Direct Soir n°506 4 mar 2009
Direct Soir n°506 4 mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°506 de 4 mar 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Société : être homosexuel aujourd'hui

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 PREMIER ROMAN LIVRES Bonjour tristesse L’Américain Keith Gessen fait des débuts prometteurs avec « La fabrique des jeunes gens tristes », roman qui évoque les désillusions de la nouvelle intelligentsia. Keith Gessen, né à Moscou en 1975 dans une famille qui a émigré aux Etats-Unis en 1981, contribue régulièrement à divers journaux et magazines américains. Difficile, en découvrant La fabrique des jeunes gens tristes, premier roman de Keith Gessen, de ne pas penser à ces écrivains américains qui ont eux aussi dressé le portrait d’une jeunesse new-yorkaise bien éduquée et ivre de reconnaissance, mais qui se heurte à la dure réalité de son époque. Comme Jay McInerney (Trente ans et des poussières) ou Claire Messud plus récemment (Les enfants de l’empereur), ce jeune auteur signe une brillante éducation sentimentale qui a l’ambition d’évoquer l’échec de toute une génération. Le titre anglais (All The Sad Young Literary Men) fait d’ailleurs directement référence à un recueil de nouvelles de Francis Scott Fitzgerald, mythique chantre de sa propre génération perdue. Keith Gessen, lui, ne s’intéresse pas aux enfants du jazz, mais à ceux des années Clinton et Bush. Les trois héros du livre s’appellent Mark, Sam et Keith. Le lecteur va les suivre, à partir du milieu des années 1990, durant une décennie. Bardés de diplômes et d’ambitions, incollables sur la révolution russe ou le conflit israélopalestinien, ils ne vont pourtant pas réussir grand-chose, tant dans leur vie professionnelle, toujours embryonnaire, que dans leur vie sentimentale, elle aussi bien incertaine. Ils n’auront jamais été aussi proches du pouvoir que lorsqu’ils côtoyaient la fille d’Al Gore sur le campus de Harvard. Trouvant le ton juste entre satire et mélancolie, Keith Gessen croque ainsi les désillusions, les futilités, l’ennui de cette nouvelle intelligentsia. L’écrivain a beau afficher des signes extérieurs de réussite (il est l’un des fondateurs de la revue littéraire n+1), on sent sa profonde empathie envers ce trio qui veut changer le monde, sans se douter un seul instant que c’est l’inverse qui se produira finalement. La fabrique des jeunes gens tristes, Keith Gessen, L’Olivier, 22 €. C. BISTOUR/FLAMMARION DR ROMANS À la recherche d’un autre ailleurs Annie Lemoine. ➔ Stella, une ancienne costumière pour le cinéma, a envie de souffler, de prendre le large. Elle décide de s’installer dans une petite station balnéaire où elle ne connaîtrait personne. Là, elle commence à prendre ses habitudes quand un ex, Fred, débarque chez elle sans prévenir. Une nouvelle histoire pourrait-elle voir le jour avec cet homme qu’elle a aimé ? Cinquième roman de la journaliste Annie Lemoine, Que le jour recommence dépeint d’une écriture vierge et pure la tentative de trouver un peu de bonheur. Que le jour recommence, Annie Lemoine, Flammarion, 15 €. Bric-à-brac merveilleux CONTES ➔ Les éditions Flies enrichissent leur collection La caravane des contes avec un très joli recueil de textes traditionnels du monde entier illustrés par Manuela Magni. Les Histoires du tapis volant et de la calebasse gourmande entraînent le lecteur dans un périple merveilleux, où se mêlent objets magiques – tel ce boomerang qui sert à écarter le ciel–, et « ordinaires », comme une succulente soupe au clou… Histoires du tapis volant et de la calebasse gourmande, Anna Stroeva, illustrations Manuela Magni, Flies France, 14,50 €. En bref C. BISTOUR/FLAMMARION Directsoir N°506/Mercredi 4 mars 2009 La vie sans prendre une ride Agnès Abécassis. ➔ L’héroïne de Chouette, une ride ! a 36 ans et toutes ses dents. Auteur à succès de thrillers, maman épanouie ayant deux adorables bambins, elle vit à cent à l’heure sans se soucier du temps qui passe. Mais tout change lorsqu’en l’espace d’une seule journée, elle s’entend appeler « madame » et conseiller une crème antirides. Avec Chouette, une ride !, son quatrième roman après Les tribulations d’une jeune divorcée, Au secours, il veut m’épouser ! et Toubib or not toubib, Agnès Abécassis livre les aventures d’une femme moderne, urbaine et réjouissante. Chouette, une ride !, Agnès Abécassis, Calmann-Lévy, 17 €. Ballet de Lorraine à Paris/Créé dans les années 1970, Hymnen revient sur la scène du Théâtre de Chaillot, sous la direction de Didier Deschamps, actuel directeur du Ballet de Lorraine. Ce soir, demain et samedi à 20h30. Théâtre national de Chaillot, 1, place du Trocadéro, Paris 16 e (01 53 65 30 00). Cinéma du réel/Le Festival international de films documentaires prend place aujourd’hui dans la région parisienne. Une vingtaine de courts et longs métrages inédits du monde entier seront projetés jusqu’au 17 mars (divers lieux). www.cinereel.org P.MATSAS/OPALE
www.directsoir.net CD ROCK Le « vrai journal » des Fatals Picards Deux ans après « Pamplemousse mécanique », le groupe de rock le plus acide de l’Hexagone sort un album qui décrypte l’actualité à la hache. ➔ Ni leur cuisante défaite à l’Eurovision en 2007 ni le départ de leur leader Ivan Callot n’ont empêché les Fatals Picards de continuer à produire la musique qui les caractérise. Fidèles à leur devise, Chanson, humour et autres trucs, les quatre hurluberlus viennent de sortir Le sens de la gravité, chez Warner. Plus engagés et toujours acerbes, leurs textes n’épargnent personne. Les douze titres s’enchaînent comme des billets d’humeur analysant l’actualité. Tout le monde en prend pour son grade : les usines qui délocalisent (Le combat ordinaire), les Américains qui ont « vingt krachs boursiers d’avance » (Ma baraque aux Bahamas), les supporters « moitié autistes moitié 8-6 » (Les princes du Parc), les sportifs aux JO de Pékin présentés comme des « têtes pleines d’eau, édulcorés Orelsan, gagné d’avance Les Fatals Picards ont enregistré leur dernier album aux studios ICP de Bruxelles. jusqu’aux abdos » (Valse de Chine). Le tout est politiquement très incorrect et musicalement rafraîchissant. Le sens de la gravité, Fatals Picards, Warner. En tournée, le 26 mars au Transbordeur à Lyon, le 25 avril à Grenoble, le 14 mai à Strasbourg. www.fatalspicards.com. WARNER MUSIQUE 9 Avec un premier album autobiographique à la fois drôle et dépressif, le rappeur atypique Orelsan s’impose comme un Mike Skinner (The Streets) à la française. Cela faisait bien longtemps qu’un premier album de rap français n’avait plus fait autant de bruit. Après avoir alimenté le buzz sur Internet grâce à des punchlines provocantes,Aurélien Cotentin, alias Orelsan, est devenu la nouvelle coqueluche de la presse généraliste avec Perdu d’avance. Beaucoup ont comparé ce jeune caennais de 26 ans à Eminem pour ses textes trash et son enfance loin du ghetto (son père est directeur de collège, sa mère institutrice). Plus judicieuse paraît être la comparaison avec Mike Skinner, leader inspiré de The Streets. Comme l’Anglais, Orelsan excelle pour narrer le quotidien d’un loser de la classe moyenne. Son album se découvre ainsi comme un journal intime d’un jeune de province, entre jobs précaires malgré les diplômes, les nuits à ne rien faire, les films pornographiques (amateur de films amateurs), les sorties en boîte qui « ne se passent jamais comme dans les clips », la quête des filles faciles… Si, comme Eminem, Orelsan s’est inventé un double scandaleux le temps d’un titre (Jimmy Punchline), c’est dans les morceaux où il se raconte avec sincérité qu’il est le plus convaincant.A l’image du décapant autoportrait Différent (« je suis la version humaine de Calimero »), où sa plume à la fois ironique et désespérée fait des merveilles. « Qu’est-ce qu’on br… du futur quand on ne comprend pas le présent », rappe-t-il sur No life, évocation lucide de toute une frange de la jeunesse passive et sans objectifs. Avec Changement, Orelsan signe même son My generation à lui. Un témoignage sur l’ère des MP3 et des consoles vidéo amené à devenir un objet d’étude précieux pour les historiens des siècles prochains. Perdu d’avance, Orelsan, Wagram. Actuellement en tournée. Le 13 mai au Bataclan à Paris. Orelsan n’a rien perdu de sa verve de rappeur.



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