Direct Soir n°561 3 jun 2009
Direct Soir n°561 3 jun 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°561 de 3 jun 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Terminator : le retour d'une légende

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 CINÉMA LE RETOUR DES TERMINATOR Quatrième volet et début d’une nouvelle trilogie de la saga, « Terminator renaissance », plonge le spectateur au cœur de la guerre que le super-ordinateur Skynet mène contre l’humanité. Un monde où les machines ont pris le pouvoir… Confié au réalisateur McG (Charlie’s Angels 2-Les anges se déchaînent, Charlie et ses drôles de dames) pour ressusciter la franchise lancée par James Cameron, Terminator renaissance prend des allures de prologue. L’histoire reprend en 2018 après le jour du Jugement dernier, dans un mode post-apocalyptique aux allures de Mad Max. On y retrouve John Connor (Christian Bale) en chef charismatique de la Résistance, au moment où il entreprend une attaque de la base de Skynet pour libérer les humains qui y sont emprisonnés. Tant attendue par les fans de la saga, la guerre contre les machines est enfin dévoilée, même s’il faudra attendre les prochains volets pour voir un champ de bataille gorgé de robots tueurs tirant à tout-va. Ce quatrième chapitre multiplie les clins d’œil aux épisodes précédents (un petit coucou de Schwarzenegger, du hard rock en bande-son) dans un déchaînement de scènes d’action impressionnantes. En bref, les 200 millions de dollars du film se retrouvent largement à l’écran : courses-poursuites dans les airs, véhicules robots grands comme des immeubles, festival pyrotechnique à chaque affrontement entre homme et machine… Une débauche d’effets spéciaux dans la lignée des épisodes précédents qui ont marqué l’histoire des films d’action. REPÈRES « TERMINATOR 2 EST LE SYMBOLE DES ANNÉES 1990 » « TERMINATOR » ➔ Film emblématique des années 1980, le premier Terminator a imposé à la fois le réalisateur James Cameron et l’ancien culturiste Arnold Schwarzenegger, auquel le rôle-titre a donné le statut de superstar. L’acteur incarne un impitoyable cyborg envoyé du futur pour tuer Sarah Connor (Linda Hamilton), parce qu’elle va donner naissance à l’ennemi mortel des robots. Dotéd’un budget assez modeste(6,4 millions de dollars), Terminator recueillera un énorme succès mondial et rapportera 78 millions de dollars au total. A. WEBER/SIPA EN COUVERTURE « TERMINATOR », LE DÉBUT DE LA LÉGENDE Rien ne laissait pourtant présager le succès de la série. James Cameron, qui n’est au début des années 1980 qu’un réalisateur de série Z, décide de tourner pour une somme modique (6 millions de dollars) cette histoire d’un cyborg remontant le temps. Il imagine et met en scène ce qui assurera le succès du premier volet, à savoir ce monstre tout de métal vêtu, qui traverse les flammes sans broncher et qui acccomplit ce pourquoi il a été programmé : tuer les humains. Les 40 millions de recettes De Terminator en 1984 donnent à la production les moyens d’une suite dantesque, qui restera comme l’une des références du film d’action. Terminator 2, à l’époque le « film le plus cher de tous les temps », est le symbole de ces années 1990 : Guns N’Roses, un Schwarzenegger alors au sommet de sa gloire, la célèbre réplique « hasta la vista baby », et, surtout, des effets spéciaux révolutionnaires (pour 16 millions de dollars !) utilisant la technique du morphage (morphing). Tour à tour ennemi puis protecteur des humains, le Terminator n’est finalement que la dernière illustration du grand dilemme de l’homme face à la machine. Pessimiste sur les capacités de l’homme à maîtriser ses découvertes et sa technologie, la saga revisite le mythe de Frankenstein, où la créature finit toujours par se rebeller et se retourner contre son créateur. « TERMINATOR 2, LE JUGEMENT DERNIER » ➔ Dans le deuxième volet de Terminator (1991), où James Cameron est encore à la réalisation, Arnold Schwarzenegger a rejoint le camp du bien. Il affronte le terrible T-1000, qui change d’apparence à sa guise. Ce film à très gros budget (100 millions de dollars) a notamment marqué les esprits par l’utilisation de la technique du morphage. Résultat de l’opération : 500 millions de dollars et une place d’honneur dans la culture pop. A. WEBER/SIPA VILLARD/SIPA Comment l’aventure Terminator a-t-elle débuté pour vous ? On m’a envoyé le script et quand j’ai vu le titre, je l’ai juste remis dans son enveloppe.Je n’étais pas intéressé au départ. Par la suite, le scénario a été retravaillé. On m’a d’abord demandé de jouer Marcus (le premier T-800,ndlr), un rôle incroyable parce qu’il est très dynamique. Ce personnage est celui qui est le plus confronté à la dialectique de l’homme et de la machine. Mais j’avais toujours ressenti plus d’affinités avec le rôle de John Connor. Il a quelque chose d’intrigant. Il est celui qui va sauver l’humanité. La thématique humain-machine est récurrente au cinéma. Pourquoi fascine-t-elle public et réalisateurs ? Je suppose que cela repose sur la marche du progrès, l’adaptation de l’espèce, qui crée Directsoir N°561/Mercredi 3 juin 2009 Christian Bale, à l’œuvre dans le rutilant Terminator Renaissance. INTERVIEW DE CHRISTIAN BALE « Le danger de la déshumanisation » des outils pour améliorer les conditions de vie et le danger inhérent de la déshumanisation. Terminator pousse cette problématique à l’extrême. Toutefois, on peut dire que, dans une certaine mesure, cela existe déjà. Des gens perdent leur emploi parce que des machines les remplacent. C’est difficile de refuser le progrès, mais il y a toujours une perte pour chaque gain. La structure de la saga Terminator repose sur les voyages dans le temps. Difficile de s’y retrouver ? Dans cet épisode, Skynet n’a pas encore inventé le voyage dans le temps. On ne joue donc pas tellement avec cet aspect de la franchise, excepté le fait que Kyle Reese, le père de John Connor, est plus jeune que lui. Mais de toute façon, on se réfère quand même constamment aux films précédents. Terminator renaissance fait partie d’une boucle qui nous ramène toujours au premier Terminator. « TERMINATOR 3 : LE SOULÈVEMENT DES MACHINES » ➔ Pour le troisième volet de la saga, James Cameron cède sa place. Dirigé par Jonathan Mostow, Le soulèvement des machines (2003) déçoit la critique, peu sensible au fait que le nouveau cyborg tueur soit un personnage féminin (Kristanna Loken). Le film n’en reste pas moins un bon filon commercial avec 433 millions de dollars de recettes. C’est aussi le dernier grand rôle de Schwarzenegger au cinéma, avant qu’il ne se consacre pleinement à sa carrière politique. INTERFOTO USA/SIPA
www.directsoir.net LEXIQUE Associés au progrès et au futur, les robots, en moins d’un siècle, ont gagné leur place dans l’imagerie populaire. Mais alors que les Occidentaux ont tendance à les percevoir comme une menace potentielle, les Japonais, qui investissent bien plus d’argent dans la conception d’androïdes, en ont une vision sympathique. Une différence qui s’explique sans doute par la force de la religion shintoïste et par une vision animiste du monde, qui veut que toute chose possède une âme. ASTRO BOY CONTRE LE ROBOT TUEUR « Aux Etats-Unis, une grande partie des travaux sur l’intelligence artificielle et la robotique est effectuée par les militaires. Quand je vois certains des robots de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), comme ce robot-mitrailleuse monté sur pneus, j’ai l’impression de faire face à la première génération de Terminator », explique Timothy N. Hornyak, auteur du livre Loving The Machine - The Art and Science of Japanese Robots (« Aimer la machine - L’art et la science des robots japonais »). Tandis que le robot occidental présente le plus souvent une allure effrayante, les Japonais cultivent quant à eux une tradition de robots ludiques et « kawaii » (« mignons ») en tout genre. Cette forme de bienveillance visà-vis des machines provient sans doute de la familiarité que les Japonais ont connue, dès l’après-guerre, avec les robots humanoïdes présents dans les mangas et dessins animés, comme Astro Boy. Jouets pour enfants, outils ménagers, aide aux personnes déficientes, le robot serait dans ce pays tourné vers la recherche et l’innovation, pour être un supplétif et une bonne à tout faire. EN COUVERTURE 5 Technologie IA ET GRAND ÉCRAN ➔ Si les robots Terminator, autonomes, quasi indestructibles, ne risquent pas de fouler les champs de bataille avant longtemps, les dernières avancées technologiques militaires ont ringardisé bon nombre de films de science-fiction. Exosquelettes, drones intelligents, robots tueurs, les principales armées Ce petit appareil, utilisé par les Américains en Irak, se prépare à neutraliser une bombe. Les robots investissent les champs de bataille du monde cherchent toutes à développer les technologies qui leur permettront de faire l’économie de soldats en chair et en os. Comme l’indique Gordon Johnson, du Pentagone, ces machines « n’ont pas peur, n’oublient pas leurs ordres, s’en foutent si le type d’à côté vient de se faire descendre. Feront-elles du meilleur boulot que les humains ? Oui. » LE FUTUR AMÉRICAIN D’ici à 2015, le Pentagone mise sur le projet Future Combat Systems, qui vise à ce qu’un tiers des forces américaines soient composées de robots, pour la somme de 127 milliards de dollars. Des robots-soldats, qui devraient être commandés à distance, avant l’apparition de la phase Terminator, vers 2035, avec des machines 100% indépendantes et intelligentes. Ce projet remonte à l’époque du Vietnam, mais répond surtout à l’évolution des conflits : la guérilla urbaine, comme en Irak, a ainsi remplacé les affrontements classiques. CYBERNÉTIQUE C’est le mathématicien Norbert Wiener, en 1948, qui pose les bases de cette nouvelle science. Elle a pour champ d’étude les mécanismes de communication dans les machines et chez les êtres vivants, ainsi que leurs interactions. Elle est à l’origine du terme « Cyborg », contraction de « Cybernetic Organism ». DES CYBORGS ET DES HOMMES Bienfait ou menace pour l’humanité ? Un exemple ? Les Swords, petits véhicules à chenilles radiocommandés et équipés de caméras et de mitrailleuses, opèrent déjà en Irak et en Afghanistan comme unités de reconnaissance. ÉTHIQUE ET FIABILITÉ Si la perspective de sauvegarder des vies humaines reste le principal argument des promoteurs de ces machines, leur utilisation soulève beaucoup de questions. Qui donnera l’autorisation de faire feu et comment ? Le robot saura-t-il faire la distinction entre les combattants et les civils. Pourra-t-il refuser un ordre immoral ? L’opinion serait-elle prête à accepter des bavures de la part de tels engins ? Les quelques exemples de « bombes intelligentes » ayant frappé leur propre camp, lors des conflits du Golfe, en 1991 et en 2003, prouvent que l’homme, s’il ne prend plus physiquement part aux combats, restera pour longtemps le meilleur des garde-fous contre le tout-technologique. IA Abréviation d’« intelligence artificielle ». Elle trouve sa source dans les études d’Alan Turing, en 1950, qui propose un test pour déterminer la « conscience » d’une machine. De manière générale, c’est la capacité pour un système non vivant de produire un comportement intelligent, mais aussi d’éprouver la « conscience de soi », ainsi que la compréhension de son propre raisonnement. Un humanoïde femelle, conçu par des Japonais. PROD DB LUCASFILM/DR Le maléfique Grievous, dans Star Wars. MASATOSHI OKAUCHI/REX/SIPA Keanu Reeves, dans Matrix Reloaded. Une menace aux multiples visages ➔ 2001, L’odyssée de l’espace : la machine cerveau. A bord du Discovery, qui fait route vers Jupiter, deux astronautes vaquent à leurs tâches quotidiennes. Hal, leur ordinateur de bord, plus intelligent que les humains eux-mêmes, tente de se défendre contre ceux qui veulent le déconnecter. L’un des chefs-d’œuvre du regretté Stanley Kubrick, réalisé en 1968. ➔ Blade Runner : robots trop humains. En 1982 sort Blade Runner, de Ridley Scott, adapté de l’œuvre de Philip K. Dick. Dans un monde où robots et êtres humains commencent à se confondre, Rick Deckard (Harrison Ford) est chargé de débusquer et d’éliminer les membres d’un petit groupe d’androïdes qui se sont mis hors la loi. ➔ Matrix : la servitude de l’homme. Né des cerveaux géniaux des frères Wachowski en 1999, Matrix nous introduit dans un univers où l’existence des hommes, confinés dans une réalité toute virtuelle, serait régie par une machine, la Matrice. Fou et troublant. ➔ Wall•E, quand la machine sauve l’Homme. Film d’animation des studios Pixar, Wall•E raconte l’histoire et le combat pour l’humanité d’un petit robot nettoyeur, alors que la Terre, en cette fin de troisième millénaire, a été abandonnée.



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