Direct Soir n°733 31 mar 2010
Direct Soir n°733 31 mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°733 de 31 mar 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : Karin Viard : « Je peux tout donner »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 KARIN VIARD EN COUVERTURE UN AIR DE FAMILLE Son parcours était loin d’être tout tracé, mais Karin Viard a réussi à s’imposer dans la grande famille du cinéma français. Aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame, elle est à l’affiche de « Les invités de mon père », où sa présence fascinante et rassurante fait mouche. Son naturel a su séduire aussi bien le public que les réalisateurs. L’histoire de Karin Viard, comme celle de son partenaire dans le film, Fabrice Luchini, n’était pas toute tracée : après quelques années de formation au conservatoire de Rouen, suivie de quelques années de galère, elle décroche enfin un petit rôle dans la comédie Tatie Danielle, d’Etienne Chatiliez, en 1990. Si son visage commence à être connu dans le milieu du cinéma, on peut dire que sa carrière ne décollera réellement qu’en 1997 avec Les randonneurs de Philippe Harel, une comédie très grand public où elle partage l’affiche avec Vincent Elbaz et Benoît Poelvoorde. Le succès du film est tel que le réalisateur décide de tourner une suite douze ans plus tard. Las ! Les randonneurs à Saint-Tropez ne convaincront pas le public. Peu importe, Karin Viard est devenue dans l’intervalle un « nom » du cinéma français. On la voit de plus en plus. Déjà, nommée au césar du meilleur espoir féminin en 1993 pour La nage indienne, de Xavier Durringer, elle reçoit en l’an « JE N’AI PAS LE SENS DU DEVOIR » F. LO PRESTI/AFP 2000 sa première récompense pour sa belle prestation dans Haut les cœurs ! de Solveig Anspach, qui lui permet d’obtenir le césar de la meilleure actrice. Elle remportera un deuxième césar, celui du meilleur second rôle, en 2002, pour Embrassez qui vous voudrez, réalisé par Michel Blanc. À LA FOIS DÉCONTRACTÉE ET ÉCORCHÉE VIVE Abonnée aux rôles de femme trompée (Le code a changé, de Danièle Thompson) ou meurtrie (La face cachée, de Bernard Campan), Karin Viard se glisse aussi habilement dans la peau de Juliette, une mère à la dérive, dans La tête de maman, en 2006. Aux côtés de Kad Merad et de la petite Chloé Coulloud, la comédienne donne toute sa profondeur à cette comédie dramatique, premier film de Carine Tardieu. A l’instar d’une Emmanuelle Devos, Karin Viard incarne parfaitement la femme française, décontractée, mais parfois écorchée vive, en qui chacun peut reconnaître des traits familiers. CALVERT/SUNSHINE INTERNATIONA/SI Ma vertu préférée ? Il y en a deux, en fait : l’intelligence et l’humour. Je ne peux pas les concevoir séparément. Le principal trait de mon caractère ? La spontanéité. La qualité que je préfère chez les hommes ? L’intelligence, l’humour encore, et la capacité à aimer. La qualité que je préfère chez les femmes ? L’intelligence, l’humour et surtout le fait d’aimer les femmes. De n’être pas en rivalité. Mon principal défaut ? L’égoïsme. Ma principale qualité ? La générosité. Eh oui, je peux être égoïste et généreuse en même temps : c’est-à-dire que je peux tout donner, mais que vous ne me ferez jamais faire ce dont je n’ai pas envie. Je n’ai pas le sens du devoir. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? Leur amitié. Mon occupation préférée ? Danser. Mon rêve de bonheur ? C’est évidemment une chose impossible, mais puisqu’on parle de rêve : que les hommes et la nature vivent en harmonie. Quel serait mon plus grand malheur ? Perdre mes enfants. A part moi-même, qui voudrais-je être ? Moi en mieux. Où aimerais-je vivre ? Au bord d’une mer chaude. La couleur que je préfère ? Le rouge. La fleur que j’aime ? L’anémone, la rose, le camélia, la pivoine. L’oiseau que je préfère ? L’aigle et la mésange. Mes héros dans la fiction ? Erin Brokovich, qui est devenu une Directsoir N°733/Mercredi 31 mars 2010 Le questionnaire de Proust Très à l’aise sur une banquette de l’Hôtel Fouquet’s Barrière, Karin Viard s’est soumise aux interrogations du célèbre écrivain. J. URBACH/SUPERSTOCK/SIPA héroïne de fiction, même si elle a vraiment existé ; le monstre d’Elephantman ; et le personnage de Paul Newman dans Luke la main froide. Mes peintres préférés ? Balthus, Klein. Mes héros dans la vie réelle ? Le couple Badinter, et Simone Veil. Mes héros dans l’histoire ? Rosa Luxemburg et tous les Justes. Mes nourriture et boisson préférées ? Les gâteaux et le champagne. Ce que je déteste par-dessus tout ? L’avarice. Le don de la nature que je voudrais avoir ? Pouvoir voler. Comment j’aimerais mourir ? Dans mon sommeil. L’état présent de mon esprit ? Bien. La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? La lâcheté. Ma devise ? Le mieux est l’ennemi du bien. Si elle aime la sensualité du peintre Balthus, elle apprécie aussi la passion révolutionnaire de Rosa Luxemburg. Karin Viard aime les roses et les mésanges, et admire Simone Veil. M. EVANS RUE DES ARCHIVES
www.directsoir.net Le film Quand le patriarche joué par Michel Aumont épouse une sans-papiers moldave. Grandeur d’âme ou démon de midi ? ➔ Après un premier film sur le deuil (Ceux qui restent) sorti en 2007, et bien accueilli par la critique, Anne Le Ny repasse derrière la caméra pour Les invités de mon père. Sur le ton de la comédie, la réalisatrice s’attaque à un sujet moins dramatique, mais néanmoins grave : la précarité des sans-papiers en France. La vie de Le cinéma français actuel a de plus en plus tendance à se saisir de problèmes de société par la bande : on ne traite plus un sujet de front, directement, de peur de passer pour un raseur sartrien ou bourdieusien qui fait des films à thèse, mais l’on recourt à tous les artifices pour rendre spectaculaire, agréable, c’est-à-dire le plus souvent drôle, des moments dramatiques voire tragiques de la vie contemporaine. Les invités de mon père n’échappent pas à cette tendance ; le film incarne même à la perfection cet art un peu désengagé, un peu cynique, qui révèle des drames sans prendre un parti véritable. Contrairement à l’un des succès surprise de l’an dernier, La journée de la jupe, où la présence électrisante d’Isabelle Adjani permettait au réalisateur, Jean-Paul Lilienfeld, de se saisir directement du sujet et de mener la démonstration à son terme, le film d’Anne Le Ny fait se croiser sans cesse dérision et émotion, entremêlant de manière inextricable les différents types de vibrations qui peuvent saisir le spectateur face à l’injustice. Il est ainsi étonnant, au début du film, qu’alors que le cas des sans-papiers est évoqué, on se retrouve en présence d’une toute une famille est soudainement transformée lorsque son patriarche (Michel Aumont), octogénaire engagé, contracte un mariage blanc avec Tatiana (Veronika Novak), une Moldave menacée d’expulsion. Transfiguré par la présence de cette jeune femme aux courbes généreuses, le vieil homme reprend du poil de la bête et change TENDANCE La nouvelle comédie humaine jeune femme de l’Est délurée, qui ne répond pas vraiment aux stéréotypes attendus. De même, le personnage joué par Michel Aumont, censé refléter toutes les valeurs humanistes des cinquante dernières an nées, finit par plonger dans un ridicule qui déshonore presque tout ce qu’il a été au long de sa vie. Le cinéma français, qui fut particulièrement engagé au tournant des années 1970, EN COUVERTURE 5 radicalement son mode de vie, au grand dam de ses enfants (Karin Viard et Fabrice Luchini). Grâce à la pétillante prestation des comédiens, Les invités de mon père amuse et touche par la pertinence des questions soulevées. Les invités de mon père, d’Anne Le Ny, en salles. Les personnages de Fabrice Luchini et Karin Viard, entre esprit bourgeois et belles idées. MOVE MOVIE militant des causes antiracistes dans les années 1980, puis chantre de la mondialisation heureuse dans la décennie suivante, semble avoir, peut-être momentanément, abandonné toute idée, non seulement de révolutionner l’art, mais de changer le monde lui-même. Anne Le Ny, à l’évidence fort consciente de cela, joue à merveille de ses acteurs, Karin Viard et Fabrice Luchini, pour faire THIBAULT GRABHERR VU PAR Anne Le Ny, réalisatrice « Un sujet traité avec liberté et distance » ➔ Vous abordez un sujet qui pourrait être grave, celui des sans-papiers, sur un mode plutôt humoristique… Anne Le Ny : En effet, j’ai voulu que ce film soit humain, plus que politique. Il s’agit d’abord des rapports de famille et de la sexualité des parents. La question de la sexualité d’un vieillard jointe à celle des sans-papiers aurait rapidement pu faire dériver le film vers quelque chose de glauque, de sordide. C’est un écueil que j’ai voulu éviter. Pour cela, j’ai voulu le traiter avec beaucoup de liberté et de distance, pour que cela ne pèse par sur le spectateur. Quelle est la part de votre expérience dans la situation familiale que vous mettez en scène ? A.L. N. : Il s’agit d’une famille très ouverte aux problèmes de société, plus que la moyenne, un peu comme l’est la mienne. Michel Aumont correspond tout à fait à mes père, grands-pères et oncles, qui étaient des gens très engagés. De même, ce qui lui arrive, cette tentation charnelle qui le saisit âgé, c’est aussi une histoire qui a eu lieu dans ma famille. J’ai donc voulu décrire le choc que constitue pour une famille entière l’irruption de cet amour de vieillard. Vous aimez un certain genre d’actrice, comme Karin Viard ou Emmanuelle Devos… A.L. N. : Ce sont des actrices que l’on sent proches des gens, à qui tout le monde peut s’identifier, et ça me plaît. venir au jour dans un Paris au réalisme confondant les caractères déchirés de ses personnages de la nouvelle comédie humaine qui n’ont rien à envier, tiraillés qu’ils sont entre leur esprit bourgeois congénital et leurs belles idées, aux héros balzaciens ou flaubertiens. Etendard d’un nouveau cinéma français, ces Invités de mon père troussent à merveille le portrait d’une époque.



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