Francs-Jeux n°635 1er jan 1974
Francs-Jeux n°635 1er jan 1974
  • Prix facial : 1,50 F

  • Parution : n°635 de 1er jan 1974

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Francs-Jeux

  • Format : (186 x 274) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 29,2 Mo

  • Dans ce numéro : les verriers, venus de Venise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Quatre-vingt seize pneus MW terre ! FURET A PILOTÉ POUR VOUS... ■ Je ne prends pas souvent le métro. Qu'il pleuve ou qu'il vente, je préfère, comme les moineaux, être à l'air libre, imaginer que la moindre petite flaque est un lac ravissant ou que le moindre rayon de soleil est un jour d'été. Et pourtant, et pourtant, chaque matin, chaque soir, des milliers de parisiens et de banlieusards doivent emprunter ce moyen de locomotion qui met Paris audessus de leur tête. Aussi, pour une fois, j'ai fait comme eux et me suis dirigé vers une station d'une ligne qui coupe Paris en deux du nord au sud. Le mécanicien de la rame m'a tout de suite reconnu et il m'a invité à le rejoin- dre dans sa cabine de conduite. Soudain, alors que nous faisions les présentations, le métro s'est mis en route et a pris de la vitesse. La voie étant en pente, j'ai pensé  : « Nous courons à la catastrophe, ce conducteur est fou, il ne s'aperçoit pas que nous roulons, il ne regarde pas la voie, n'a pas les mains sur les commandes et demeure le nez fourré au milieu des pages du dernier « Francs-Jeux » ! Déjà, nous pénétrons à toute vitesse sous une autre station. Le métro est pourtant omnibus, il doit s'arrêter à toutes les stations 1 Tiens, il ralentit et vient doucement s'arrêter au bout du quai... Je comprends de moins en moins ! — Ah, Furet, c'est beau l'automatisme ! Eh oui, mon conducteur n'est pas plus fou que vous et moi, c'est-à-dire, pas du tout. Seulement, voilà, ce conducteur-là ne conduit rien du tout  : il surveille. Il n'y a rien de magique dans cette histoire  : j'ai pris place dans un métro dont la conduite est entièrement automatique. Il s'agit d'un des plus récents types de métro. Par la large vitre panoramique, j'inspecte la voie. — Regardez bien, Furet, me dit le conducteur, entre les rails, vous apercevez une bande noire... — Oui, je vois. — Cette bande est constituée de plaques à l'intérieur desquelles se trouvent des figures géométriques aux formes diverses. Lorsque la rame de métro passe au-dessus de ces figures, elle les fait « lire » par un appareil enregistreur, une sorte de « cerveau électronique » qui les déchiffre. Les différentes figures ont pour but d'accélérer ou de ralentir le métro en fonction des départs, des arrêts aux stations ou de la pente et des virages que dessine la voie. — Et on peut lui faire entièrement confiance à ce cerveau électronique ? — Entièrement, assure le conducteur. Je ne suis là que pour veiller à la fermeture des portières et pour reprendre les commandes de la rame au cas où une personne tomberait sur la voie au moment où j'approche d'une station. — Evidemment, ce cerveau a la vue basse, il ne s'occupe que de ce qui passe sous le nez, et non pas cinquante mètres devant. Mon ami approuve  : — Vous avez raison, Furet. Pour cette raison, il faut tout de même une cabine de conduite et un conducteur. Les stations défilent une à une. Elles se ressemblent beaucoup. Seuls les voyageurs diffèrent. — Ah, les voyageurs, dit en souriant le conducteur, je les connais bien ! Je suis étonné. Comment peut-il connaître les milliers de gens qu'il rencontre au cours de ses allers et retours. — C'est bien simple, raconte-t-il. Chaque matin, je prends mon poste rigoureusement à la même heure, à la seconde près. Aussi, de station en station, j'embarque les voyageurs qui s3 présentent sur le quai, eux aussi, à heure
Les mystères du métro sur pneus  : on ne compte pas moins de douze roues dont quatre de secours ! Toute équipée, une rame comprend huit groupes d'essieux totalisant 96 roues en tout ! 1. Moteur électrique de 125 CV. Il y en a un par essieu. 2. Les petites roues latérales. Elles guident la rame le long des rails fixe. Je reconnais la jeune fille en bleu, le vieil homme barbu, et même des enfants. Tout ce petit monde sort de chez lui ou du train à la même heure et prend son métro... — Oh ! — Qu'y a-t-il, Furet ? — Là-devant, un chien ! — Eh oui, Furet, il arrive que des chiens prennent aussi le métro en voyageurs clandestins. — Et ils ne sont pas électrocutés ? — Bien sûr, admet mon conducteur, il leur faut éviter le rail qui alimente le métro en courant électrique. Mais ce courant n'est pas toujours mortel. A la première décharge, ils ont compris et e personnel de la R.A.T.P. les récupère quand la faim les fait revenir sur les quais ! — Il n'y a pas d'autres animaux ? — Oh, si, Furet, il y a des rats et quelques oiseaux... Depuis que nous discutons, je m'étonne du confort de la cabine. Il est vrai que cette ligne est priviligiée, puisque nous sommes installés dans un métro sur pneus. Ceux-ci reposent sur deux pistes de béton et de bois. Bien sûr, les roues en fer sont toujours là, mais elles servent de roues de secours... en cas de crevaison ! — Et il y a souvent des crevaisons ? — Pratiquement jamais, Furet. Les pneumatiques du métro peuvent couvrir une distance égale à dix fois la circonfé- verticaux. Le métro sur pneus roule donc entre quatre rails ! 3. Les roues principales, équipées de gros pneumatiques confortables. 4. En arrière de chaque roue, les roues métalliques classiques. Si un pneu venait à se dégonfler, la roue métallique viendrait s'appuyer sur le rail de secours. 5. Pour accroitre le confort, huit amortisseurs sont groupés par groupe de deux essieux. rence de notre Terre, c'est-à-dire 400.000 kilomètres environ ! II n'y a pour le métro ni dérapages, ni coups de freins brusques, ni mauvais revêtement. Chaque jour, je parcours ainsi cent vingt kilomètres sans sortir de Paris. Lorsque j'aperçois des parapluies, je me dis Tiens, il pleut là haut ! » Parfois, quelques rayons de soleil tombent au fond du tunnel et je sais qu'à la surface, il fait beau I Voici la dernière station. Le conducteur reprend enfin les commandes. Sa rame va effectuer une grande boucle pour revenir à cette même station, mais sur l'autre quai. Au passage, j'aperçois, rangées à la queue-leu-leu, plusieurs dizaines de voitures vides. — Ce sont les rames des heures de pointe, explique le conducteur. A six heures du soir, des centaines de milliers de personnes prennent d'assaut nos stations. Il faut mettre deux fois plus de rames à leur disposition. Les trains se succèdent alors de 90 en 90 secondes ! Il m'arrive souvent de voir devant moi la dernière voiture du métro qui me précède. Seuls, deux petits feux rouges distants de deux cents mètres, m'en séparent. Il est 16 heures. Sous la Porte d'Orléans, mon ami le conducteur de métro s'apprête une nouvelle fois à traverser Paris sans en voir un seul immeuble ! FURET ■ DES CHIFFRES• 340 km de voies, dont la plupart en tunnel.• 15 lignes et 365 stations avec celles de la ligne de Sceaux  : autant que de jours dans l'année.• 500 m de moyenne, entre deux stations.• Plus de 3.300 voitures.• Vitesse moyenne  : 23 km/h.• Le point le plus profond  : sous Montmartre, entre « Abbesses » et - Lamarck »  : 63 mètres.• Le métro franchit huit fois la Seine  : cinq fois en tunnels et trois fois en viaducs.• 4 millions de voyageurs par jour. La station la plus « chargée »  : Saint- Lazare.• Aux heures de pointe, plus de 500 rames se succèdent à moins de deux minutes d'intervalle. Une rame de métro en 1900. Les voitures étaient en bois. Les premières voitures métalliques mises en service en 1906. Elles disparaissent progressivement après avoir parcouru chacune des millions de kilomètres. Une rame sur pneus. Petit à petit, ce métro confortable remplacera l'ancien. 23



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