Direct Soir n°710 26 fév 2010
Direct Soir n°710 26 fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°710 de 26 fév 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 18

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Salon de l'agriculture : la campagne à Paris

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 INTERVIEW CULTURE Anny Duperey, comédienne « Une réflexion sur la place de la femme » A la Comédie des Champs-Elysées, Michel Fagadau remonte « Colombe », de Jean Anouilh. Anny Duperey y incarne Madame Alexandra, une actrice sur le déclin. Anny Duperey dans le rôle de Madame Alexandra, entourée de Rufus et Sara Giraudeau. Quand avez-vous découvert Jean Anouilh ? Anny Duperey : Cela doit remonter au conservatoire. Je ne l’ai pas travaillé, mais d’autres étudiants autour de moi avaient étudié ses textes. Il y a vingt-cinq ans, j’ai joué La répétition ou L’amour puni avec Bernard Giraudeau et Pierre Arditi. Après cela, j’ai lu quelques-unes de ses pièces. Mais je n’ai découvert Colombe que lorsque Michel Fagadau m’a proposé le rôle. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette pièce ? A.D. : Colombe fait partie des pièces dites brillantes d’Anouilh. Je l’aime pour ce qu’elle raconte et pour cette vision impitoyable du monde. C’est aussi une réflexion sur la place de la femme. Cette pièce a été créée il y a cinquante ans. En quoi reste-elle moderne ? A.D. : Rien n’a changé. Ce sont deux manières d’envisager la vie qui s’affrontent. La pure et dure de Julien, qui nie la faiblesse humaine. Lorsqu’il dit à sa femme « tu n’aimeras rien de ce que tu aimes », c’est épouvantable. C’est de l’extrémisme. C’est comme s’il lui mettait une burqa sur la tête. De l’autre, il y a cette troupe de théâtre, qui prend la vie comme un tour de piste. L’homme est faible, et puis tant pis. Cet avilissement-là, aussi, reste très actuel. Vous partagez l’affiche avec votre fille Sara. Le saviez-vous dès le départ ? A.D. : Non. Il y avait deux projets sur cette pièce. L’autre metteur en scène n’a pas trouvé de théâtre et les deux projets ont fusionné. On ne cherchait ni l’une ni l’autre à travailler ensemble, mais quand l’occasion s’est présentée sur une pièce dans laquelle nous n’étions pas dans un rapport mère-fille, on ne pouvait pas refuser. Vous jouez Madame Alexandra, une actrice dure et fantasque. Qu’est-ce qui vous séduit dans ce personnage ? A.D. : J’aime bien ce monstre. Elle est insupportable, mais c’est aussi une mère nourricière. Tout le monde se sert d’elle. Je n’ai pas beaucoup de points communs avec elle. Mais j’ai, comme elle, l’impression d’avoir plus souvent été une femme soutien qu’une femme soutenue. Mais peut-être que je n’ai pas laissé une telle chose se produire. Les comédiens aiment jouer ce qu’ils ne sont pas dans la vie. Par exemple, je suis incapable de hurler, alors quand je peux le faire dans un rôle, c’est formidable. Vous avez joué Oscar et la dame rose pendant trois ans. Vous étiez seule sur scène. Comment vivez-vous ce retour à une troupe ? A.D. : C’est merveilleux. Tous les soirs, quand j’arrive au théâtre, je réalise quel bonheur c’est d’avoir des partenaires. On se parle, on aime être ensemble, on se donne des conseils. Je ne pouvais pas rêver mieux. Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? A.D. : Cette Madame Alexandra exige de l’énergie. J’ai un roman en cours, mais je ne peux pas écrire et jouer en même temps. Colombe, de Jean Anouilh, à la Comédie des Champs-Elysées, Paris 8 e (01 53 23 99 19). R. DELALANDE/SIPA DR SOIRÉE ÉVÉNEMENT Michael, éternelle étoile ➔ Pour célébrer la sortie en DVD du film Michael Jackson’s This Is It, le Virgin Megastore des Champs-Elysées (Paris 8 e) organise demain une soirée événement autour du roi de la pop. Au programme : la diffusion du clip We Are The World For Haïti, une série de flashmobs (rassemblement de danseurs amateurs et de fans) sur les clips Thriller, Beat It, un medley des Jackson Five, ainsi qu’un set de DJ Assad de Fun Radio autour des meilleurs morceaux de la star disparue. La soirée se conclura par la mise en vente, en avant-première à minuit tapante, du DVD sous une pluie de confettis rouge et argent. Michael Jackson’s This Is It, demain soir au Virgin Megastore des Champs-Elysées, Paris 8 e (www.virginmegastore.fr). ROMAN Tom Sharpe l’irrévérencieux ➔ Grand prix de l’humour noir pour l’ensemble de son œuvre en 1986, Tom Sharpe est reconnu depuis son roman Wilt (10/18) comme l’un des plus grands écrivains anglais contemporains. L’auteur satirique vient de publier son dernier roman, Le gang des mégères inapprivoisées, au moment où Omnibus s’apprête à rassembler quatre de ses truculents romans en un élégant volume. Le gang des mégères inapprivoisées, Belfond, 19 €. Cancres Ltd & Cie, 27 €, Omnibus (à paraître le 4 mars). EDITIONS BELFOND Directsoir N°710/Vendredi 26 février 2010 Abdelkrim Bahloul et Brigitte Mazères. THÉÂTRE Préjugé coupable ➔ Dramatis personae : un mort, deux suspects. Race !, pièce de l’avocat et criminologue belge Marc Helsmoortel, se présente comme une enquête policière. Sur la scène de la Comédie Saint-Michel, il reviendra à un jeune commissaire de mener les investigations. Mais qui de la veuve cantatrice de renom ou du jardinier Mohamedest coupable ? Madame accuse son homme à tout faire. Il est marocain. Adapté de fait réels, Race ! s’impose peu à peu en véritable plaidoyer antiraciste. Luttant contre les préjugés, le jeune commissaire tentera de faire la lumière sur ce crime sordide. Une pièce forte et engagée. Race !, les mardis et mercredis jusqu’au 30 juin, à la Comédie Saint- Michel, 95, boulevard Saint Michel, Paris 5 e (01 55 42 92 97). ALBUM Villeneuve, nouvelle mémoire ➔ Compositeur, arrangeur, producteur, collaborateur de M83 et Agoria, Benoît de Villeneuve a travaillé notamment avec Anaïs et Stéphane Eicher, composé la bande originale du film Le bal des actrices et réalisé l’album de Mélanie Pain (chanteuse du groupe Nouvelle Vague). Après un premier disque remarqué en 2005, First Date, il est de retour avec Dry Marks Of Memory. Un album épique, taillé dans une pop de chambre électro rock psyché virtuose. L’ensemble tutoie le sublime, en particulier lorsqu’il invite les voix de Liz Green et Nili (du groupe Lili Wood and the Prick) ou lorsqu’il projette l’auditeur à 300 km/h avec Death Race, dont on trouve un clip sur son MySpace. Dry Marks Of Memory, Villeneuve (Pias). En concert le 1 er avril à la Flèche d’Or, à Paris 20 e (www.myspace.com/villeneuvemusic).
www.directsoir.net INTERVIEW GOLDNER/SIPA Arnaud Marion, directeur artistique des pianos Pleyel « La sonorité Pleyel est indissociable de la musique de Chopin » A l’occasion du week-end musical « Bon anniversaire Monsieur Chopin », Arnaud Marion, directeur artistique du manufacteur Pleyel, revient sur Comment est née la marque Pleyel, associée à l’histoire du piano ? Arnaud Marion : C’est Ignace Pleyel (1757-1831), Viennois de naissance, qui est le véritable fondateur de la manufacture de pianos. Il était, de son temps, un musicien et compositeur reconnu, à la réputation égale à celle de Haydn, dont il était l’élève. Comme cela était courant à l’époque, il se lança dans la fabrication artisanale de pianos et fonda en 1809 une manufacture à son nom, à Paris, où il résidait. D’ou vient cette amitié entre Camille Pleyel, son fils, et Chopin ? A.M. : Camille Pleyel va développer l’entreprise de son père. Il part du principe que le meilleur agent commercial pour ses pianos est l’artiste lui-même. Il va créer des salles de concerts, qui sont alors des salons musicaux d’une cinquantaine de places, mais que le Paris artistique fréquente assidûment. C’est dans ce cadre-là que Frédéric Chopin va pour la première fois donner un concert à Paris, rue Cadet, le 26 février 1832. Camille Pleyel sait alors qu’il a trouvé un artiste de génie. Les deux hommes vont-ils alors collaborer ensemble ? A.M. : C’est avant tout la rencontre ➔ « Bon anniversaire Monsieur Chopin » est sans conteste l’un des points forts des célébrations du bicentenaire Chopin. Organisé ce weekend à Châteauroux et à Paris, il présente l’intégrale, dans l’ordre chronologique, des œuvres pour piano en solo du compositeur. Pas moins de soixante pianistes, entre espoirs et invités prestigieux (Anne Queffélec, Laurent Cabasso, Abdel Rahman el Bacha, Jean-Marc Luisada…) se relaieront lors de dix récitals, les aînés parrainant les jeunes pousses. Invités de marque, le lien particulier qui unit les pianos Pleyel et le génial compositeur polonais. DR entre un homme qui va devenir une marque et un artiste qui va devenir une référence. Chopin sera ainsi lié à Pleyel. Il décide de ne jouer et composer que sur ces pianos-là, y compris quand il « s’évade » de Paris avec sa compagne George Sand pour aller vivre à Nohan. Là-bas, il attendra l’arrivée de son Pleyel pour se remettre à la musique. C’est pour cela que la sonorité Pleyel a été très vite indissociable de la musique de Chopin. Qu’est-ce qui définit cette sonorité si particulière recherchée par Chopin, artiste romantique par excellence ? A.M. : Par les origines d’Ignace Pleyel, on disait à Paris que ces instruments étaient les plus viennois des pianos. Ils correspondaient à l’univers sonore de Chopin : un timbre cuivré, moelleux, dans l’harmonie, tout en nuances plutôt qu’en puissance. On disait qu’il fallait que l’artiste eût beaucoup de caractère pour faire « cracher » l’instrument. C’est une sonorité reconnaissable entre toutes. Pleyel, Une histoire tournée vers l’avenir. Arnaud Marion, Editions de La Martinière, 42 €. Brigitte Fossey et Pierre Arditi réciteront les plus beaux textes tirés de la relation passionnelle et féconde qui lia le pianiste polonais et l’écrivain George Sand. « Bon anniversaire Monsieur Chopin, demain », de 10h à minuit, Tarmac de Châteauroux, Le Tarmac, rue Eugène-Viollet-le-Duc, à Déols (0 890 710 15). Dimanche de 14 heures à 23 h 30. Salle Pleyel, 252, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris 7 e (0142561313 et www.bonanniversaire monsieurchopin.fr). CULTURE 7 ROMAN Un mariage consommé Jusqu’où peut-on aller par amour ? C’est la question extrême que pose Michèle Reiser dans un roman court et intense dont personne ne peut sortir indemne. ➔ Jésus, dit « Chus », est un homme jeune, plein de vie et d’esprit. Chirurgien, il vit au rythme des urgences pour prélever sur des morts les précieux organes qui sauveront des vies. Mais un cancer virulent hypothèque son destin. Non sans dilettantisme, presque par jeu, il demande à Victoire, sa campagne, la preuve d’amour ultime. Une demande a priori insurmontable qu’elle fera tout pour satisfaire. « C’est un texte de l’extrême », explique Michèle Reiser qui a longtemps mûri ce roman avant de le coucher d’un trait sur le papier. « Un livre bouleversant à écrire », précise cette philosophe qui croit que par-delà la mort, « on porte éternellement en soi ceux que l’on a aimés ». Eros et Thanatos. L’amour et la mort. Paradoxe et grandeur de la condition humaine, la tragédie est bien souvent indispensable à la pleine expression de la beauté et de l’amour. ALBIN MICHEL C’est cette dualité éternelle qu’explore à son tour la romancière avec une grande intensité et une superbe délicatesse. Jusqu’au bout du festin, Michèle Reiser, Albin Michel, 14 €.



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