Direct Soir n°424 16 oct 2008
Direct Soir n°424 16 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°424 de 16 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jean-Claude Juncker, les enjeux du conseil européen

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
14 THÉÂTRE CULTURE Fantasio, clown triste de la Cour Après le triomphe de « Cyrano de Bergerac », sa première mise en scène pour la Comédie-Française, Denis Podalydès monte « Fantasio » d’Alfred de Musset, l’histoire d’un dandy désœuvré. Cécile Brune (Fantasio) et Florence Viala (Elsbeth). Fantasio s’ennuie. Il est un enfant du siècle. Né après les révolutions et les guerres, tout comme l’était Musset, il ne sait quoi faire de son existence. Alors il boit en attendant de trouver une occupation. Dans une Allemagne romantique, à la veille du mariage de la princesse Elsbeth avec le prince de Mantoue, ce jeune bourgeois endetté (joué par une femme) croise le convoi qui mène le bouffon du roi au cimetière. Lui vient soudain une idée. Il va se distraire en endossant les habits de celui-ci, et s’introduire à la Cour pour tenter d’empêcher ce mariage politique. Deuxième mise en scène de Denis Podalydès à la Comédie-Française, après celle multirécompensée de Cyrano de Bergerac, On a testé… Fantasio emmène le spectateur dans un univers tourbillonnant. Le metteur en scène retrouve Eric Ruf au décor, qui a imaginé, tel un carrousel, un plateau tournant sur lequel les comédiens s’agitent, courent après quelque chose. Leur quête est celle du sens, d’une idéologie qui sauverait la jeunesse du désenchantement. Mais loin d’être tragique, Musset se fait rassurant. Il ne mène pas son personnage principal vers une fin sans lendemain. Il montre une âme errante et perdue, mais qui, le temps de quelques heures, trouvera une cause pour laquelle s’engager. Fantasio, jusqu’au 15 mars 2009, à la Comédie-Française, Place Colette, Paris 1 er (0 825 10 16 80). MANOIR DANS LA VIENNE ■ C’est dans un manoir du XVI e siècle, aux dépendances refaites par François Pin (on lui doit la restauration des ailes du Louvre), que l’on découvre un décor contemporain original, avec meubles et objets argentins. A table, une cuisine simple à base de produits naturels, aux saveurs des herbes et légumes du potager : carpaccio de saumon à l’aneth et tartare de concombre à la menthe, dos de cabillaud à la fleur de sel et risotto de quinoa, aumônière de chèvre du Maras au miel et amandes grillées… Enfin, on craque pour la tarte à la rhubarbe et son coulis de fraise ou le tiramisu de saison ! Menu entrée, plat, dessert à 22 €. Normandoux, rue des Sapins, 86800 Tercé (05 49 01 02 01). R. GAILLARDE/GAMMA/EYEDEA PRESSE DR EXPOSITION Un photographe dans la ville ■ Plus qu’un photographe, Denis Darzacq est un observateur attentif de nos sociétés modernes. Lauréat du Word Press Photo 2007 pour sa série La chute – de jeunes danseurs font des performances dans la rue – le photographe place l’individu urbain au centre de son travail. Le Carré de Baudouin expose six séries de clichés réalisées ces dix dernières années. Elles révèlent, entre autres, le mouvement des corps dans la ville et les stéréotypes sociaux. Denis Darzacq, jusqu’au 22 novembre, du mardi au samedi, de 11h à 18h, pavillon Carré de Baudouin, 119-121, rue de Ménilmontant. Paris 20 e, (0158535540). La chute n°2, 2006, Denis Darzacq. DANSE THÉÂTRE « Hamlet » sens dessus dessous ■ Isabella Soupart, véritable ovni belge, et sa compagnie In the Wind of Time se jouent des classiques. En 2003, elle revisitait Andromaque avec sa création Boiling Point. Au Théâtre national de Chaillot, elle s’attaque à Hamlet et transforme l’œuvre en une tragédie contemporaine atypique : K.O.D (Kiss of Death). Télescopant les genres (cinéma, théâtre, danse et concert), c’est sur un air de musique rock, jouée en live, qu’elle propulse Hamlet dans un monde dirigé par les « puissances médiatiques ». K.O.D, du 16 au 23 octobre, 20h30, au Théâtre national de Chaillot, Paris 16 e (0153653000). www.theatre-chaillot.fr D. DARZACQ Directsoir N°424/Jeudi 16 octobre 2008 DR ROMAN Kasischke couronnée ■ Le sujet de La couronne verte rappelle le récent film d’horreur Les ruines, avec des étudiantes américaines qui vont connaître un drame en visitant une pyramide maya au Mexique. Mais la singulière Laura Kasischke, grande spécialiste de la middle class et de l’adolescence, se démarque très vite des codes hollywoodiens pour livrer un magnifique et envoûtant roman sur le passage douloureux à l’âge adulte, tout en rappelant que même dans le cadre exotique de Cancùn, l’Amérique reste un danger pour elle-même. La couronne verte, de Laura Kasischke, Christian Bourgois, 22 €. ROMAN Echenoz sur les starting-blocks ■ Après sa remarquable fiction biographique sur Ravel (en 2006), Jean Echenoz récidive en s’emparant du destin du coureur de fond tchèque Emil Zatopek (1922-2000). Avec son style subtil et épuré, l’écrivain raconte l’histoire de cet homme modeste, devenu un mythe de l’athlétisme bien malgré lui, avant de subir la répression communiste après le Printemps de Prague. A l’image du quadruple champion olympique, l’élégant et racé Echenoz confirme ainsi qu’il a toujours une belle longueur d’avance sur le reste du peloton littéraire. Courir, Jean Echenoz, éd. de Minuit, 13,50 €.
www.directsoir.net CINÉMA Prudence est mère de curiosité ★★★★★ C’est le retour du couple formé par André Dussolier et Catherine Frot, dans une adaptation fantaisiste du roman « Le crime est notre affaire », d’Agatha Christie. Dans ses romans policiers, Agatha Christie a parfois mis entre parenthèses ses héros Hercule Poirot ou Miss Marple pour mettre en scène Tuppence et Tommy Beresford. Devant la caméra de Pascal Thomas, ils sont devenus Prudence et Bélisaire (Catherine Frot et André Dussolier), héros de Mon petit doigt m’a dit (2005), de nouveau réunis dans Le crime est notre affaire. Ce couple de retraités, impertinent, moderne, élégant, fait tout le charme de cette comédie qui s’aventure souvent au-delà des limites du réalisme. Prudence, héroïne au nom si mal choisi, s’ennuie. Sa vie avec Bélisaire est décidément trop calme. Sa tante (Annie Cordy, méconnaissable) lui donne l’occasion rêvée. Lors d’un voyage en train, elle De la survie en milieu hostile Après « Man Push Cart », un premier film ovationné par la critique, Ramin Bahrani dresse avec « Chop Shop » un nouveau portrait de la vie en périphérie new-yorkaise. ■ Alejandro, un garçon latino de 12ans, orphelin de la rue, débrouillard et courageux, survit en travaillant et habitant dans l’un des nombreux garages du « Triangle de fer ». Une fourmilière grouillante qui borde le Queens, dangereuse et crasseuse, où croupissent eaux usées et carcasses de voitures. Il alpague les clients, transporte les pièces détachées, apprend sur le tas le métier de carrossier, et vend à la sauvette à ses heures perdues DVD et cartes postales. Son ambition est de récolter assez d’argent pour acheter un camion de restauration, afin de sortir sa grande sœur Isamar et lui de la misère… L’expression argotique « Chop Shop » , titre du film de Ramin Bahrani, désigne le fait de démonter des voitures volées pour les vendre en pièces détachées, le travail ingrat et sans fin auquel se pense avoir assisté à un crime de la fenêtre de son compartiment. Prudence, déterminée à découvrir le fin mot de l’histoire, se fait engager comme cuisinière dans une grande maison, à proximité du lieu du crime. Une belle poignée de personnages intrigants y vit : un vieil homme grabataire et radin (Claude Rich, hilarant), sa fille dévouée (Chiara Mastroianni) et ses trois frères (dont Melvil Poupaud). Ces personnages s’épient alors que Prudence et Bélisaire entament une enquête en sousmarin. Un corps retrouvé dans un sarcophage et une danseuse russe donnent les premières pistes au couple, qui insuffle charme et excentricité à une sombre histoire criminelle. Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas, en salles. AlejandroPolanco. livrent Alejandroet les autres pour survivre. Brillamment interprété par des acteurs pourtant non professionnels, Chop Shop offre une vision quasidocumentaire de la réalité sociale d’un quartier que le maire de New York a récemment surnommé « le coin le plus désespéré de la Grosse Pomme ». Chop Shop, de Ramin Bahrani, en salles. P.GIRSE CULTURE 15 Depuis Mon petit doigt m’a dit, Pascal Thomas a adapté une autre enquête d’Agatha Christie, L’heure zéro, mais sans Catherine Frot et André Dussollier. Catherine Frot (Prudence) et André Dussolier (Bélisaire) apportent fantaisie et piquant à l’œuvre d’Agatha Christie.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :