Francs-Jeux n°588 15 oct 1971
Francs-Jeux n°588 15 oct 1971
  • Prix facial : 1,25 F

  • Parution : n°588 de 15 oct 1971

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Francs-Jeux

  • Format : (202 x 264) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 24 Mo

  • Dans ce numéro : Furet mène la danse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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une maison plus vieille encore que lui. Elle D avait ANS besoin une petite de beaucougade vivait de réparations, un vieux bour- mais grand-père. il n'avait Il habitait pas d'argent pour une les maison faire. plus Il devait vieille faire très attention encore que pour lui. joindre Elle les deux bouts avait avec besoin sa maigre de beaucoup bouteille de réparations, de vin, exemple, devait mais lui il durer n'avait toute pas une retraite. Une semaine. d'argent pour Alors les il faire. avait Il un devait tout petit faire verre très attention qui était pour en quelque joindre sorte les deux la mesure bouts avec de son sa maigre luxe et retraite. consolait Une bouteille : « C'est mieux de vin, ainsi par il se pour exemple, ma santé. devait » lui durer toute une semaine. Le vieux Alors grand-père il avait vivait un tout seul. petit Ses verre enfants qui était étaient en mariés quelque et habitaient sorte la mesure d'autres de son villes. luxe Il et se il contentait se consolait de : « la C'est présence mieux ainsi d'un vieux pour ma chien santé. qui » était d'ailleurs un compagnon Le vieux grand-père charmant et vivait fidèle. tout seul. Chaque Ses enfants jour, à étaient midi mariés juste, le et vieil habitaient homme d'autres mettait sa villes. table : Il une se nappe contentait à carreaux de la présence rouges, d'un une assiette, vieux chien un qui couvert était d'ailleurs et son petit un verre.compagnon Il mettait charmant par et terre fidèle. une autre Chaque assiette jour, pour à midi son chien juste, qui le vieil mangeait homme les restes mettait et, sa quand table il : une n'y nappe en avait à pas, carreaux il lui rouges, servait une assiette, pâtée qu'il un avait couvert préparée et son petit luimême. verre. Il mettait par terre une autre A midi, assiette s'il pour faisait son beau, chien le qui soleil mangeait éclairait les toute restes la et, pièce quand ; l'ombre en avait du petit pas, verre il lui se servait profilait une sur il n'y la pâtée nappe qu'il et le avait petit verre préparée se croyait luimême. tout grand. Le soir quand le soleil rasait A midi, la contrée, s'il faisait prêt beau, à se le coucherleil éclairait il éclairait toute la la pièce du ; l'om- côté so- de bre l'ouest du petit ; l'ombre verre se du profilait petit verre sur grandissait, la nappe et le et petit tout verre ragaillardi, se croyait il se tout croyait grand. plus Le soir important quand le encore. soleil Il rasait disait la avec contrée, une suffisance prêt à se coucherdente il : éclairait la pièce du côté évi- de « l'ouest Oh comme ; l'ombre je suis du grand petit verre ! » grandissait, et tout ragaillardi, il se La croyait vie s'écoulait plus important ainsi paisible, encore. un Il disait peu monotone. avec une Le suffisance vieil homme, évidente pour la : meubler, allait tous les matins faire ses courses et bavardait « Oh à tour comme de rôle je suis avec grand l'épicier, ! » avec La le vie boucher, s'écoulait avec ainsi le boulanger. paisible, Il un achetait peu monotone. ensuite Le son vieil journal homme, et le pour lisait la meubler, à la maison. allait Tous tous les après-midi matins faire il ses faisait courses une et grande bavardait promenade à tour avec de rôle son avec chien. l'épicier, avec Un le jour boucher, une animation avec le boulanger. inhabituelle Il achetait entoura ensuite la vieille son journal maison. et Deux le lisait voitures à la maison. stationnaient Tous dans les la après-midi rue et il y il avait faisait beaucoup une grande gens. promenade avec son chien. C'était Un jour l'anniversaire une animation du vieux inhabituelle grand-père entoura et ses la filles, vieille ses maison. gendres Deux et ses voitures petits-enfants stationnaient venaient dans lui souhaiter la rue et il bonne y avait fête beaucoup en apportant de gens. des provisions, de quoi faire un copieux C'était repas. l'anniversaire du vieux grand-père et ses filles, ses gendres 10 et ses petits-enfants venaient lui souhaiter bonne fête en apportant des provisions, de quoi faire un copieux repas. u petit ver qui petit V&PPt se qui croyait, toit Epand oet out gpand cmyali Les enfants ouvrirent la grande armoire ancienne et ils en sortirent une belle nappe brodée avec des serviettes assorties. Ils ouvrirent aussi le grand buffet où se trouvaient Les enfants la belle ouvrirent vaisselle en la grande porcelaine armoire et les ancienne verres et en ils cristal. en sortirent une « C'est belle la nappe moindre brodée des choses avec des s'en serviettes servir assorties. un jour pareil Ils ouvrirent », disait une aussi de le ses grand filles. buffet où se trouvaient la belle vaisselle en porcelaine Le vieux et les verres grand-père en cristal. sortit néanmoins son petit verre et le posa comme « C'est d'habitude la moindre à côté des choses de lui. de s'en servir un jour pareil », disait une — de Papa, ses filles. tu ne vas tout de même pas boire aujourd'hui dans ce pauvre Le petit vieux verre, grand-père lui dit sortit sa fille. néanmoins son petit verre et le posa comme Le petit d'habitude verre frémit. à côté de lui. — Papa, tu ne vas tout de même pas boire aujourd'hui dans ce pauvre petit verre, lui dit sa fille. Le petit verre frémit. — J'en ai l'habitude. Pour moi c'est comme un ami. — Mais il va dépareiller la table ! — J'en Quelle ai l'habitude. importance Pour ! Mais moi si t'y c'est tiens, comme ajouta-t-il, un ami. mets-moi un verre en cristal pour boire le champagne, — Mais il et va laisse-moi dépareiller mon la table petit ! verre pour le vin. C'est ma mesure. — Quelle Je ne importance tiens pas ! à Mais la dépasser. tiens, J'en ajouta-t-il, ai pris l'habitude. mets-moi un si t'y verre Et il en alla cristal chercher pour son boire petit le verre champagne, dans le buffet et laisse-moi de cuisine mon où petit sa verre fille l'avait pour le rangé. vin. C'est Il le prit ma et mesure. le posa Je à côté ne tiens du beau pas verre à la dépasser. qui, J'en sous ai pris les l'habitude. rayons du so- en cristal leil, Et brillait alla de chercher tout son son éclat. petit verre dans le buffet de la cuisine où sa fille l'avait rangé. Il le prit et le posa à côté du beau verre en cristal qui, sous les rayons du soleil, brillait de tout son éclat. 10
Et c'est ainsi que le petit verre de tous les jours prit tout d'un coup conscience qu'il n'était pas beau, qu'il n'était pas grand, qu'il faisait piètre figure à côté de son compagnon Et c'est ainsi noble que et le riche. petit verre Il en de ressentit tous les un vif jours dépit prit et devint tout d'un tout coup triste. conscience Il craignait qu'il que son n'était maître pas beau, voulût qu'il le remplacer. n'était pas Son grand, chagrin qu'il faisait fut si grand piètre qu'à figure chaque à côté tressautement de la noble table, et il riche. se rappro- Il en de son compagnon ressentit chait un un peu vif plus dépit du et rebord devint pour tout triste. se laisser Il craignait tomber que par son terre maître et se voulût casser. le Mais remplacer. le grand-père Son chagrin le retenait si chaque grand qu'à fois chaque et le remettait tressau- à fut tement sa place de en la disant table, : il se rapprochait « Je un suis peu bien plus maladroit du rebord aujourd'hui pour pour se laisser tomber par terre et se casser. Mais pousser le grand-père mon le vieux retenait chaque fois et le remettait à sa place en disant : « Je suis bien maladroit aujourd'hui pour pousser mon vieux compagnon de tous les jours au bord de la table. Vous voyez mes enfants que les grands repas ne me réussissent plus. » Lorsque le champagne pétilla compagnon dans les beaux de tous verres les et jours que les au bord convives de la trinquèrent, table. Vous le voyez cœur mes du enfants petit verre que les n'en grands pouvait repas plus. ne me Il réussissent vint tout à fait plus. au » bord de la table et Lorsque crut enfin le qu'il champagne allait tomber pétilla et dans se briser. les beaux verres et que les convives Le grand-père trinquèrent, le rattrapa le coeur du au petit dernier verre moment, n'en le pouvait prit et alla plus. l'enfermer tout dans à fait le bahut au bord de de la la cuisine. table Il vint et crut enfin qu'il allait tomber et se — briser. C'est le seul moyen de le sauver, dit-il en revenant à table. Le grand-père le rattrapa au dernier — Tu moment, deviens le maniaque, prit et alla papa, l'enfermer dans le bahut de la cuisine. — C'est le seul moyen de le sauver, dit-il en revenant à table. — Tu deviens maniaque, papa, mettre à l'abri ! A quoi bon ? — Vous êtes là aujourd'hui. lui Vous dit n'y une serez de ses plus filles. demain, Ce répondit-il. Ces ne objets mérite de tous pas les tant jours de verre ordinaire soins. sont autant Te lever d'amis de pour table moi pour et le je mettre ne veux à pas l'abri m'en ! A séparer. quoi bon ? — Vous Fais comme êtes là tu aujourd'hui. veux ! C'est Vous vrai que n'y nous serez ne plus sommes demain, pas répondit-ilvent auprès Ces objets de toi. de tous les jours sou- sont autant d'amis pour moi et je ne Les veux filles pas m'en lavèrent séparer. la vaisselle, rangèrent le linge et remirent à leur — place Fais comme la belle tu vaisselle veux ! C'est et vrai les verres que nous en cristal, ne sommes préparèrent pas souvent leurs auprès enfants de et toi. s'installèrent dans les Les voitures filles lavèrent pour repartir la vaisselle, chez rangèrent elles. le linge et remirent à leur Le place vieil homme la belle sortit vaisselle à la porte et les pour verres faire en les cristal, adieux préparèrent et y resta leurs longtemps enfants après et s'installèrent que les voitures dans les fussent voitures parties. pour repartir chez elles. Il essuya ses yeux qui avaient eu Le la vieil faiblesse homme de laisser sortit à échapper la porte pour quelques faire larmes les adieux puis il appela et y resta son longtemps chien : après que les voitures fussent parties. « Garo, viens ! Viens Garo Nous Il essuya allons ses faire yeux comme qui avaient d'habitude la notre faiblesse promenade laisser ! Il échapper n'y a pas eu quelques de quoi larmes pleurer. puis La il vie appela est son ce chien qu'elle : est ! » Et « Garo, le chien viens accourut, ! Viens jappant Garo et ! Nous remuant allons sa queue faire en comme signe de d'habitude courant notre à promenade droite et à ! gauche. Il n'y a pas Le fête, de maître quoi le pleurer. caressa et La le cajola vie est avant ce qu'elle de prendre est ! sa » canne et donner le signe Et le du chien départ. accourut, jappant et remuant Ils rentrèrent sa queue plus en tard signe que de d'habitude. Peut-être à droite que et à le gauche. vieux papa, Le fête, courant maître après le le repas caressa copieux, et le cajola fut un avant peu de plus prendre las et fatigué sa canne ; peut-être et donner qu'il le signe voulut du départ. pas revenir trop vite, après Ils rentrèrent cette fête plus familiale, tard que dans d'habitude. maison Peut-être vide et silencieuse. que vieux papa, la après Le soleil repas se couchait copieux, à fut l'horizon un peu plus lorsqu'il las et mit fatigué la table ; peut-être comme qu'il de ne coutume voulut : pas la nappe revenir aux trop carreaux vite, après rouges, cette son fête assiette familiale, de tous dans les la maison jours, son vide bol et pour silencieuse. la soupe et son petit Le soleil verre. se L'ombre couchait qu'il à l'horizon projetait sur la mit table la était table plus comme grande coutume que jamais. : la nappe aux carreaux lorsqu'il rouges, « Peut-être son assiette me suis-je de trompé tous les ? songeait-il. jours, bol Peut-être pour la ai-je soupe été et sirnplement verre. jaloux L'ombre du beau qu'il verre proje- ? » son petit tait sur la table était plus grande que Et jamais. lorsque grand-père se versa un doigt de vin et prit le verre dans « Peut-être sa main, me en suis-je le regardant trompé ? songeait-il. longtemps avant Peut-être de le ai-je porter été simplement bouche, le jaloux petit verre du beau fut verre tout ému. ? à sa C'est Et lorsque lui grand-père le maitre aimait. se versa Il un reprit doigt goût de à vin la et vie prit et avec le verre un dans joyeux sa cliquetis main, en souhaita le regardant à son longtemps tour joyeux avant anniversaire de le porter au vieil à sa bouche, homme. le petit verre fut tout ému. C'est lui que le maître Z. COGNARD. aimait. Il reprit goût à la vie et avec un joyeux cliquetis souhaita à son 11 tour joyeux anniversaire au vieil homme. Z. COGNARD. 11



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