Femmes Magazine Luxembourg n°125 avril 2012
Femmes Magazine Luxembourg n°125 avril 2012
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°125 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Alinéa Éditions & Communication s.à r.l.

  • Format : (210 x 277) mm

  • Nombre de pages : 108

  • Taille du fichier PDF : 13,4 Mo

  • Dans ce numéro : reportage sur les traditions pascales.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 | CONFIDENCES VéRONIQUE FAUCONNET Dominique Sander-Emram Si une chute malencontreuse ne l’avait pas contrainte à se (re)poser, Véronique Fauconnet occuperait, « arpenterait » serait une plus juste expression, comme à son habitude et pour notre plus grand bonheur, la scène du TOL. Toujours en mouvement, vive, drôle, fragile aussi, animée d’un enthousiasme éclatant, elle a pour son métier d’actrice et de metteuse en scène une passion dévorante qu’elle partage volontiers. Confidences d’une amoureuse des planches. Véronique, vous avez toujours voulu être actrice ? Disons plutôt que j’ai, très tôt, été fascinée par la scène ; plus qu’actrice, enfant je me rêvais danseuse, classique évidemment ! Voir évoluer des gens sur les planches m’enchantait ! Je crois bien que j’ai gardé cette capacité d’émerveillement total, à la fois en tant que spectatrice et comme actrice. Adolescente, je me cherchais : j’ai commencé par la musique, mais très vite j’ai réalisé que je n’avais pas de réel talent. Le goût que j’ai développé pour le théâtre remonte peut-être à mes années d’école primaire en France, à Villejuif, où l’enseignement très avant-gardiste laissait beaucoup de place à l’expression artistique. J’ai ensuite vécu à Luxembourg où ma mère avait déménagé. J’ai connu là une longue période de repli sur moi en raison d’une grande timidité. Après des études de Lettres à la Fac à Metz, que je trouvai abstraites, j’ai eu envie de renouer avec mes aspirations et de suivre des cours d’art dramatique. La chance m’a souri. Lors d’une journée portes ouvertes au Conservatoire, je me suis présentée en retard aux inscriptions, mais la chance a voulu que ce soit Marc Olinger, directeur du théâtre des Capucins et directeur artistique du TOL qui enregistre les demandes. Il m’a donné l’opportunité de pouvoir essayer. Vous avez alors attrapé le virus ? Oui, à l’évidence ! Marc Olinger a su me faire naître à moi-même et trouver comment oublier ma timidité. Quatre mois après mes débuts, il me proposait de jouer au théâtre des Capucins dans une pièce de Jean Genêt, Le balcon. On était en février 1987 et le théâtre avait ouvert ses portes l’année précédente. C’était une énorme production qui mobilisait 15 personnes. Ce fut un très grand succès : la pièce a tenu deux saisons. En octobre de la même année, je jouais dans Le roi des cons de Wolinski au TOL. Après, tout s’est enchaîné et je n’ai plus cessé de jouer. Je suis devenue membre du TOL ce qui signifiait être femme à tout faire du théâtre comme tous les autres acteurs. Quand on ne jouait pas, on repeignait la façade, on servait au bar, on s’occupait de la technique… C’était le « système Olinger » qui a su créer un esprit de groupe, une troupe théâtrale au vrai sens du terme. Qu’en avez-vous retenu ? Une certaine humilité. Le métier d’actrice évoque les lumières et les paillettes, un métier qui brille. J’étais la plus jeune de la troupe et très rapidement j’ai rencontré le succès. Peindre les murs du théâtre m’a permis de garder les pieds sur terre. Le TOL n’a rien d’un théâtre prestigieux, mais je l’adore. Et puis, il faut bien l’admettre, Luxembourg n’est pas Paris ou Broadway. Nous avons ici la possibilité d’avoir jusqu’à quatre contrats par an, c’est formidable. A Paris, ce serait absolument exceptionnel ! Vous ne regrettez pas de ne pas jouer à Paris ? Pas du tout ! En fait, je crois que je n’ai jamais eu les dents assez longues pour même essayer. Je suis très attachée au Luxembourg. J’y ai eu la chance de rencontrer des professeurs qui m’ont guidée : Marc Olinger, Claudine Pelletier, Philippe Noesen mais aussi des partenaires de jeu qui m’ont montré la voie comme Claude Frisoni, mon grand frère de théâtre et l’auteur que j’ai le plus joué. Dans un petit théâtre, on s’imprègne de l’atmosphère de la salle. On entend les soupirs, les rires, on est au plus près des réactions des spectateurs. C’est une expérience fantastique.
La scène avant tout Souvent après la pièce, il nous est donné de leur parler. Ce sont des rencontres qui donnent souvent lieu à de beaux échanges. Pour moi, c’est aussi ça le théâtre ! Comment vous préparez-vous ? Pour apprendre mon texte, j’ai une technique bien à moi : je recopie à la main tout le texte de mon personnage, sans aucune ponctuation, pour trouver son style, ce qui le caractérise. Je l’apprends ensuite par cœur, sans y mettre d’intonation particulière. Cela me permet ensuite de mieux répondre aux attentes du metteur en scène. Le texte est « blanc » ; avec les autres acteurs et grâce à leurs interventions, je vais alors le « mettre en couleurs ». C’est passionnant. Et vous n’avez jamais peur de monter sur scène, d’avoir un trou ? Naturellement ! J’ai joué il y a quelques mois une pièce intitulée Shirley Valentine de Willy Russell mise en scène par Frédéric Frenay. Il s’agissait d’un monologue d’une heure dix pendant lequel, seule sur scène, j’interprétais le rôle d’une jeune femme qui en est venue à parler aux murs. Deux jours avant la première, pendant la répétition, j’ai sauté trois pages de texte. Une véritable catastrophe ! Le metteur en scène ne m’a pas laissé m’écrouler ; j’ai poursuivi, vaille que vaille… Cela a été une belle leçon. Au fil du temps j’apprends à mieux gérer mes émotions. Je sais que même si je saute un mot, je dois avancer et ne pas me laisser déconcentrer, sinon, c’est la meilleure façon de perdre pied. C’est un métier éprouvant, mais je l’aime et je me trouve très chanceuse de l’exercer. Et coMMe si cela ne suffisait pas, vous êtes également directrice artistique du TOL… Oui depuis treize ans. Cela n’a pas été simple au début : je succédais à Claude Frisoni. J’étais encore un peu jeune, inexpérimentée et remplacer un homme avec tant de charisme n’était pas facile. Nous sommes dans un domaine où la sensibilité est prépondérante et l’ego n’est jamais loin de prendre le dessus. Accomplir une saison qui corresponde à mes valeurs en tenant compte des « sensibilités » des uns et des autres, c’est une gageure. Mais c’est aussi extrêmement intéressant et instructif. J’ai choisi de ne pas décider seule. Pour moi, une équipe doit pouvoir tout partager, surtout les décisions les plus importantes. Je n’ai rien d’un « despote éclairé », je dois me sentir vivre à travers le groupe. J’aime Nicolas et Hugo. Je n’aime pas Les petits esprits. a CONFIDENCES | 11 Ce n’est pas la seule facette de votre métier… Il s’agit d’administrer le théâtre, mais aussi de gérer les finances. C’est primordial pour que la salle continue d’exister. Il me faut aussi décider de la saison à venir. Cela signifie évidemment beaucoup de lectures de pièces et beaucoup de réunions avec le comité du TOL. Ensuite, je constitue les équipes, réunis metteurs en scène, comédiens, scénographes. Quand je ne joue pas, j’assiste les équipes pendant les répétitions, afin qu’il y ait ce que nous appelons « un œil extérieur ». Vous faites également de la mise en scène… Depuis quelques années. J’aime la générosité des comédiens, ce qu’ils acceptent de me donner à moi toute seule assise sur un fauteuil au milieu de la salle. J’adore construire les images qui vont donner le spectacle. Je suis très consciente de ce qui repose sur mes épaules et suis en fait dans le doute permanent. Actrice, metteuse en scène ou directrice artistique, laquelle de ces activités préférez-vous ? Il m’est très difficile de répondre à cette question : j’aime tout ce que je fais. Je suis polyvalente par nature ! Et si c’était à refaire ? Je ne changerais pas de métier, j’ai une chance folle de pouvoir l’exercer. C’est le plus beau métier du monde même s’il n’est pas de tout repos.



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