Direct Soir n°644 16 nov 2009
Direct Soir n°644 16 nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°644 de 16 nov 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : « Twilight » tous mordus !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE « TWILIGHT » NOS VAMPIRES BIEN-AIMÉS Des millions de lecteurs et d’exemplaires vendus de par le monde : « Twilight » n’a pas fini de faire parler de lui. Retour sur ce phénomène littéraire à l’occasion de la sortie au cinéma du deuxième volet tant attendu par les fans. « Un vampire avouait à la jeune fille dont il était amoureux qu’il se retenait pour ne pas la tuer. » Voici la phrase que Stephenie Meyer a entendue une nuit dans ses rêves et qui a donné vie à la saga Twilight. Mère au foyer habitant Phoenix, en Arizona, de confession mormone, Stephenie Meyer n’était pas prédisposée à devenir romancière. Après avoir fait ce songe peuplé de créatures étranges, LE FILM en 2003, elle décide d’en écrire l’histoire. Trois mois plus tard naît ce qui va devenir un véritable phénomène éditorial. Le premier tome de la tétralogie Twilight sort aux Etats-Unis en 2005. Le succès est immédiat. Depuis, le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur. Comparée à J.-K. Rowling (auteur des aventures de Harry Potter), l’écrivain affiche plus de 42 millions d’exemplaires vendus dans UN OPUS DÉLICIEUSEMENT ROMANESQUE ➔ C’est à n’en pas douter le film le plus attendu de l’année par les adolescents. Twilight, chapitre 2 : Tentation sera sur les écrans mercredi. Côté scénario, les fans de la saga ne devraient pas être trop surpris, puisqu’ils ont sans doute déjà lu les quatre tomes écrits par Stephenie Meyer. Pour les autres, grosse déception en perspective, puisque le séduisant Robert Pattinson n’apparaît qu’au début et à la fin du film. C’est une véritable tragédie sentimentale qui ouvre le livre 2. Edward Cullen (Robert Pattinson), le SND FILMS vampire amoureux, décide de quitter la ravissante Bella Swan (Kristen Stewart), humaine de son état, pour la protéger. « Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n’avais jamais existé », lui assène-t-il au beau milieu de la forêt. La jeune fille, dévastée, sombre alors dans une terrible dépression. Seul Jacob (Taylor Lautner), son ami d’enfance, parvient à lui redonner – parfois – la joie de vivre. Passé 15 ans, le spectateur aura du mal à ne pas sourire devant certaines scènes. le monde entier, dont 2,6 millions en France. Twilight raconte une histoire d’amour impossible entre Edward, un vampire, et Bella, une lycéenne. Ce qui fait la force de ce récit, ce n’est pas seulement qu’il comporte une dimension mythologique ou fantastique (on y croise des loups-garous et des vampires), qui a eu, de tout temps, son public, c’est qu’il emprunte aussi aux codes des teenmovies américains. Sorte de Roméo et Juliette moderne, Twilight est aussi une grande histoire d’amour. Les adolescents, cible première de la série, peuvent facilement s’identifier aux personnages, notamment à celui de l’héroïne, qui tombe amoureuse d’un être impressionnant car inaccessible. UNE EXPÉRIENCE INOUÏE Si le livre surfe sur une tendance amorcée avec l’ouvrage d’Anne Rice, Entretien avec un vampire (1976), le film Dracula, de Coppola (1992), ou encore la série Buffy contre les vampires, la figure du vampire présentée dans les ouvrages de Stephenie Meyer incarne un nouvel Clichés et phrases nigaudes jalonnent en effet le film. Malgré tout, les cent vingt et une minutes passent comme un éclair. Bien ficelée et délicieusement romanesque, cette adaptation du tome2 réalisé par Chris Weitz (Pour un garçon, A la croisée des mondes) reste fidèle au texte et devrait attirer autant de monde, sinon plus, dans les salles obscures. Twilight, chapitre 2 : Tentation, de Chris Weitz, en salles mercredi. Directsoir N°644/Lundi 16 novembre 2009 « LE FILM ENGENDRE DE NOUVEAUX ADEPTES DES ROMANS » Les épisodes de la série créée par Stephenie Meyer se sont vendus à plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde. idéal. Le vampire y est devenu « végétarien ». Il ne boit plus le sang des humains, mais seulement celui des animaux, il est intégré à la vie de la cité, va au lycée, possède des valeurs morales puissantes… Surtout, il est séduisant et sexy. Ce n’est pourtant pas la seule caractéristique expliquant le succès de la franchise. Interrogés sur leur passion pour cette histoire, les fans répondent volontiers que la lecture de Twilight relève d’une expérience inédite. Et qu’il est bien souvent douloureux de quitter son univers et de s’extraire de ses pages. C’est pour cela que certains avouent même avoir relu quelques tomes près de huit ou dix fois. Mais ce succès de librairie n’aurait pas pris une dimension planétaire si l’idée de le porter à l’écran ne s’était fait jour. Sorti en novembre 2008 aux Etats-Unis, le film a engrangé près de 70 millions de dollars de recette le premier week-end d’exploitation, atteignant jusqu’à 350 millions de dollars dans le monde. En France, le premier volet a conquis près de 2 millions de spectateurs. Porté par de jeunes acteurs prometteurs – Kristen Stewart et Robert Pattinson sont devenus des sex-symbols en quelques mois – et une mise en scène fidèle à l’univers créé par Stephenie Meyer, Twilight – chapitre1 : Fascination a reboosté d’emblée les ventes des livres, créant ainsi une relation connexe entre les ventes de livres et le nombre d’entrées au box-office. Attirant même le public masculin par sa dimension fantasy et action, le film engendre de nouveaux adeptes des romans. Les garçons se mettent eux aussi à acheter les ouvrages après avoir vu le film. Le lectorat initial –une population jeune et en majorité féminine– s’ouvre dorénavant aux jeunes femmes qui sont, elles aussi, à l’origine de forums et de blogs sur Internet. Car Twilight ne serait rien sans ses fans. A l’origine d’un effet boule de neige et de plus de 100 millions de pages référencées dans Google, ils sont les premiers à faire que cette franchise intéresse autant les médias.
www.directsoir.net Helen Chandler et Bela Lugosi, dans Dracula d’Ed Wood (1931). Les séries culte HISTOIRE D’IMAGES Du sang neuf pour la nouvelle génération ➔ Les vampires n’ont pas toujours été jeunes, beaux, proprets et idolâtrés par les jeunes femmes du monde entier : souvenez-vous du Dracula de Bram Stoker (écrit en 1897), à l’haleine fétide et à la literie morbide, ou du vieux Nosferatu chauve et horrifiant imaginé par Murnau en 1922. Cette cure de jouvence a probablement débuté avec la série d’Anne Rice, Chroniques des vampires (1976), devenue célèbre grâce à l’adaptation cinématographique de Neil Jordan, portée par Brad Pitt et Tom Cruise (Entretien avec un vampire). Aujourd’hui, le vampire est certes immortel, mais ne boit plus le sang humain (dans Twilight) et vit au sein de la société. Avec ces vampires new age, l’enjeu de ces histoires n’est donc plus de INTERVISTA « Buffy contre les vampires » Avec sept saisons et 144 épisodes diffusés sur M6 de 1998 à 2003, la série télévisée créée par Joss Whedon amorce le regain d’intérêt pour la figure du vampire. ALBIN MICHEL MICHEL LAFON PROD DB/UNIVERSAL/DR En même temps que la sortie de Twilight au cinéma, (re)fleurit toute une littérature sang pour sang vampirique, appelée « bit-lit » (littérature de vampire). Petit tour d’horizon des principaux ouvrages de l’automne. « Dracula l’immortel » Dacre Stoker, arrière-petit-neveu de Bram, s’est penché sur les notes laissées par le « True Blood » En trois saisons et vingt-quatre épisodes, la nouvelle série signée Alan Ball (créateur de Six Feet Under), diffusée sur HBO, a déjà trouvé son public. Comme dans Twilight, les vampires peuvent vivre aux côtés des humains. DUPUIS susciter l’effroi, mais de séduire les jeunes filles par ces récits à l’eau de rose, avec des jeunes gens à la morale plutôt bien-pensante. Ces nouveaux héros semblent également refléter une société en proie à la peur du vieillissement et de la dégradation physique. père de Dracula. Associé à l’historien Ian Holt, le descendant de l’écrivain a enfin pu en écrire la suite officielle, qui débute à Londres près de vingt-cinq ans après la « mort » de Dracula. Une adaptation est d’ores et déjà programmée sur grand écran en 2011. Dracula, l’immortel, de Dacre Stoker et Ian Holt, Michel Lafon, 22,95 €. « Lestat le vampire » Adapté au cinéma par Neil Jordan, Entre - tien avec un vampire d’Anne Rice ne se trouve hélas aujourd’hui plus que chez les collectionneurs. Les éditions Albin Michel ont eu la bonne idée de rééditer sa suite : Lestat, le vampire, roman vertigineux, emmenant le lecteur de San Fran - cisco à une Alexandrie mythique, en passant par la Venise du XV e siècle. Lestat le vampire, Anne Rice, Albin Michel, 20 €. EN COUVERTURE 7 De Nosferatu (en haut) à Tom Cruise (ci-dessus), les vampires ont bien évolué... « The Vampire Diaries » Dernière débarquée sur les écrans avec une diffusion débutée en septembre aux Etats-Unis, la série imaginée par Kevin Williamson, scénariste des films Scream et Souviens-toi l’été dernier, dévoile elle aussi la vie de jeunes vampires. Une sélection à dévorer « Vampyres, sable noir » A l’origine, il y a six romans écrits par six grands noms du fantastique ou du roman noir (dont Pierre Pelot, le regretté Thierry Jonquet ou AnnScott). Six équipes d’auteurs de BD se sont alors emparées de ces récits pour livrer leurs propres versions. Le résultat ? Deux volumes hallucinatoires et terrifiants signés par des auteurs aussi brillants que Dave McKean (Batman : Arkham Asylum) ou Alcante (Pandora Box). Vampyres, sable noir - tomes 1 et 2, collectif, Dupuis, 16 € chacun. « Sanguine » Dans la lignée de la saga Twilight, Sanguine a déjà conquis les jeunes Américaines. Thriller gothique réservé aux adolescentes, Sanguine applique la recette « bit-lit » : vampires, loups-garous, histoire d’amour et dangers à braver… Sanguine, Cynthia Leitich Smith, Intervista, 16,50 €. PROD DB/GEFFEN PICTURES/DR PROD DB/PRANA-FILM/DR VU PAR KATHERINE QUÉNOT, auteur de L’encyclopédie amoureuse des vampires (Hoëbeke) « La littérature s’empare d’un mythe quand les hommes n’y croient plus » HOËBECKE Pourquoi le vampire fascine-t-il tant ? Les histoires de vampire parlent essentiellement d’amour et de mort. Les adolescents se posent beaucoup de questions sur la mort, alors que les adultes ont tendance à recouvrir cette idée de choses concrètes pour ne pas y penser. Par ailleurs, le vampire représente un danger extérieur, il est un coupable idéal. Mais s’il revient à la mode chez les adolescents, c’est aussi, selon moi, parce qu’il représente le côté concret du monde, comprenant les notions de sensualité et de nature, dans un univers souvent régi par le virtuel, Internet en tête. La figure du vampire a beaucoup évolué à travers le temps. Comment l’expliquez-vous ? Dans l’Antiquité existaient déjà des démons suceurs de sang. Mais la figure du vampire est surtout liée au moment où l’on a commencé à enterrer les morts, avec la crainte de leur mécontentement. D’où l’idée de faire des sacrifices, puis de fleurir les tombes. Au début du XVIII e siècle, alors que les bûchers de sorcières s’éteignaient à peine, la figure du diable survivait : il a donc pris cette fois la forme du vampire. Enfin, je pense que la littérature s’empare souvent d’un mythe quand les hommes commencent à ne plus y croire. Le vampire existe dans toutes les cultures. Représente-t-il quelque chose d’ordre moral ? Freud parle beaucoup des pulsions de mort et d’amour, selon lui souveraines, éternelles et très liées. Le vampirisme relève de cela et donc aussi du plaisir sadomasochiste.



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