, taillant, frappant, balayant l'air de moulinets formidables dans des mouvements de faucheurs. Une estafilade à la jambe fit plier Saint-Laure qui tomba sur un genou. Gamboux en profita pour lui arracher son épée des mains, et il s'écria  : « Maintenant, partez, Saint-Laure ! Partez avant que je ne me ravise ! Mais... Nous n'avons pas terminé notre combat. Jusqu'à la mort, disiez-vous... Je ne vous rendrai pas votre sabre. Partez ! Vous vous faites en somme le complice de mon évasion ? — Cela me regarde. Je vous retrouverai sur un champ de bataille ! — Eh bien, moi, j'espère, M. de Gamboux, vous revoir un jour à Versailles. Pour des temps meilleurs... Dans les appartements du roi... w Il salua, comme dans un salon, et disparut en boitant dans le bois. Resté seul, Gamboux arrachant une pièce de tissu à son uniforme, commença d'éponger son sang. Il s'assit dans l'herbe, reprit son souffle. Ce qu'il venait de faire était sans doute une trahison. Mais l'honneur le lui avait commandé et, du pays de la Liberté, il avait agi en homme libre. Des siècles d'aristocratie et d'esprit chevaleresque pesaient sur lui ; il ne s'en déferait jamais ! Non, non, décidément Saint-Laure ne méritait pas d'être abattu comme un lâche... Et tant pis si les autres ne comprenaient pas. Tant pis si Adrien ne comprenait pas ! A cet instant, dans les arbres, un bruit tout proche se fit entendre. C'était Adrien ! « Toi ! Tu... Tu reviens sans le prêtre ? — Qu'importe, puisque Saint-Laure s'est évadé ? — Ah, tu sais déjà ? Eh bien alors, sache également que c'est moi qui... » Adrien l'interrompit d'un geste lent. « Inutile, Gamboux. J'ai entendu le bruit de ferraille d'un duel dans le bois ; je suis venu jusqu'ici et je vous ai vus, toi et Saint-Laure. Il y a vingt minutes que je suis là, Gamboux. J'ai tout entendu. Et j'ai tout vu ! » (A suivre.)
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