Direct Soir n°510 10 mar 2009
Direct Soir n°510 10 mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°510 de 10 mar 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : Outre-Mer : après la crise l'espoir renaît

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
4 OUTRE-MER EN COUVERTURE LA FRANCE AUTOUR DU MONDE Le projet de loi sur le développement économique de l’outre-mer doit être examiné aujourd’hui au Sénat. De ce texte dépend l’avenir de ces territoires. Il fut un temps où les terres françaises d’outre-mer, « confettis » de l’empire colonial français, étaient considérées comme des terres bénies, peuplées de gens pacifiques et habitées par les souvenirs de Paul Gauguin ou Alain Gerbault. Puis sont venus les touropérateurs, qui ont gommé l’identité de ces contrées pour en faire le havre fugace de vacanciers consommateurs. Les récentes émeutes qui ont frappé la Guadeloupe et la Martinique, après la Guyane en novembre dernier, viennent rappeler qu’au-delà des clichés métropolitains, l’outre-mer connaît les défis universels de l’emploi, de la croissance, de l’ascension sociale, du pouvoir d’achat, de l’identité culturelle et de la définition de son avenir. REPÈRES WITT/SIPA La plage de Terre-Haute, aux Saintes (Guadeloupe). LES DÉFIS Les indicateurs économiques rappellent avec cruauté les difficultés locales. Sur les cinq régions européennes les plus touchées par le chômage, quatre sont françaises et ultramarines : l’île de La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, qui affichent des taux de chômage respectifs de 25,2%, 25%, 22,1% et 21%. Côté chômage des jeunes, c’est encore pire. La Guadeloupe détient le triste record pour les jeunes de 15 à 24 ans, avec un taux de 55,7% ! En revanche, avec un PIB par habitant moyen de 16800 euros, les départements d’outre-mer se maintiennent honorablement dans le classement européen, battant des pays comme la Hongrie, la Pologne ou le Portugal (étude Eurostat du 19 février).Au-delà du réel potentiel économique, ces « performances » du PIB s’expliquent surtout par l’importance des transferts de fonds publics. A telle enseigne que certains héritiers du cartiérisme des années 1950 prônent la fin des subventions et des aides fiscales, voire l’octroi des indépendances. LES POTENTIELS Un tel retrait entraînerait un désastre économique et social à court terme, comme le laisse supposer le délabrement des économies caribéennes voisines de la Les Drom ➔ Les départements et régions d’outre-mer (Drom) possèdent les mêmes statuts que les départements et les régions métropolitaines. Les Drom sont composés de la Guyane française, de la Guadeloupe, de La Réunion et de la Martinique. « LES EXPÉDIENTS ONT MONTRÉ LEURS LIMITES » Les COM ➔ Les collectivités d’outre-mer (COM) que sont Mayotte, Saint-Pierreet-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Polynésie française et Wallis-et- Futuna disposent de prérogatives particulières. Elles bénéficient de l’autonomie fiscale et douanière. Le 29 mars, les habitants de Mayotte seront consultés pour savoir s’ils veulent constituer le 101 e département français. M. SETBOUN/SIPA Directsoir N°510/Mardi 10 mars 2009 Martinique ou de la Guadeloupe, ou la précarité des voisins de La Réunion, dans l’océan Indien. Pour la métropole aussi, les terres d’outre-mer représentent des atouts de taille, qu’ils soient stratégiques (bases militaires, présence souveraine sous toutes les latitudes), technologiques (pas de tir de Kourou, en Guyane), économiques (produits agricoles, minerais), humains (jeunesse de la population) ou culturels. Que ce soit pour la population ultramarine ou pour la métropole, les expédients ont montré leurs limites. Les subventions et les exonérations hâtives ne permettent qu’une stabilisation temporaire. De même, l’ambitieuse réorganisation institutionnelle de 2003 n’a guère bouleversé les mentalités et les usages. Dès lors, les troubles récents invitent à une refonte globale des rapports entre la France et « la plus grande France ». Reste à savoir si le projet de loi pour le développement économique de l’outre-mer (Lodeom), qui doit être examiné en séance publique au Parlement aujourd’hui, ou les prochains états généraux de l’outre-mer, sauront répondre à ce défi. Le revenu supplémentaire temporaire d’activité (RSTA) chiffré à 280 millions d’euros, ainsi que les différentes mannes financières supplémentaires accordées par l’Etat depuis le début de la crise, sauront peut-être répondre aux revendications les plus virulentes. Mais suffiront-elles à combler les attentes plus profondes de populations en quête de sens et d’identité ? Le débat est sans doute loin d’être clos. Les Taaf ➔ Les îles Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul-et-Amsterdam, la Terre Adélie, les Îles Éparses (Bassas da India, l’île Europa, les îles Glorieuses, l’île Juan de Nova et l’île Tromelin) sont des terres australes et antarctiques françaises (Taaf). Inhabitées la plupart du temps, elles sont autonomes financièrement et administrativement, selon la loi du 6 août 1955. Ces territoires sont placés sous l’autorité d’un administrateur dont le rang équivaut à celui d’un préfet. Depuis 2000, le siège se trouve à Saint-Pierre (Réunion). ➔ La Nouvelle-Calédonie Cette île de l’océan Pacifique est régie par un dispositif institutionnel particulier, précisé dans l’article XIII de la Constitution.
www.directsoir.net DATES CLÉS Zoom La deuxième puissance maritime du globe ➔ L’outre-mer français est réparti sur 115419 km 2, dont plus de 85000 pour la seule Guyane. 2,5 millions d’habitants (710000 à La Réunion) peuplent ces territoires. A ce décompte, il faut ajouter La Guyane devient 1605 colonie française sous le règne d’Henri IV. Elle est suivie de peu par la Guadeloupe et la Martinique (1635), et enfin l’île de La Réunion, qui devient française en 1642. Les collectivités d’outre-mer 1946 Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer « J’ai pleinement pris mes responsabilités » Que prévoit votre projet de loi pour le développement économique de l’outre-mer présenté aujourd’hui au Sénat ? Ce projet de loi est surtout un projet pragmatique. Le but est clair : réformer sans tabou ce qui ne fonctionne pas aujourd’hui. Il s’agit de mettre l’économie au service du social, pour créer de l’emploi et du pouvoir d’achat, et relancer la construction de logements sociaux. Pour cela, il est indispensable, comme l’a rappelé le président de la République, de favoriser la production locale, entre autres grâce à la création de zones franches d’activité dans les DOM. Ces zones franches doivent contribuer à alléger les coûts de fonctionnement des entreprises pour les rendre plus compétitives, avec des aides ciblées sur des secteurs prioritaires (environnement, nouvelles technologies ou agronutrition). Cela bénéficiera directement aux salariés, notamment par le biais des avantages fiscaux, puisque 15% de l’avantage en impôt sur les sociétés devront être réinvestis par les entreprises en formation professionnelle. Nicolas Sarkozy a lancé une réflexion sur une « autonomie économique » de ces DOM. Est-ce une piste tangible ? Bien sûr. Ces termes renvoient tout d’abord à cet objectif d’économie endogène, mais aussi à celui d’une autosuffisance alimentaire, qui est loin d’exister en outre-mer. Beaucoup de biens qui pourraient être produits sur place sont importés, ce qui entraîne souvent un coût supérieur pour les consommateurs. Il n’est, par exemple, pas acceptable pour des raisons de sécurité alimentaire et tout simplement de qualité, que 95% des volailles consommées soient importées dans plusieurs de nos départements d’outre-mer. les 440000 km 2 des terres australes et antarctiques françaises. Grâce à ces différents territoires, la France est la deuxième puissance maritime du monde, avec 11 millions de km 2 de zone économique exclusive. La Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et la Guyane deviennent officiellement départements français d’outre-mer par la loi dite de « l’Assimilation » votée le 19 mars. EN COUVERTURE 5 Les anciens TOM 2007 (Polynésie, Wallis-et- Futuna), Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, Saint-Barthélemy et Saint-Martin sont constitués en collectivités territoriales par la révision constitutionnelle du 21 février. Que doit-on attendre des états généraux de l’outre-mer ? En annonçant les états généraux de l’outremer, le président de la République a appelé à « un débat sans tabou. Un débat où chacun pourra apporter sa contribution ». Il s’agit donc d’un vaste chantier de refondation où chacun pourra s’exprimer afin de dessiner le nouveau modèle économique et social, et pourquoi pas politique, de l’outre-mer. Pourquoi avez-vous préféré rester à distance de ce conflit social ? J’ai pleinement pris mes responsabilités dans ce conflit, en laissant le préfet et les médiateurs tenir leurs rôles respectifs. La fonction d’un ministre n’est pas de régler les menus détails d’une négociation. Je suis intervenu à un moment où les partenaires sociaux ne se parlaient pas, et où ma présence s’est révélée non seulement nécessaire, mais surtout utile. LEXIQUE Petit vocabulaire d’outre-mer Slogan martiniquais en créole.• Béké : ce terme désigne un Blanc né en Martinique et descendant des premiers colons arrivés aux Antilles à partir du 17 e siècle.•Métro : c’est le nom que les natifs des départements et territoires d’outre-mer donnent aux Blancs nés en métropole.• Créole : à l’origine, ce mot désignait une personne de race blanche née et élevée dans les colonies européennes intertropicales, et notamment en outre-mer. Le créole est aussi le nom générique des langues parlées dans les anciennes colonies des Caraïbes et des Antilles. Chaque territoire à un créole spécifique, qui est le résultat du mélange de langues différentes. « Créole » est également utilisé en tant qu’adjectif (musique créole, cuisine créole…).• Mulâtre : désigne un type de métis – aux Antilles, une personne dont l’un des parents est noir et l’autre blanc. Pour aller plus loin ➔ www.outre-mer.gouv.fr Sur le site du ministère, découvrez chaque territoire d’outre-mer à travers son histoire, son économie, mais aussi tout ce qui concerne la vie pratique sur place. ➔ Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire (éd. Présence africaine). Le premier ouvrage du poète martiniquais Aimé Césaire, paru en 1939, est aujourd’hui considéré comme l’un des textes essentiels de la littérature dite négro-africaine. ➔ Chaîne de télévision France Ô Présente sur le câble, le satellite et la TNT, France Ô est une fenêtre ouverte sur l’actualité des départements et territoires d’outre-mer.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :