Esprit Bonsaï n°23 oct/nov 2006
Esprit Bonsaï n°23 oct/nov 2006
  • Prix facial : 6,40 €

  • Parution : n°23 de oct/nov 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (220 x 285) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 48,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur le chêne.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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minces et mouvementés, des branches légères au feuillage aéré, mais marquant le passage du temps. On croirait voir des calligraphies  : ce sont de simples silhouettes, exprimant liberté et naturel. C’est en faisant partie de ce mouvement artistique, ou en étant inspirés par son style poétique et libre, par la beauté mystérieuse de ces arbres peints, que les anciens maîtres du bonsaï chinois et japonais ont créé leurs premiers pins bunjin. L’esprit du bunjin Un bunjin-gi de pin n’est pas seulement la représentation d’un arbre, seul ou en petit groupe, aux prises avec les redoutables éléments naturels dans des lieux montagnards austères, en lutte pour la vie. Il semble plutôt que ces arbres représentent un instant poétique hors du temps, un espace de joie libre entre terre et ciel. Les bunjin nous rappellent ces vieux moines, ces âmes solitaires qui vivent leur présent bien au-dessus des vicissitudes du monde humain. À l’opposé d’un bonsaï classique très structuré, c’est une forme, un style, sans être une forme ni un style. Ces arbres sont sobres et dépouillés ; ils expriment en même temps la simplicité, l’élégance, le raffinement. C’est en quelque sorte une forme symbolique qui représente un hommage à l’esprit libre des arbres vénérables de montagne. C’est comme un trait de pinceau rapide et spontané, venant d’un cœur apaisé, une calligraphie tout en légèreté. La forme bonsaï Voici ce qui caractérise un bunjin  : une belle base ancrée mais sans excès, plutôt asymétrique ; un tronc mince et long, sans grande conicité, avec ou sans mouvement, selon ce que l’on veut exprimer ; pas de branches basses, même si une longue branche peut partir du dernier tiers du tronc et redescendre très bas ; peu de branches ; la possibilité de jin courts et de shari, en accord avec l’espèce. La construction de la ramification est légère, sans compactage ni forte densité du feuillage. Ce qui est fortement déconseillé dans un bonsaï classique, comme le croisement de branches devant un tronc par exemple, peut être un élément clé, un point focal, un point fort sur un bunjin. Le naturel et la spontanéité prime dans ce style. Mais attention ! Cela doit être sans excès, car une autre qualité du bunjin est la sobriété. 22 Esprit Bonsaï nº 23 Quelles espèces Les pins sont par excellence les espèces les plus adaptées pour la réalisation d’un bunjin. Parmi nos pins autochtones, le pin sylvestre est le plus dans l’esprit de ce style, par ses spécificités et parce qu’il s’agit d’un arbre de moyenne montagne ; bien qu’un pin à crochets sur le bord d’une falaise puisse aussi être un lettré. Parmi les pins japonais, c’est habituellement le pin rouge (Pinus densiflora), même si l’on peut voir quelques pins blancs en lettré. De plus, en vieillissant, les pins acquièrent une patine (mochikomi) tout à fait en accord avec l’esprit bunjin. Ci-dessus  : ce pin à crochets, d’un peu plus d’un mètre de hauteur, mis en forme pendant l’hiver 2005, possède une longue branche. Nous avons voulu que celle-ci croise le tronc, car cela lui apporte une spontanéité faite de ruptures de rythme, qui rappelle une calligraphie. S’inspirer des arbres sauvages L’esthétique du bonsaï dépend également de ce que chacun veut exprimer  : un lieu, un espace de moyenne montagne du sud, une falaise de bord de mer ou de haute montagne. Cela dépend aussi de la personnalité même de l’arbre. Un pin à crochets en haute montagne. Le tronc est droit, puissant et possède une belle conicité, il est dans l’esprit du bunjin. Un pin sylvestre solitaire. Ci-contre  : l’arbre avant travaux. Plusieurs branches ont été supprimées ; un shari a été réalisé en arrachant une branche. Il fallait trouver l’arbre, en déterminer la signature.
Des exemples concrets Pin à crochets, simple et classique Ce petit arbre sans prétention a permis de cheminer à la recherche de cette forme de bunjin. Au départ, c’était un arbre sans grand intérêt esthétique. Mais même s’il ne sera sans doute jamais un bonsaï exceptionnel, il possède quelques atouts en conformité avec ce style  : une bonne base asymétrique qui a été améliorée avec le temps, des mouvements de tronc légers, quoique un peu monotones, et une belle écorce. 1 2 3 Ce pin à crochets est prélevé en 1996. Il se trouve dans un pot de culture, ici après sa première mise en forme, en avril 1999. Nous avons donné un léger mouvement au dernier tiers du tronc qui était trop raide, et les branches sont positionnées. Un an et demi après, il est transplanté dans un pot rond provisoire. En décembre 2002, les ligatures sont enlevées ; tout reste en place. 6 Ci-contre  : juin 2005. Pendant l’hiver, la masse foliaire de la cime est aérée par une taille de sélection. 5 7 Le même pin, vu du côté droit. Juillet 2006. L’arbre est revu au début du printemps  : la troisième branche principale à gauche est supprimée. L’une des branches de cime à gauche est ouverte sur le dessus de son aisselle pour être descendue. L’arbre est ligaturé et tout est repositionné légèrement. Enfin, ce pin commence à avoir l’esprit du bunjin. La première grande branche pourrait être supprimée. À présent, un pot assiette légèrement plus petit conviendrait mieux. Encore quelques années et ce bonsaï prendra un aspect plus naturel. Hauteur  : 78 cm. 4 Ci-contre  : le pin à l’automne 2004. L’arbre est vigoureux. Il a parfaitement cicatrisé les tailles faites lors de la suppression de branches. Il est cultivé dans un nouveau pot plus adapté, mais l’ensemble de la cime ressemble trop à celle d’un moyogi. Esprit Bonsaï nº 23 23



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