Direct Soir n°614 1er oct 2009
Direct Soir n°614 1er oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°614 de 1er oct 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : JO 2016... suspense maximal.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 Jean-Luc Choplin. CULTURE Quel est le fil directeur de cette saison ? Jean-Luc Choplin : J’ai voulu proposer au public une « promenade » sur Broadway, un concentré de New York. Un Broadway classique comme pour le grand cycle Gustav Mahler, avec Daniele Gatti, qui fait découvrir Carnegie Hall. Mais aussi, en ces temps d’obamania, le Broadway idéal, rêvé, celui qui a permis à Scott Joplin, compositeur de jazz, de créer, en 1911, le premier opéra afro-américain de l’histoire, Treemonisha. Dans la même veine, nous ferons découvrir La mélodie du bonheur, jamais jouée en France, qui ouvre des ponts vers le cinéma, avec Kristin Scott Thomas, Lambert Wilson ou encore Leslie Caron. Et pour le répertoire plus « classique » ? J’ai souhaité proposer une vue originale du plus célèbre compositeur classique, Mozart. La version de La flûte enchantée par l’opéra de Montpellier offre une vision poétique de l’œuvre, proche d’un conte pour enfants, idéale pour la famille, très loin de la visionésotérique que l’on peut en avoir. Mais, surtout, il se trouve que cette légende de la flûte et de l’oiseleur est aussi un conte sud-africain. L’Isango Portobello AU PROGRAMME CET AUTOMNE « LA FLÛTE ENCHANTÉE » Le chef-d’œuvre de Mozart est présenté dans une double version. L’originale, produite par l’opéra de Montpellier et mise en scène par Jean-Paul Scarpitta, accentue l’univers féerique de ce conte. Suivra la surprenante version africaine, Impempe Yomlingo, née à Cape Town et jouée par l’Isango Portobello Company. Fidèle à la partition de Mozart, cette réinterprétation mêle marimbas, percussions et chœurs africains. Pour sa quatrième saison à la tête du théâtre du Châtelet, Jean-Luc Choplin propose à nouveau une programmation éclectique et grand public, mêlant productions originales, invités prestigieux et spectacles universels. Une recette qui a permis au Châtelet de se faire une place à part, en attirant un public venu du jazz, de la pop ou du classique. Company, de Cape Town, viendra ainsi présenter sa version, basée sur le même livret, mais avec des marimbas, des percussions et des chœurs africains. C’est, je l’espère, représentatif de cet « esprit Châtelet ». Suivez-vous un objectif particulier depuis votre arrivée ? Il a toujours été question de réconcilier le théâtre du Châtelet avec l’idée que les gens peuvent s’en faire : populaire, sophistiqué et tourné vers l’international, ancré dans le XXI e siècle, dans la société. Lorsque l’on propose un opéra du Sahel, comme en 2007, on aborde par exemple les problématiques de l’immigration. Il est difficile d’attirer et de renouveler le public si l’on se contente de proposer toujours le même répertoire de grands classiques. Plus la programmation est originale, plus le public sera tenté par l’expérience, surtout si rareté ne signifie pas élitisme. Cette volonté d’ouverture est partagée par de nombreuses autres scènes françaises. Est-ce un mouvement général d’ouverture vers le grand public ? Je pense que le monde change, tout simplement. Nous ne sommes plus dans cette DR/THÉÂTRE DU CHÂTELET INTERVIEW culture centrée uniquement sur l’Europe, et le public lui-même est devenu nomade. Nous sommes définitivement une civilisation urbaine, et l’une des fonctions du théâtre, lieu privilégié de cette culture citadine, est de rendre compte de cette mondialisation et de ses différentes influences, qu’elles soient asiatiques, américaines ou africaines. Les artistes prestigieux venus du monde entier ont enfin droit de cité dans les plus grandes capitales. Quel bilan tirez-vous de vos trois premières années ? N’oublions pas que le Châtelet est un opéra de la ville de Paris. Je veux en faire la tour Eiffel culturelle, qui rayonne en dehors de nos frontières, comme il l’était il y a 100 ans en invitant les ballets russes de Diaghilev. Pour l’instant, le public répond présent, puisque nous sommes passés de 180000 à 308000 spectateurs en trois ans. Surtout, 70% d’entre eux l’an dernier étaient des nouveaux venus. Une de mes plus grandes surprises a été d’accueillir l’année dernière des Eurostar entiers de jeunes Anglais venus voir Damon Albarnpour son opéra Monkey : Journey to the West. Directsoir N°614/Jeudi 1er octobre 2009 « Une soif de nouveautés » La flûte enchantée, ce soir et les 3 et 4 octobre, puis Impempe Yomlingo, du 8 au 18 octobre. « SOWETO GOSPEL CHOIR » Cette compagnie, récompensée en 2007 par un Grammy Award, offre un concentré authentique de l’art vocal sudafricain, mêlant gospel songs et chants et rythmes traditionnels. Une danse énergique et expressive, et des costumes éclatants aux couleurs vives. Jean-Luc Choplin, directeur du théâtre du Châtelet PIERRE & GILLES Soweto Gospel Choir, du 4 au 9 novembre, deux représentations le week-end. « LA MÉLODIE DU BONHEUR » Cette comédie musicale, composée pour Broadway en 1959 par Richard Rodgers sur des paroles d’Oscar Hammerstein II, évoque la résistance et l’exil d’une famille allemande sous le nazisme. Une gouvernante débarque dans la famille d’un militaire autrichien, veuf et père de « FAIRE DU THÉÂTRE DU CHÂTELET LA TOUR EIFFEL CULTURELLE » Comment expliquez-vous ce succès ? Je crois que, pour les jeunes générations, il y a une soif de nouveautés, de découvrir les œuvres plus anciennes mais avec un regard neuf. Et surtout, ils ne cloisonnent plus la culture comme nous pouvions le faire. Il n’y a plus de frontières entre cultures élitiste et populaire, simplement une curiosité nouvelle, une envie de partager. On sort peu à peu de notre individualisme consumériste. Entre les cours de musique proposés aux enfants, les nuits de l’improvisation, les leçons de musique de Jean-François Zygel ou les concerts du dimanche matin, le Châtelet devient petit à petit un lieu de vie culturelle qui échappe à la simple sortie du soir pour un public déterminé. Finalement, ce que je souhaite le plus, c’est que le public puisse dire qu’il se passe toujours quelque chose au Châtelet, qu’on est sûr d’y avoir une surprise ! Théâtre du Châtelet, 2, rue Edouard-Colonne, Paris 1er (0140282800 ou www.chatelet-theatre.com). sept enfants. Ses méthodes d’éducation, musicales et artistiques, transformeront la famille à jamais, prise dans le tourbillon de la guerre. Longtemps, The Sound Of Music a été le plus grand succès britannique pour un spectacle musical. Un plébiscite qui ne s’est jamais démenti, pour une pièce jamais montée dans l’Hexagone. Une bonne occasion de découvrir la comédie musicale à son sommet, mélange subtil de divertissement et de conscience sociale. La mélodie du bonheur, du 6 décembre au 3 janvier 2010.
www.directsoir.net ROMANS En quête de liberté Céline Curiol revient avec « Exil intermédiaire ». Antonio Caballero signe « Un mal sans remède », un ouvrage salué par le grand écrivain Gabriel Garcia Marquez. ➔ Après Voix sans issue et Permission, Céline Curiol publie son troisième roman. Elle y dresse le portait de deux femmes au bord de la rupture. L’une décide de quitter son mari, avec qui elle partage sa vie depuis de nombreuses années. L’autre s’envole vers les Etats-Unis, laissant son époux plongé dans le coma, à Paris. Un week-end salvateur à New York permettra à chacune de porter un autre regard sur sa vie. Exil intermédiaire, Céline Curiol, Actes Sud, 21,90 €. LIVRE Fantastique, quand tu nous tiens ! JEAN-CLAUDE GAWSEWITCH ➔ Premier d’une série de quatre tomes, L’été mutant relate les aventures de Jack Spark, un adolescent victime d’insomnies. Forcé de se soigner, il est envoyé dans un camp dirigé par Krampus, un docteur aux méthodes douteuses. Au milieu de pensionnaires kleptomanes, hypocondriaques ou suicidaires, Jack n’est pas au bout de ses surprises. Les cauchemars s’intensifient, le laissant en proie à de terribles doutes. Après les vampires de Twilight, voici les mutants de Victor Dixen, au charme tout aussi redoutable. Le cas Jack Spark, saison 1 : Eté mutant, Victor Dixen, Jean-Claude Gawsewitch, 21 €. BELFOND ➔ Fils de bonne famille, Ignacio Escobar, 31 ans, rêve d’écrire. Sourd au désir d’enfant de sa femme, Fina, il se retrouve seul après une dispute. Refusant de s’engager auprès de ses compagnons lénino-trotskistes, Ignacio décide de devenir poète. Commence dès lors une errance dans le Bogota des années 1960. Un mal sans remède, Antonio Caballero, Belfond, 23 €. CD Ali Campbell : un bon cru ➔ La voix d’UB40, formation de reggae internationalement connue et dépositaire, entre autres, des tubes Red Red Wine et I Got you Babe, poursuit sa carrière en marge du groupe. Sorti hier, le troisième album solo d’Ali Campbell, Flying High, révèle douze titres flamboyants. Entre compositions originales et reprises, comme Out From Under de Britney Spears, le chanteur offre en prime quelques collaborations intéressantes, puisque l’on retrouve sur cet opus Craig David ou encore Shaggy. Flying High, Ali Campbell, Naïve. DR GIRAUDON/THE BRIDGEMAN ART LIBRARY EXPOSITION Un Flamand à Chantilly Portrait de Jacqueline van Caestre, Antoon Van Dyck. ➔ Il y a 410 ans naissait le plus célèbre portraitiste flamand du XVII e siècle. Mis à l’honneur au musée Jacquemart-André en 2008, Antoon Van Dyck bénéficie cette saison d’une exposition au domaine de Chantilly. Ses plus grands portraits, notamment ceux de Gaston d’Orléans, de Jacqueline van Caestre, du comte Hendrik van den Bergh, sont ainsi rassemblés dans l’idée de montrer la virtuosité de celui qui fut le premier assistant de Rubens. Plusieurs gravures et dessins viennent compléter cette rétrospective couvrant les années 1628-1635. Antoon Van Dyck (1599-1641), jusqu’au 4 janvier 2010, domaine de Chantilly (0344273180). www.domainedechantilly.com CULTURE 13 ALBUM D’une pierre, deux coups ➔ C’est en enregistrant l’album Alopecia, en 2008, que le groupe Why ? a, dans la foulée, donné naissance à l’opus suivant, Eskimo Snow. La maison de disques affirme que ce CD est « le complément folk psyché infusé de pop » de l’autre. Et si la tournure semble alambiquée aux néophytes, il y a dans ces deux albums une complémentarité évidente. Après le mix hip-hop électro, le groupe revient à des compositions plus acoustiques. Les dix titres d’Eskimo Snow sont autant de ballades pop qui ne sont pas sans rappeler certaines compositions d’Adam Green. Eskimo Snow, Why ? Tomlab/Differ-ant. DR



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