Direct Soir n°418 8 oct 2008
Direct Soir n°418 8 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°418 de 8 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Penélope Cruz, nouvelle muse de Woody Allen

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 ONE-MAN SHOW CULTURE Gérard Miller s’occupe de vous Après un mois en Avignon cet été, Gérard Miller présente, au Petit Théâtre de Paris, « Manipulations mode d’emploi ». Un guide de survie aux pays des grands hypnotiseurs. Gérard Miller sur la scène du Petit Théâtre de Paris, le 12 septembre dernier, dans sa pièce Manipulations mode d’emploi. Pour la première fois seul sur scène, Gérard Miller « décrypte » les manœuvres des grands manipulateurs. Qui sont-ils ? Comment opèrent-ils ? Pourquoi sommes-nous sensibles à leurs manigances ? Après La presse est unanime de Laurent Ruquier, vous remontez sur scène. Etes-vous piqué par le virus du théâtre ? Ce serait mentir de dire que je suis frappé par le virus du théâtre. J’ai dit, et c’était vrai, qu’après quinze représentations de La presse est unanime, je m’étais ennuyé. Les comédiens disent que chaque soir est différent ; pour moi, chaque soir était identique. Cette fois, le texte est le mien et j’ai donc très envie de le défendre. Et puis, si je reviens sur scène aujourd’hui, c’est parce que les espaces de liberté ne sont plus si nombreux en France et que le théâtre est de ceux-là. Pourquoi un traité sur la manipulation ? Je crois que nous entrons dans une nouvelle ère de la manipulation. Aujourd’hui, les manipulations sont de plus en plus invisibles et nous devenons des esclaves consentants. Nous acceptons d’être cocufiés en direct dans L’île de la tentation, torturés en live dans Koh-Lanta. Le « sous vos applaudissements » de Jacques Martin, devient « avec votre consentement ». Qui sont ces grands manipulateurs ? Les grands noms de l’hypnose, le nommé Coué, les politiciens, la télévision et ses présentateurs. Ce n’est pas une dénonciation mais une mise en perspective humoristique. Je m’amuse en montrant comment l’histoire se répète. Pourquoi sommes-nous manipulables ? Parce que nous aimons ça. Nous sommes, et moi le premier, des êtres particulièrement disponibles, des manipulés satisfaits, incapables de résister. C’est attristant et touchant à la fois, mais nous aimons nous faire avoir. Est-ce le psychanalyste qui monte sur scène ? Je suis psychanalyste dans mon bureau, mais je baisse le rideau de fer en sortant. Je ne me prends pas non plus pour un professeur quand je n’enseigne pas. Je passe d’une activité à une autre sans temps mort, sans sas de décompression. Comment le spectacle a-t-il été reçu en Avignon ? Complet du début à la fin ! J’ai découvert à quel point les gens avaient envie d’entendre des propos séditieux, contestataires. Un son de cloche différent de ce qui domine dans les médias. Manipulations mode d’emploi, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h. Petit Théâtre de Paris, 15, rue Blanche, Paris 9 e (0142800181), de 22 à 26 €. www.theatredeparis.com V. VERCHEVAL THÉÂTRE Quel espoir après la guerre ? ■ Depuis trente ans, Lars Norén interroge la société contemporaine. Une démarche qu’il poursuit aujourd’hui avec A la mémoire d’Anna Politkovskaïa, pièce qu’il avait écrite avant le meurtre de cette journaliste russe qui avait dénoncé sans relâche l’intervention russe en Tchétchénie. Mais ce sont bien la guerre et ses ravages qui sont majoritairement dénoncés par l’écrivain et metteur en scène. Il décrit la vie de ceux qui tentent de survivre à ces conflits, perdus dans la drogue, l’alcool et la négation de leur humanité. A la mémoire d’Anna Politkovskaïa, jusqu’au 25 octobre à 20h30 (relâche le lundi), le dimanche à 15h30. Théâtre Nanterre-Amandiers, 7, avenue Pablo-Picasso, Nanterre (0146147000). www.nanterre-amandiers.com « Incendies », cru et sans concession ■ Stanislas Nordey remet en scène le texte de Wajdi Mouawad, auteur libanais, intransigeant et engagé. Il propose ici l’histoire d’une femme, Nawal, et de la quête de ses jumeaux qui recherchent leurs origines, sur fond de guerre et de déchirements. Le terrible côtoie le burlesque, les rires se confondent avec les larmes, dans une saga tissée sur plusieurs générations, sur la trame de l’Histoire. Incendies, jusqu’au 2 novembre. Théâtre de la Colline, 15, rue Malte-Brun, Paris 20 e (0144625252), de 13 à 27 €. www.colline.fr B. ENGUERAND Véronique Nordey et Charline Grand : Nawal à des âges différents. Directsoir N°418/Mercredi 8 octobre 2008 O. LABAN-MATTEI/AFP DR Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy. LIVRE BHL vs Houellebecq ■ Ennemis publics dévoile la correspondance entre deux auteurs que tout, du style aux idées, semble opposer : Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy. Mais le gros coup éditorial de cette rentrée (un premier tirage de 150000 exemplaires), longtemps tenu secret, débouche sur une vraie complicité. Successivement, ces deux bêtes médiatiques irritent le lecteur en se posant en écrivains maudits et en distribuant les bons points et les tacles (certains journalistes se voient qualifiés de « cloportes »), stimulent son intérêt en rendant hommage à des auteurs chers, et l’émeuvent enfin en se livrant et en dressant de beaux portraits de leur père respectif. Ennemis publics, Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy, Flammarion/Grasset, 20 €. Dans l’abîme de la galette ■ A l’origine, Tristan Jordis voulait réaliser un documentaire sur le milieu des adeptes du crack de la Porte de la Chapelle. Mais in fine, c’est un livre qui est ressorti de cette plongée dans l’abîme de « la galette », autre nom de cette drogue fulgurante. Tristan Jordis raconte ses rencontres et peint une galerie de personnalités tantôt glaçantes, tantôt attachantes. S’il n’a pas l’ambition du roman, son livre présente une valeur documentaire sans égale sur les fumeurs de crack. Crack, Tristan Jordis, Seuil, 19,90 €.
www.directsoir.net CINÉMA La fièvre espagnole de Woody Allen ★★★★★ Le nouveau film de Woody Allen au casting éblouissant transporte le spectateur à Barcelone, ville romantique par excellence pour le réalisateur new-yorkais. Sa trilogie londonienne bouclée –Match Point, Scoop, Le rêve de Cassandre–,Woody Allen est allé du côté de l’Espagne réaliser son dernier film. C’est dans la capitale catalane qu’il a tourné Vicky Cristina Barcelona, son dixième film à avoir été présenté à Cannes hors compétition. Une fois le décor planté par la voix off d’un conteur, les errances amoureuses de Vicky (Rebecca Hall) et de Cristina (Scarlett Johansson), deux jeunes New-Yorkaises venues passer leurs vacances à Barcelone, débutent. Un soir, elles font la connaissance de Juan Antonio (Javier Bardem), peintre notoirement connu pour ses déboires conjugaux. Cristina et Juan Antonio deviennent amants. Mais l’histoire se complique lorsque María Elena (Penélope Cruz - voir portrait en page 4) CINÉMA Dans la peau d’un autre Récompensé par un Ours d’argent à Berlin, ainsi que par le Grand Prix du jury et par le Prix du meilleur acteur, le film argentin « El otro » d’Ariel Rotter sort aujourd’hui en salles. ■ Lorsque Juan Desouza, un avocat de Buenos Aires, découvre que le passager assis près de lui dans le bus a passé l’arme à gauche, son voyage d’affaires en province se transforme en un autre périple… Décidé à prolonger son séjour, il emprunte l’identité du mort puis change à l’envi ses nom et profession pour réserver dans les hôtels des environs. Avec ses longues séquences, rythmées par la respiration du héros interprété par l’acteur Julio Chávez (El custodio), El otro est un film de silences, de temps morts, de contemplation. Ariel Rotter (Sólo por hoy, 2001), entraîne le spectateur dans l’errance de son personnage en pleine crise existentielle : peur de la mort, de vieillir, crise de la quarantaine, peur débarque chez son ex-mari. D’une réalisation admirablement maîtrisée et dotée de qualités esthétiques indéniables, le nouveau film de Woody Allen est une comédie légère et enlevée sur les relations amoureuses. Loin de se vouloir parole d’évangile, Vicky Cristina Barcelona montre plusieurs visages de l’amour. Cristina n’est qu’aventures et inconstance : tandis que Vicky ne croit qu’en la sécurité et la permanence, Juan Antonio et María Elena incarnent l’amour impossible et destructeur. Certains pourraient accuser le réalisateur new-yorkais d’une vision simpliste, voire manichéenne des rapports sentimentaux, mais son film est une fable amusante qu’il est bon de courir voir. Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen, en salles Julio Chávez alias Juan Desouza, Manuel Salazar, Emilio Branelli et Lucio Morales. de la paternité, de l’engagement… Bien sûr, les amateurs de films d’action devront passer leur chemin. Les autres vibreront, comme lors des séquences émouvantes où Juan donne le bain à son père malade. El otro, d’Ariel Rotter. DR CULTURE 15 « Vicky Cristina Barcelona » Pour rendre la magnifique lumière de la ville espagnole, Woody Allen a fait appel à Javier Aguirresarobe, directeur de la photographie des films Parle avec elle, Mar adentro ou encore Les autres d’Amenábar. Scarlett Johansson est Cristina, une jeune New-Yorkaise passant ses vacances à Barcelone.



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