Esprit Bonsaï n°23 oct/nov 2006
Esprit Bonsaï n°23 oct/nov 2006
  • Prix facial : 6,40 €

  • Parution : n°23 de oct/nov 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (220 x 285) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 48,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur le chêne.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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La ligature La ligature est également une bonne méthode pour donner un mouvement aux troncs lorsqu’ils sont encore malléables. Jeunes, ils sont d’une grande souplesse ce qui autorise des audaces qu’il n’est pas possible d’entreprendre avec des prélèvements âgés de plusieurs dizaines d’années. On n’intervient que très rarement sur un tronc de yamadori (du moins avec les feuillus), d’où le soin pour les choisir avec un bon potentiel. Veillez à ne pas trop serrer les fils de ligature sur le jeune baliveau pour éviter l’apparition de vilains bourrelets, très longs à disparaître par la suite. Le substrat Une règle de base à retenir est que le développement des racines avec ramification implique une légèreté du substrat. À défaut, un bon sable de rivière, type sable de Loire, chargé d’alluvions est excellent et fera l’affaire, du moins pour les semis et prélèvements. Oubliez définitivement les mélanges « un tiers de ceci, un tiers de cela, etc. » et encore plus, n’utilisez pas de terre de jardin, souvent mentionnée et qui ne veut rien dire de précis. Personnellement, la pierre ponce me donne beaucoup de satisfaction (article Esprit Bonsaï nº16) depuis de nombreuses années. C’est un substrat remarquable par ses qualités d’aération et de rétention d’eau, parfait pour tous les arbres, feuillus et conifères. Il peut être utile, mais pas réellement indispensable, pour les sujets aboutis d’amender le substrat avec un peu d’argile, de tourbe, d’écorces de pins compostées en fine granulométrie. Le rempotage Fréquence et période de rempotage dépendent du sujet considéré. Un jeune plant doit être rempoté tous les ans en fin d’hiver (de février à avril), avec une taille systématique des racines dans le but exposé précédemment. Sont dit « jeunes plants » également des élèves d’une dizaine d’années en phase de formation. Un rempotage implique une action en parallèle sur la structure de l’arbre. Pour les sujets aboutis, les rempotages sont à faire au cas par cas, selon la densité des racines dans le substrat  : quand la motte racinaire cherche à s’évader du pot, il est temps d’intervenir. Novembre est un bon mois pour rempoter les feuillus si vous avez la possibilité de les abriter des fortes gelées. Sans cela, faites-le aux mêmes dates que pour les jeunes plants. Il est aussi possible de rempoter à la fin du printemps et en été si besoin est, mais c’est une autre histoire…. Jeunes plants de 4 ans et demi en pots de culture, destinés à former de petits arbres (shohin). Taillez les racines, tout en effectuant une taille drastique de la partie aérienne. Laissez ensuite l’arbre pousser librement sans intervention pendant toute la saison végétative, et recommencez au printemps suivant  : ainsi vous faites grossir le tronc. C’est la seule méthode qui fonctionne. Contentez-vous juste de raccourcir (mai, juin) les rameaux situés en apex, qui ont tendance à neutraliser ceux du dessous. En effet, l’objectif immédiat avec ce type de matériel basique est de façonner un tronc qui aura un intérêt esthétique par ses courbes, et par les cicatrisations lesquelles, si elles sont bien faites, lui apporteront du caractère. La construction des charpentières viendra ensuite, ce qui n’empêche pas pour autant de garder des rameaux bien positionnés à cet effet. Photo Philippe Massard. 16 Esprit Bonsaï nº 23
La taille La taille est effectivement la base de notre art, tout comme le sculpteur a recours aux marteaux et ciseaux. Taille de structure et d’entretien s’effectuent à des moments bien choisis selon le résultat à obtenir. La taille de structure est à effectuer lorsqu’il n’y a plus de feuilles, car c’est plus facile. C’est elle qui « dégrossit » l’arbre à l’image du ciseau du sculpteur. Elle est par conséquent créative et demande une éducation de la main et de l’œil. La taille d’entretien est à effectuer en saison végétative, vers la fin du printemps. Comme son nom l’indique, elle maintient la silhouette de l’arbre et concerne plus directement des arbres déjà formés. Vous pourrez défolier les sujets vigoureux (fin mai) pour générer une deuxième feuillaison, aux feuilles en général plus petites et globalement plus résistantes aux dures conditions estivales à venir. À ces trois interventions, il convient d’en ajouter une essentielle, l’ébourgeonnement, qui consiste à sélectionner les bourgeons en fin d’hiver. Cela vaut plusieurs tailles et accélère la multiplication de nouveaux rameaux près du tronc et des charpentières. L’ébourgeonnement vise à supprimer, en les arrachant avec le pouce et l’index, tous les bourgeons dominants situés en apex et aux extrémités des charpentières. Cela « réveille » « les petits, les sans grades » qui espéraient passer l’été tranquillement. Suite à cette éradication des plus gros bourgeons, les petits reçoivent directement l’ordre de leur hiérarchie sylvestre de se mettre en marche. Eradiquez les bourgeons terminaux les plus forts en fin d’hiver (cette photo prise en automne pour illustrer les propos ne correspond pas à la bonne saison), est une tâche à ne pas manquer. Elle contribue à la réduction du feuillage et aux réveils des bourgeons les plus faibles. Photo Philippe Massard. L’arrosage Les chênes demandent un bon arrosage régulier, sans excès néanmoins, les feuilles réagissent en conséquence et montrent très vite une forte nature, si tel est le cas. Le pubescent présente une meilleure résistance à la sécheresse que ses cousins, ce qui en fait, outre la nature de son feuillage, un des chênes les plus intéressants à utiliser. Evitez de mouiller le feuillage, qui est malheureusement très sensible aux maladies cryptogamiques (oïdium, rouille, mildiou, etc.). Parasites et maladies Les chênes en pot se traitent comme la vigne pour espérer en préserver le feuillage, mêmes maladies, mêmes traitements  : cuivre et soufre. Il faut émettre quelques réserves concernant l’utilisation du soufre, qui doit être proscrite dès l’apparition des premières chaleurs (risques de brûlures du feuillage). L’oïdium aime les chênes, alors prévenez très tôt à l’aide de fongicides bien spécifiques (Bénomyl, par ex.). Concernant les attaques d’insectes, un chêne est un réservoir de biodiversité à lui tout seul. Pas d’inquiétude pour autant, il suffit d’être vigilant en opérant quotidiennement, une inspection méthodique de chaque sujet au moment de l’arrosage par exemple. Plutôt que de traiter systématiquement, mieux vaut écraser avec les doigts ou « karchériser » les bestioles avec le tuyau d’arrosage. Si c’est le cas, pour éviter l’érosion dévastatrice, couchez l’arbre ou protégez la motte avec un plastique. Certains chênes ont parfois de façon récurrente de mauvais feuillages, malgré tous les soins apportés  : décoloration des feuilles tirant sur le jaune (chlorose), de trop grandes feuilles, criblées de taches de rouille, recouvertes de duvet blanc (oïdium) ou desséchées sur le pourtour malgré de bons arrosages. Il n’y a pas grand-chose à y faire  : certains sujets sont ainsi, alors que d’autres sont toujours verts, à notre grand étonnement. Certes, quand on prélève un chêne, on ne fait pas assez attention à ces petits détails (hors végétation, de surcroît) et c’est plus tard que survient cette amère constatation. Pour les semis, vous pouvez intervenir favorablement en mettant de côté ceux qui n’ont pas inscrit dans leurs gènes ces critères réducteurs qui nous préoccupent au plus haut point. Comme pour beaucoup d’autres feuillus, à partir de juillet, il faut accepter une décrépitude de nos arbres  : c’est le « crépuscule des feuilles ». Pour s’en persuader, il faut voir les arbres « normaux » qui ne sont guère en meilleur état à la même saison. Fertilisation Les chênes ne sont pas spécialement exigeants en fertilisation. Un « bon chêne », à condition qu’il reçoive tous les soins nécessaires à son meilleur développement, peut faire jusqu’à trois pousses dans une saison végétative. Ce sont des « sauvages », habitués aux pires tourments et dès lors qu’ils reçoivent une base régulière d’engrais organique complet de mars jusqu’à fin septembre, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Toutes les trois semaines, faites un apport en surfaçage d’engrais complet en granulés, qu’il est conseillé d’enfouir légèrement dans le substrat. Contrairement aux idées reçues, continuez à fertiliser en été, peutêtre un peu moins certes, mais sans relâche. Beaucoup d’arrosages impliquent un gros lessivage du substrat d’où un apport constant d’éléments nutritifs (ou amendement) à prévoir. Esprit Bonsaï nº 23 17



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