Francs-Jeux n°618 1er mar 1973
Francs-Jeux n°618 1er mar 1973
  • Prix facial : 1,25 F

  • Parution : n°618 de 1er mar 1973

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Francs-Jeux

  • Format : (186 x 274) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 28,5 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Berry.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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A gauche  : le chàteau vu du parc. Les fossés remplis d'eau sont aujourd'hui décoratifs mais jadis l'eau venait lécher les murs empêchant ainsi les assaillants de prendre appui à la base pour donner l'assaut. D'une tour à l'autre, le long du rempart. Dans chacune de ces tours veillaient un certain nombre de gardes. Ce côté du château conserve tout à fait l'aspect de ses origines. Après le premier créneau, on distingue une petite cavité carrée qui est une petite meurtrière de forme assez rare. grincements de la herse approchent de l'entrée. Ils viennent livrer les grains, le bois, le vin, la viande. Le convoi franchit l'entrée. Une partie se dirige vers les caves des remparts, une autre vers celles du château. Les caves sont d'ailleurs reliées entre elles mais on peut à tout instant empê- Si le pont-levis a disparu, la silhouette imposante du château a pu traverser notre histoire sans grand dommage. Les meurtrières ont été conservées. On distingue les deux tours d'entrée, deux meurtrières plus larges qui devaient servir de passage aux bras de remontées du pont-levis. Les toits surmontant les créneaux du rempart de gauche ont été rajoutés au XIXe siècle. N'a-t-il pas fière allure, mon château ? cher leur liaison en repoussant de lourdes grilles. La cour du château résonne du pas des chevaux et des cris des charretiers. Le puits est constamment surveillé. Sans eau potable, nous ne pourrions soutenir un siège. Je me dirige vers mon donjon quand, soudain, un cavalier alerte la garde. Ce cavalier est l'un des guetteurs de la première enceinte extérieure. J'accours et le presse de questions. Une troupe remonte la vallée. Or, je n'at- La porte d'entrée ! Brr ! Elle n'est pas rassurante. La herse, aujourd'hui factice, est pourtant exacte par le dessin de sa forme. Une deuxième herse s'intercalait entre la première et le pontlevis une fois refermé. Le corps de garde avait vue directe sur toute l'entrée du château. tends pas de visites. Mes amis châtelains non plus. Peut-être des marchands ? Non, annonce le cavalier. C'est une troupe de brigands bien armés. Je lance des ordres. Mes gardes se dirigent en hâte vers le village. Ils ont mission de ramener au château la petite population et le bétail qui ne manquerait pas d'attirer la convoitise des brigands. Je procède ainsi à chaque alerte. Dans le mur des remparts, j'ai fait creuser 9
Le donjon d'Ainay-le-Vieil a, hélas I disparu. L'intérieur du chàteau médiéval est bien vide. Les pierres du donjon ont sûrement servi à édifier un très joli petit château Renaissance, s'appuyant sur les remparts dont tout le périmètre a été conservé. Le corps de -garde n'était pas un lieu de séjour très gai, mais toute la défense du château s'organisait ici. Une dizaine de gardes s'y tenait en permanence. de vastes salles voûtées, appelées communs• où toute ma population peut se tenir à l'abri dès que le village est menacé. Une fois l'alerte passée, mes gens reprendront le chemin de leur petit village, d'ailleurs préservé par la présence de mes nombreux gardes armés, répartis dans les différentes enceintes. J'ai donné d'autres ordres. Ignorant le nombre et les forces de l'ennemi, j'ai préparé mon château en vue d'une attaque. Les deux herses ont été baissées, le pont-levis remonté et les planches qui forment le plancher du corps de garde ont été soulevées. Depuis l'ouverture, surplombant l'entrée, mes gardes peuvent jeter l'huile, la poix fondue, préparée au-dessus de la grande cheminée faite tout autant pour réchauffer mes gardes que pour refroidir l'ardeur des assaillants. 10 Les tours d'angle qui relient les courtines et remparts entre eux liossèdent chacune un escalier défensif. Au niveau de chacun des étages, on peut enlever huit marches de l'escalier tournant en pierre. Ces marches, elles, sont en bois et se posent les unes sur les autres. L'assaillant embarrassé par ses armes ne peut plus progresser. Il doit même refluer devant les flèches et les piques des défenseurs ! Chaque étage est ainsi isolé des précédents et les défenseurs peuvent reculer en enlevant derrière eux les marches de bois. Mais, nous n'en sommes pas là, heureusement pour ma vaillante demeure qui, je l'espère, traversera les siècles sans dommages. Cependant, si les remparts étaient envahis, je pourrais alors me réfugier dans le donjon et résister de longues semaines. Un garde vient m'avertir que le groupe suspect vient de passer prudemment au large des enceintes extérieures. La vie de tous les jours va donc pouvoir reprendre normalement. Mes gens et moi nous irons même effectuer une promenade à cheval dans une des nombreuses forêts à l'entour. Peut-être y chasserons-nous le loup. Les chiens et les chevaux sont abrités dans une salle attenante aux communs. Comme vous Nous tenons à remercier ici Madame la Baronne d'Aligny qui nous a si gentiment ouvert les portes de son impressionnante demeure ainsi que M. Gauzard, guide du chàteau, grâce à qui Furet a pu s'imaginer châtelain en se promenant partout pendant toute une journée. Le château d'Ainay-le-Vieil (Cher) est ouvert tous les jours du 31 mars n'avez pas manqué de le remarquer, mon château est surtout un lieu de défense et d'abri. En l'an 1500, il ne fait pas bon vivre sans arme ni refuge sûr. La nuit surtout est redoutable. Seules, quelques torches éclairent le corps de garde et certaines pièces du donjon. Le reste du château est plongé dans l'obscurité. Heureusement, parfois, il nous vient des troupes de musiciens, de poètes, qui égayent les soirées. Parfois, les exercices d'adresse des chevaliers donnent lieu autour du donjon à des joutes amicales. Je ne sais si mes descendants vivront comme moi, mais je souhaite que mon château résiste à toutes les tempêtes et à tous les assauts. Voilà, je reviens au XXe siècle. Plus jamais cette demeure médiévale ne résonnera du cliquetis des armes. Ma journée de châtelain s'achève. le redeviens Furet. Effectivement, la vie n'était pas toute rose jadis. Elle ne l'était pas pour le châtelain et elle l'était encore moins pour le paysan, véritable esclave du seigneur. Un jour, nous vous parlerons de sa vie à lui. Mais sa maison, bien moins solide que celle du seigneur, n'a pas pu traverser les siècles. C'est bien dommage ! au 15 octobre (dimanches et fêtes du 15 octobre au 15 novembre), de 10 h à 12 h et de 14 h à 19h. La partie Renaissance du château rassemble tous les souvenirs de famille des propriétaires dont l'ancêtre Charles Chevenon de Bigny acheta le château en 1457. Depuis cette date, la demeure seigneuriale est restée dans la même famille !



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