Direct Soir n°523 27 mar 2009
Direct Soir n°523 27 mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°523 de 27 mar 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Jacques Chirac, le plus populaire des retraités

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE JACQUES CHIRAC SA VIE APRÈS LA PRÉSIDENCE Deux ans après avoir quitté l’Elysée, Jacques Chirac limite ses apparitions publiques, mais il n’en est pas moins devenu la personnalité politique préférée des Français. Il parraine aujourd’hui un projet pour la mémoire de la Shoah. Il y a trois ans, en pleine crise du CPE, Jacques Chirac, alors président de la République, jouissait d’à peine 20% d’opinions favorables. En ce mois de mars, il est devenu la personnalité politique préférée des Français. Dans un récent baromètre Ifop-Paris Match, l’ancien chef de l’Etat – âgé de 76 ans aujourd’hui – est crédité de 71% de bonnes opinions, à égalité avec Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme et de Bertrand Delanoë, maire REPÈRES M. CLEMENT/AFP de Paris. Même chez ses adversaires d’antan, on l’évoque avec nostalgie. « Je me dis que finalement, on le regrette », jugeait Martine Aubry lors de l’enregistrement de l’émission Vivement dimanche qui sera diffusée dimanche sur France 2. De même, récemment interviewée par Le Parisien, Marine Le Pen n’hésitait pas à déclarer : « On en vient presque à regretter Chirac, car lui au moins ne détruisait rien. » Sans doute ces propos ne sont-ils pas dénués d’arrière-pensées, mais ils témoignent d’un vrai renversement d’opinion. Etonnant retournement pour celui qui, deux ans après avoir quitté l’Elysée, n’apparaît plus dans le débat public. Les derniers contacts directs qu’il entretient avec le monde politique sont les rendez-vous réguliers au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit en tant qu’ancien président. Aujourd’hui on parle davantage de Jacques Chirac lorsque son chien Sumo a un petit bobo ou quand les Guignols de l’info fêtent leurs vingt ans. « Il a peu goûté le fait que ses prédécesseurs fassent des commentaires sur sa propre présidence pour en faire à son tour. Il est vraiment passé à autre chose », déclarait l’an dernier Christian Jacob, un proche qui justifiait ainsi son silence. Cette réponse est sans doute plus plausible que celle avancée par un conseiller qui déclarait, il y a quelques semaines : « c’est le devoir de réserve d’un membre du Conseil constitutionnel. » « 71% DES FRANÇAIS ONT UNE BONNE OPINION DE JACQUES CHIRAC » SONDAGE IFOP POUR PARIS MATCH, LE 10 MARS Premier maire de Paris ➔ Le 25 mars 1977, Jacques Chirac remporte les premières élections municipales depuis le changement de statut de la capitale. Son prédécesseur n’est autre que Jules Ferry, maire de Paris de 1870 à 1871. Grâce à ce poste qui bénéficie d’un budget de près de 15 milliards de francs (2,3 milliards d’euros), Jacques Chirac possède un tremplin électoral très favorable. Il sera réélu en 1983 ainsi qu’en 1989. CHEZ LUI AU SALON DE L’AGRICULTURE Mais ce silence n’est plus la règle lorsqu’il s’agit d’évoquer sa grande passion : l’environnement et la diversité culturelle. C’est à la fondation – qu’il a lancée pour cela l’an dernier et qui porte son nom (voir cicontre) – qu’il consacre désormais la plupart de son temps et de son énergie. Ses sorties publiques restent toutefois ponctuelles ; il n’a ainsi pas cédé aux sirènes des conférences lucratives, comme son homologue américain Bill Clinton le fait WITT/SIPA régulièrement. Tout juste Jacques Chirac répond-il favorablement à des invitations pour parrainer des événements. Ce devait être le cas aujourd’hui avec une intervention pour le lancement du projet Aladin (voir ci-contre). Il est enfin un événement que l’ancien maire de Paris ne manquerait pour rien au monde : le Salon de l’agriculture. Très populaire auprès des exposants durant ses douze années passées à l’Elysée, il demeure toujours attendu et suivi par une horde de fans et de journalistes dans les stands de la Porte de Versailles. Même si le rythme de la promenade a baissé d’un Cohabitation avec François Mitterrand ➔ En 1986, Jacques Chirac (alors président du RPR) devient Premier ministre de François Mitterrand (Parti socialiste). On assiste alors à la première cohabitation de l’histoire de la V e République. Elle dure de mars 1986 jusqu’à l’élection présidentielle de mai 1988. Lorsqu’il accède à ce poste, Jacques Chirac connaît bien l’hôtel Matignon puisqu’il y a travaillé de mai 1974 à août 1976, comme Premier ministre de Valérie Giscard d’Estaing. Directsoir N°523/Vendredi 27 mars 2009 Jacques Chirac a fait honneur au Salon de l’agriculture, 3h30 durant, le 24 février dernier. E. FEFERBERG/AFP cran depuis sa première visite en 1973, le Corrézien d’origine semble prendre autant de plaisir à déguster une gorgée de bière ou un morceau de saucisson. « Je ne suis jamais déçu », a-t-il déclaré en préambule de sa dernière sortie. Le 24 février, trois jours après la visite éclair de Nicolas Sarkozy, il a multiplié, trois heures et demie durant, les « bonjours, bonjour », les caresses aux bovins et les bises à ses plus jeunes admiratrices en échange d’une pose pour une photo. Avec, en guise d’au revoir, une courte phrase lancée comme une évidence : « A l’année prochaine ! » Face à Jean-Marie Le Pen ➔ Le 5 mai 2002, Jacques Chirac entre dans l’histoire en devenant le Président le mieux élu de la V e République. Avec 82% des voix, il bat le candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen. Lors de ce second tour, Jacques Chirac bénéficie du soutien de la très grande majorité des partis politiques y compris du PS, dont le candidat, Lionel Jospin, n’avait pas franchi le cap du premier tour.
www.directsoir.net DATES CLÉS Fondation CHIRAC Au service de la paix ➔ Lancée officiellement le 9 juin 2008 au musée parisien du quai Branly, la Fondation Chirac agit pour le développement durable et le dialogue des cultures. Pour remplir ses objectifs, Jacques Chirac s’est entouré d’un comité d’honneur prestigieux dont font partie Kofi Annan, Muhammad Yunus ou Rigoberta Menchu. L’ancien président de la République poursuit ainsi son but, à savoir « agir au service de la paix ». Quatre priorités ont été dégagées : • Favoriser l’accès aux médicaments, notamment par l’extension du Laboratoire de contrôle et de la qualité du Bénin.• Faciliter l’accès à l’eau en milieu rural, dans les pays africains (Sénégal et Mali) notamment.• Lutter contre la déforestation et la désertification. Un programme a ainsi été lancé pour protéger la forêt du bassin du Congo, la deuxième du monde.• Sauvegarder les langues et les cultures menacées, via le programme Sorosoro. Il permettra à terme la mise en place d’une encyclopédie numérique des langues et une télévision des langues sur Internet. 16 MAI 2007 Après douze années au palais de l’Elysée, Jacques Chirac passe le pouvoir à Nicolas Sarkozy, élu président de la République quelques jours plus tôt. Depuis la fin de son mandat présidentiel, Jacques Chirac ne multiplie pas les interventions publiques. Chacune d’entre elles donne donc d’autant plus d’importance au sujet qu’il aborde.Aujourd’hui, l’ancien locataire de l’Elysée devient le parrain du projet Aladin. Initié par la Fondation pour la mémoire de la Shoah, ce programme met en lumière les relations entre les mondes juif et musulman. « Nous sommes partis du constat que le négationnisme s’est développé dans les couches populaires de certains pays comme l’Egypte ou l’Iran. En 2006, Mein Kampf (pamphlet écrit par Hitler,ndlr) s’est vendu à 50 000 exemplaires en Turquie », explique Anne-Marie Revcolevschi, directrice générale de la Fondation. « Il existait également très peu de documentation en langue arabe sur l’histoire du peuple juif et de la Shoah. » Pour y remédier, un site Internet* a été mis en ligne – en arabe, en B. FENOUIL/REA L. DOLEGA/EPA/SIPA 9 JUIN 2008 Lors d’une cérémonie organisée au musée du quai Branly à Paris, Jacques Chirac lance officiellement la fondation qui porte son nom, en présence de Kofi Annan, ancien patron de l’ONU. PROJET ALADIN Pour une nouvelle pédagogie de la Shoah perse, en turc, en anglais et en français – avec un triple objectif : apporter des informations simples sur la Shoah, expliquer ce qu’est le peuple juif (histoire, culture, rites…) et décrypter les relations historiques entre juifs et musulmans. « Nous avons aussi mis en ligne une bibliothèque numérique avec des ouvrages enfin traduits en arabe. C’est le cas du Journal d’Anne Frank ou de Si c’est un homme de Primo Levi. » LE CHOIX DE CHIRAC Pour promouvoir cette initiative, le choix de Jacques Chirac s’est rapidement imposé aux responsables de la Fondation. « C’est lui qui a reconnu en 1995 la responsabilité de la France dans la Shoah et c’est lui qui a permis aux Justes d’entrer au Panthéon. Monsieur Chirac a toujours été un exemple et une référence en matière de respect de l’Histoire et de la mémoire », explique Anne-Marie Revcolevschi. Selon elle, il aurait répondu « sans hésitation » de EN COUVERTURE 7 Le 9 juin 2008, l’ancien Président lançait officiellement la Fondation Chirac en présence des membres du comité d’honneur. Ci-dessus, au premier plan (de g. à d.) : les prix Nobel Rajendra Pachauri et Rigoberta Menchu, Jacques Chirac, les anciens présidents du Sénégal, Abdou Diouf, et du Mozambique, Joaquim Chissano. 27 MARS 2009 En prononçant un discours à la maison de l’Unesco, Jacques Chirac devient le parrain du projet Aladin, initié par la Fondation pour la mémoire de la Shoah. manière favorable. Il devait prononcer un discours cet après-midi pour le lancement du projet ; le Président devrait rappeler le caractère inacceptable du négationnisme. A ses côtés, il y aura également Abdoulaye Wade, président du Sénégal. « La présence du président de l’Organisation de la conférence islamique montrera qu’il existe des limites qu’on ne peut pas dépasser », conclut la directrice générale de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. * www.projetaladin.org MALGLAIVE-POOL/SIPA FOCUS L’artisan du premier Plan cancer Jacques Chirac décore le Pr Khayat, responsable du Plan cancer, en 2005. ➔ Le Plan cancer, voulu et lancé par Jacques Chirac en 2002, fait partie des principales réalisations portées à son actif. Confié au Pr David Khayat*, ce plan – réalisé de 2003 à 2007 – avait pour objectif de susciter un combat sans merci contre ce mal qui tue environ 150 000 personnes par an, tandis que 320 000 nouveaux cas sont dépistés sur la même période. « Quand Jacques Chirac m’a demandé de prendre la responsabilité du Plan cancer, j’ai vu qu’il souhaitait une vraie mobilisation, car il était vraiment touché par la douleur et les destins bouleversés des personnes atteintes par le cancer », se souvient le Pr Khayat. L’intensification de la prévention, le développement du dépistage, la lutte contre l’alcoolisme et le tabac, les campagnes d’information en faveur d’une meilleure alimentation, la réorganisation des soins, la sécurisation des radiothérapies et surtout la création de l’Institut national du cancer (INCa) font partie des nombreuses concrétisations de ce Plan cancer, salué de manière quasi unanime, même au-delà des frontières hexagonales. Annoncé par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot-Narquin et issu des recommandations du Pr Jean-Pierre Grünfeld, un deuxième Plan cancer sera présenté au mois de juin par Nicolas Sarkozy. Il devrait comporter trois axes : le renforcement du rôle du médecin traitant, la réduction des inégalités sociales et spatiales et l’accélération de la recherche. * Responsable du service d’oncologie médicale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Dernier roman paru : La vie pour s’aimer, éd. Plon.



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