Direct Soir n°657 3 déc 2009
Direct Soir n°657 3 déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°657 de 3 déc 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : Paranormal activity effroyables !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Les foyers français, calfeutrés chez eux à l’approche du grand froid, vont-ils connaître les mêmes insomnies que leurs cousins américains, déjà happés par le nouveau phénomène de l’horreur, Paranormal Activity ? Il leur sera en tout cas difficile d’échapper à l’impressionnante vague promotionnelle qui exploite tous les canaux modernes de diffusion, et qui a déjà assuré le succès d’un film que le destin aurait tout aussi bien pu laisser dans les cartons. Le réalisateur Oren Peli, ancien concepteur de programmes de jeux vidéo, aura en effet lutté pendant près de trois EN COUVERTURE La nuit, Katie (Katie Featherston) voit ses angoisses réapparaître. « PARANORMAL ACTIVITY » LE MARKETING DE LA PEUR Comment faire d’un film d’horreur, tourné à domicile avec des bouts de ficelle, un succès à faire pâlir de jalousie toutes les grosses productions du septième art ? En jouant sur la peur inconsciente du monde nocturne, et en misant sur une promotion ne laissant rien au hasard. Plongée dans un phénomène planétaire. « PLUS DE 100 MILLIONS DE DOLLARS DE RECETTE À LA CLEF » Le film La maison de l’angoisse ➔ Katie, conceptrice de bijoux, et Micah, trader fan d’informatique, sont un jeune couple on ne peut plus normal, et auquel tout un chacun peut s’identifier. Leur pavillon de banlieue chèrement acquis est la base d’un bonheur que rien ne devrait entraver, pas même les quelques bruits dérangeants qui émaillent leurs nuits. Quand ces manifestations nocturnes se font plus présentes, tout comme l’angoisse de Katie, dont certains souvenirs ans pour que son projet trouve enfin grâce aux yeux des distributeurs américains. ÉCONOMIE DE MOYENS Véritable clone du Projet Blair Witch dans sa conception, ce film au budget microscopique (près de 15000 dollars pris sur les économies du réalisateur), qui joue sur la peur ancestrale de la nuit, et le sentiment de vulnérabilité qui en découle, a joué à fond la carte du bouche-à-oreille moderne : Facebook et Twitter en tête. Première étape : dans une atmosphère, dont le secret était savamment cultivé par les professionnels du marketing, les de jeunesse refont alors surface, Micah décide d’utiliser sa caméra, pour rassurer sa compagne, mais aussi pour traquer l’origine de ces bruits. Le spectateur devient alors voyeur, de l’activité paranormal nocturne, mais aussi du couple qui se délite, irrémédiablement, à mesure que la maison, havre de paix espéré, se transforme en huis clos infernal. Paranormal Activity, d’Oren Peli, en salles. spectateurs étaient invités, lors de rares projections tests, à livrer sur les forums internet leurs impressions et à faire part de leur souhait de voir ce film distribué sur tout le territoire américain. C’est ainsi qu’est né le buzz initial. Grâce à l’acharnement de la production, les premiers échos commençaient à résonner aux oreilles des distributeurs. Deuxième étape : la caution. Elle est apportée par Steven Spielberg en personne. Le fondateur des studios Dreamworks – « les usines à rêves » (ou à cauchemars en l’occurrence ?) – achète les droits du film. Mais, info ou intox, le père d’E.T. aurait été témoin d’un « phénomène paranormal » lors du visionnage du film, chez lui, et aurait alors Directsoir N°657/Jeudi 3 décembre 2009 WILD BUNCH WILD BUNCH SUCCESS STORY Surfer sur le buzz ➔ Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ! Le réalisateur Oren Peli, surfant sur le succès international de Paranormal Activity, a déjà son prochain long métrage dans les cartons. S’il a voulu garder secret la teneur de ce projet, Area 51, lors de sa venue en France pour la tournée promotionnelle, on sait déjà qu’il reprendra certains ingrédients de la recette qui a fait le succès de Paranormal Activity. A savoir un casting d’inconnus (Reid Warner, Darrin Bragg, Ben Rovner), et un traitement fondé sur le principe des images trouvées ou volées. L’action se situera dans la célèbre base américaine 51, en Alaska, dans laquelle trois adolescents vont s’infiltrer. C’est à nouveau la Paramount qui distribuera ce film outre-Atlantique, rassurée par le succès de film. Ce dernier fera d’ailleurs l’objet d’une suite, tournée là encore par l’hyperactif Oren Peli. jeté le film à la poubelle, terrorisé. Prévue dans une dizaine de salles lors de sa sortie américaine le 25 septembre dernier, la diffusion passera à… 2250 salles, permettant de battre des records de recettes, avec plus de 100 millions de dollars de recette à la clef. Les recettes du succès dévoilées, reste à savoir si le public européen succombera aussi facilement à cette « horreur organisée », le film étant montré, comme tous les blockbusters, dans plus de 600 salles. DATES CLÉS 1 MILLION de demandes sur Internet ont été déposées par les fans américains pour que le film, prévu dans quelques salles, soit diffusé sur tout le territoire. 77873 DE DOLLARS de recettes en un seul week-end, pour une diffusion sur douze écrans, c’est le record obtenu par le film lors de son lancement. 2006 c’est l’année du tournage du film par Oren Peli. Ce dernier aura donc passé trois ans à patienter avant de pouvoir trouver un distributeur. Une patience dont il est à présent récompensé.
www.directsoir.net FOCUS L’horreur à la française s’exporte bien Le film d’horreur, genre plutôt déconsidéré dans l’Hexagone, est souvent l’occasion pour les jeunes réalisateurs français de faire leurs premières armes dans un long métrage, de l’autre côté de l’Atlantique. En France, 1% seulement des films produits en moyenne sont des films d’horreur. La raison est simple : les télévisions, qui fournissent une grosse part des financements de longs métrages, savent qu’ils ne pourront exploiter ces films dans les créneaux porteurs du prime time, leur violence les reléguant à des horaires moins rentables. Difficile alors pour un réalisateur débutant, qui souhaiterait obtenir un budget pour son film, d’échapper aux sacrosaintes comédies à la française et autres films fédérateurs, pour lesquels on fait d’ailleurs le plus souvent appel à des noms, Jessica Alba, dans The Eye. PLUSIEURS GENRES DR DR INTERFOTO USA/SIPA LILO/SIPA Paula Patton, Alexandre Aja et Kiefer Sutherland (de g. à d.). au casting comme à la réalisation. C’est donc aux Etats-Unis qu’il leur faut trouver une terre d’asile, et le phénomène commence à se transformer en véritable filon, côté français. CONTRAINTES ACCEPTÉES, SUCCÈS ASSURÉ ? Alexandre Aja peut être considéré comme le fer de lance de ce mouvement. Ses deux films hollywoodiens, La colline a des yeux (2006), remake du classique de Wes Craven, et Mirrors (2008), avec la star Kiefer Sutherland, ont connu un réel succès, lui donnant toujours plus de crédit. De leur côté, Xavier Palud et David Moreau ont su produire et réaliser le film Le documentaire horrifique ➔ Paranormal Activity rentre indubitablement dans cette catégorie, celle du témoignage ou du documentaire, présenté aux spectateurs comme tels. Ce genre, plutôt que de miser sur la surenchère d’images violentes et d’hémoglobine, joue sur l’apparence du réel pour renforcer l’effet émotionnel. Le modèle du genre reste bien évidemment Le projet Blair Witch, sorti en 1999. Le film de zombies ➔ Genre devenu célèbre par l’entremise de George A. Romero et son film La nuit des morts-vivants (1970), il a connu un véritable retour sur le devant de la scène depuis les années 2000. Alors que, dans les années 1970, la critique sociale et politique affleurait dans le scénario, les récents opus du genre se contentent, non sans talent, de renforcer l’action et les scènes terrifiantes, comme dans La maison des 1000 morts (2003), L’armée des morts (2004) ou encore Shaun of the Dead (2005). DR EN COUVERTURE 7 The Eye (2008) par Hollywood. Si la créativité est souvent l’argument avancé par les producteurs américains, ils sont surtout impressionnés par la capacité des réalisateurs français à susciter l’émotion avec très peu de moyens. Seule contrainte de taille : respecter les cahiers des charges, qui sont aussi nombreux qu’il peut y avoir de producteurs, assistants, chefs opérateurs, etc. Mathieu Kassovitz, qui a persévéré avec les producteurs américains, ne gardera pas de bons souvenirs du tournage de Gothika (2004), éreinté par le nombre de compromis à accepter. Et dans ces situations, difficile alors de retrouver un financement et une chance de s’exprimer. Le film extrême ➔ Dernier-né du sous-genre des films d’horreur, le film de torture en est aussi le plus controversé – ses plus célèbres représentants comptant autant de détracteurs que de fans. La série Saw, qui en est maintenant à son sixième épisode, en est le parfait exemple, tout comme les films Hostel (2006) ou encore Martyrs (2008). Véritable phénomène qui a déferlé sur nos écrans il y a près de cinq ans, cette vague semble déjà à bout de souffle, l’accumulation de violence – jusqu’à la nausée – ne masquant pas la pauvreté des scénarios. MERIADECK/DIRECT 8 VU PAR Marc Menant, journaliste, écrivain*. « Les peurs nous coupent de toute raison » DR Pourquoi le paranormal est-il associé au mal ? De tout temps, les hommes ont vu dans les furies de la nature l’intervention de forces obscures qui cherchaient à les punir. Dans l’espoir d’obtenir une conciliation, ils inventèrent les offrandes et autres sacrifices. L’apparition des religions monothéistes et la révélation de Dieu ravalèrent tout cela à d’abjectes superstitions imputées à Satan et donc au Mal. Qu’est-ce qu’une peur ancestrale ? Ce sont les peurs primitives, héritage de nos lointains ancêtres. Imprégnées dans les strates les plus profondes de notre cerveau, elles nous coupent de toute raison et nous condamnent à une action instinctive. L’obscurité, les espaces inconnus, la solitude, tout ce qui évoque les phénomènes étranges favorisent leur déclenchement. Le paranormal est-il normal ? Ma réponse, le titre de notre livre : Bien réel le surnaturel et pourtant… Avec Serge Tribolet, psychiatre, nous montrons que les phénomènes inexplicables pour la science existent bel et bien. Qui peut nier la réalité de « l’effet placebo », ce véritable miracle laïc ? Les tables tournantes, avec entre autres, les expériences de Victor Hugo, Honoré de Balzac, Alexandre Dumas ? De même l’écriture automatique que certains attribuent aux esprits, alors que les surréalistes l’estimaient, eux, pure inspiration, et Freud manifestation de l’inconscient. Et que penser des perceptions de patients déclarés en mort clinique ? A n’en pas douter, l’homme est doté de facultés que les tenants de la raison préfèrent réfuter a priori, par peur de l’obscurantisme qui aliène aux superstitions et fait le lit des sectes. * Bien réel le surnaturel et pourtant… Marc Menant et Serge Tribolet, Editions Alphée, Jean-Paul Bertrand, 19,90 €.



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