Francs-Jeux n°618 1er mar 1973
Francs-Jeux n°618 1er mar 1973
  • Prix facial : 1,25 F

  • Parution : n°618 de 1er mar 1973

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Francs-Jeux

  • Format : (186 x 274) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 28,5 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Berry.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Portrait de George Sand. Si, pendant vos vacances, vous allez de Châteauroux à la Châtre par la nationale 143, une maison est signalée à l'attention des touristes. Bien que située en bordure de la route, vous risquez de ne pas la remarquer  : elle est peu différente des autres et elle est masquée par des arbres. Cette maison mérite une visite. Arrêtez-vous à Nohant, tout petit village à 6 km de La Châtre, où commencent les premiers vallonnements du Massif Central. C'est là que la célèbre romancière, George Sand, a vécu. Cette maison est un musée. Rien n'y a changé depuis la mort de George Sand. Sa petit-fille, Mine Lauth Sand, morte il y a une dizaine d'années, avait pieusement conservé les souvenirs de sa grand-mère et préservé le village du modernisme. Aujourd'hui, cette maison appartient aux Musées Nationaux qui continuent l'oeuvre de Lauth Sand. Le guide vous montrera la cuisine avec ses fourneaux, sa vaisselle, ses chaudrons et ses casseroles, bien différentes des équipements de nos cuisines in°. dernes. Dans la salle à manger, le couvert est mis avec la vaisselle de l'époque. On a l'impression que c'est l'heure du repas et que l'on n'attend plus que vous pour se mettre à table. Mais non ; le guide vous montrera la place qu'occupaient les personnalités célèbres qui ont séjourné à Nohant  : Victor Hugo, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Frédéric Chopin, Eugène Delacroix-. Vous pourrez voir le piano sur lequel jouait Chopin ; le théâtre des marionnettes. Ces marionnettes sculptées par Maurice Sand, le fils de George Sand, sont des caricatures des habitants de la région. CHEZ GEORGE SAND Au pays de la Petite Fadette et de la Mare au Diable " Les labours ", dessin gravé sur bois, illustrant " La Mare au Diable ". se proinenait dans les « traînes » (chemins de terre conduisant aux champs, bordés de haies et d'arbres nombreux et les landes ; attrapait des papillons ; cueillait des fruits âcres dans les haies et les bois. Elle commença ainsi à connaître puis à aimer ces paysans et cette nature qu'elle peignit dans ses romans champêtres. George Sand, qui a beaucoup voyagé, revenait toujours à Nohant et aimait beaucoup les promenades dans la campagne, tant à pied qu'à cheval, dans cette région qu'elle a surnommée la Vallée Noire  : « C'est un pur caprice de romancier qui m'a fait donner un nom quelconque (un nom très simple et le premier venu, je le confesse) à cette admirable région... Notre Vallée Noire est tranquille, sereine et muette, sous un sourire de bonté mystérieux. C'est une nature qui ne se farde en rien et qui s'ignore ellemême », écrit-elle. Vous visiterez la chambre, tapissée de papier bleu qu'occupait George Sand et C'est dans ce cadre qu'évoluent les dans laquelle elle mourut en 1876. héros de ses romans  : Elle n'est pas née à Nohant. Elle y C'est dans la forêt Chanteboube que est venue vers l'âge de cinq ou six ans. se trouve ce qui reste de e La Male Elle jouait avec les enfants du village ; au Diable ». C'est au pont de Beauce, franchissant l'Indre, que se situe un épisode de « La Petite Fadette ». George Sand et sa famille dans le jardin de Nohant. Cette photo, vieille de plus de 100 ans, a été prise au daguerréotype. 19
George Sand dans la région), courait dans les champs C'est sur la Vanvre que l'on peut voir le moulin d'Angibault, décrit dans  : « Le Meunier d'Angibault ». C'est dans les caves du château de Saint- Chatier que se déroulent des scènes de sorcellerie des « Maîtres sonneurs ». Ces sites où évoluent les héros de ses romans sont les environs immédiats de Nohant ; ils sont simples, parfois difficiles à découvrir, cachés par la verdure. Ainsi peut-on passer tout près du moulin d'Angibault sans le voir et il reste peu de chose de la Mare au Diable. LE MENEU DE LOUPS George Sand aimait les légendes qu'à son époque, les paysans se racontaient pendant les veillées d'hiver. Alors la vie était rude au Berry et les distractions rares. Dès le dîner terminé, plusieurs familles se réunissaient dans l'étable ou la bergerie. Les femmes cousaient à la lueur des chandelles et les hommes allongés sur la paille parlaient de leurs travaux, des récoltes ou contaient de vieilles histoires... En voici une que George Sand a recueillie. 20 Une nuit, dans la forêt de Châteauroux ; deux hommes qui me l'ont raconté, virent passer sous bois, une grande bande de loups. Ils en furent très effrayés et montèrent sur un arbre, d'où ils virent ces animaux s'arrêter à la porte de la hutte d'un bûcheron. Ils l'entourèrent en poussant. des hurlements effroyables. Le bûcheron sortit, leur parla dans une langue inconnue, se promena au milieu d'eux, après quoi, ils se dispersèrent sans lui faire aucun mal. C'est une histoire de paysan. Mais deux personnes riches, ayant reçu de l'éducation, des gens de beaucoup de sens et d'habileté dans les affaires, vivant dans le voisinage d'une forêt, où elles chassaient fort souvent, m'ont juré sur l'honneur, avoir vu, étant ensemble, un vieux garde-forestier de leur connaissance, s'arrêter à un carrefour écarté et faire des gestes bizarres. Ces deux personnes se cachèrent pour l'observer et virent accourir treize loups, dont un énorme qui alla droit au charmeur et lui fit des caresses ; celui-ci siffla les autres comme on siffle ses chiens, et s'enfonça avec eux dans l'épaisseur des bois. Les deux témoins de cette scène étrange n'osèrent l'y suivre et se retirèrent aussi surpris qu'effrayés...



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