Esprit Bonsaï n°26 mars 2007
Esprit Bonsaï n°26 mars 2007
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°26 de mars 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (220 x 285) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 60,4 Mo

  • Dans ce numéro : le Pinus mugo, pin de montagne.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 64 - 65  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
64 65
Ikebana Shin, gyo, soo Sensho ikenobo L’approche de la pratique Texte  : Marette RENAUDIN Photos  : J.M. POMMEYROL Fondamentale dans la culture japonaise, la notion de shin-gyo-soo en ikebana permet de donner à l’art floral tout son sens, à l’ikebaniste d’évoluer vers une autre approche, plus accomplie. Réaliser un bouquet dont les composantes sont en harmonie avec la nature et les saisons représente bien sûr la première pierre de cet immense édifice qu’est l’ikebana. Mais en quoi réside donc la solidité de cet art millénaire qui ne cesse de se développer dans notre société moderne ? Plus qu’un art, l’ikebana se rallie à une pratique fondée au départ sur l’inspiration de la philosophie du bouddhisme. Son but, au-delà d’une esthétique pure, vise la transformation de l’être humain. Chaque réalisation demande, en effet, la présence et la concentration de son auteur. Lors de mes séjours au Japon, observer l’attitude des maîtres vis-à-vis des fleurs m’est toujours envoûtant et une source de ravissement. Ils les installent dans le vase d’une façon tellement simple et gracieuse, sans jamais brusquer leurs gestes pourtant si décidés ! À la rencontre d’une difficulté, le maître ne laisse échapper aucune contrariété ni le moindre signe de mécontentement. Voir les maîtres à l’ouvrage inspire une stabilité paisible. Cette attitude pleine d’harmonie est une des conditions primordiales pour aborder la pratique de l’ikebana. Cette maîtrise requiert cependant Rikka Les branches principales expriment la première éclosion des Magnolia stellata. Pin maritime et camélia. Au centre, cyprès, feuilles de néfliers japonais, iris, saule pleureur. Composition Marette Renaudin. 64 Esprit Bonsaï nº 26
beaucoup d’expérience et, au Japon, elle se développe naturellement avec les années de pratique. Les élèves sont immergés effectivement dans le bain culturel du pays, berceau de l’ikebana. L’enseignement met l’accent sur le mimétisme. Les élèves s’imprègnent de ce que montre le professeur, qui donne très peu d’explications, et se laissent guider ainsi avec confiance. Une démarche juste Dans les pays occidentaux, aborder l’étude de l’ikebana nous confronte à un univers moins familier, sinon totalement inconnu. Le parti pris de recevoir un enseignement avec quelques explications n’est pas vain pour un néophyte qui se met plus facilement alors dans une juste démarche  : au Japon, les arts, tout comme la vie quotidienne, sont encore imprégnés du principe shin-gyo-soo du XVI e siècle. Cette notion met en avant trois niveaux de dynamisme correspondant à des degrés d’ouverture progressive qui peuvent s’appliquer aussi bien aux arts qu’à la vie quotidienne. Il est ainsi possible de cheminer du formel à la fantaisie, du fermé à l’ouvert, s’épanouissant de la source à l’accomplissement. L’applica- tion de cette notion peut nous aider à nous mettre plus rapidement dans l’attitude et les sentiments adéquats pour aborder la pratique. Trois niveaux d’ouverture Le shin est sincérité et droiture, côté formel ramenant au centre et demande d’une grande rigueur. Ici, l’application des règles de base pour faire un bouquet est fondamentale. Avant de commencer, il s’agit de respecter une distance correcte par rapport au vase et une attitude tonique favorisant l’enracinement, point de départ d’une explosion possible sans laquelle l’ikebana n’est pas vivant. Le souci de clarté et de justesse permet une lecture aisée de la composition ainsi réalisée. Le gyo signifie « aller » dans la traduction littérale de son écriture japonaise. Il implique une extension dans le mouvement par rapport au shin formel. Cette notion met l’accent sur le « cœur », faisant appel aux sentiments. C’est une recherche de la générosité et du don pendant la réalisation. Selon l’occasion, le bouquet est offert à des invités privilégiés ou au bouddha dans les temples. Comme dans une danse, les mouvements et les rythmes vont révéler les côtés lumineux et joyeux d’une composition. Les papilles de contentement commencent alors à se réveiller laissant libre cours à notre pétillance, source d’inspiration pour l’œuvre à venir. Le soo signifie, dans sa traduction littérale, « herbacée ». La nuance est mise ici sur la notion d’« esprit ». Grâce à l’enracinement et au mouvement, les végétaux naissent et poussent. L’attitude protectrice par rapport aux fleurs s’impose. Il faut leur octroyer la plus belle place pour les honorer, et, ainsi, se faire pardonner de les avoir cueillies. Le soo incite au remerciement et à la reconnaissance. La notion de service prend alors toute sa place. Tel un interprète au service de la musique pour un grand concert, en ikebana, l’ikebaniste se met véritablement au service des végétaux. La pratique prend alors tout son sens et nous place au-delà de nos fantaisies superficielles. Heireitsukei (forme de style libre) Le vase en verre opalescent donne l’image de la glace hivernale d’où sortent les fleurs printanières. Freesias, feuilles de croton, bruyère. Composition Marette Renaudin. Esprit Bonsaï nº 26 65



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 1Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 2-3Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 4-5Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 6-7Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 8-9Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 10-11Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 12-13Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 14-15Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 16-17Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 18-19Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 20-21Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 22-23Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 24-25Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 26-27Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 28-29Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 30-31Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 32-33Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 34-35Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 36-37Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 38-39Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 40-41Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 42-43Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 44-45Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 46-47Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 48-49Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 50-51Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 52-53Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 54-55Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 56-57Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 58-59Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 60-61Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 62-63Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 64-65Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 66-67Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 68-69Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 70-71Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 72-73Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 74-75Esprit Bonsaï numéro 26 mars 2007 Page 76