Direct Soir n°360 3 jun 2008
Direct Soir n°360 3 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°360 de 3 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Barack Obama vers l'investiture démocrate

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 EN COUVERTURE Si Hillary Clinton lui laisse le champ libre, Barack Obama dispose de cinq mois pour convaincre les Américains qu’il est plus apte que le républicain John McCain à devenir Président. BARACK OBAMA Nous nous préparons à nous battre contre le candidat républicain John McCain. » Sans attendre la fin du cycle des primaires démocrates qui se terminent aujourd’hui avec celles du Dakota du Sud et du Montana, Barack Obama donne le ton. Fort de ses 2073 délégués, le sénateur de l’Illinois, même s’il reste encore suspendu à la décision des « superdélégués » qui ne s’exprimeront qu’en août lors de la Convention de Denver, a endossé le costume de candidat démocrate à la Maison Blanche. Cette première bataille longue de six mois et « la plus dure de l’histoire des primaires démocrates » selon plusieurs analystes, n’est en fait que le début pour le sénateur de l’Illinois. Le candidat démocrate a désormais cinq mois pour convaincre l’Amérique entière qu’il est le plus apte à devenir le 44 e président des Etats-Unis face au candidat républicain John McCain, en espérant qu’Hillary Clinton finisse enfin par renoncer et lui laisser le champ libre. Pendant six mois, Barack Obama a incarné une force nouvelle et a prétendu pouvoir tourner la page des années Bush plus rapidement que sa rivale Hillary Clinton. Les défis qui s’annoncent maintenant seront de toute évidence très complexes. La bataille dans le camp démocrate a été longue et épuisante. L’impossibilité de départager rapidement les deux prétendants démocrates a entraîné un combat sans merci, exigeant des ressources physiques et financières hors normes (140 millions de dollars levés depuis le mois de janvier par Obama). Pendant ce temps, John McCain, désigné depuis le mois de mars, a pu préparer le deuxième round et lever les fonds nécessaires au duel. Une avance que l’écurie républicaine entend exploiter sans réserve. ATOUTS DÉMOCRATES Sur la forme, Barack Obama devrait se lancer dans cette nouvelle phase de la Directsoir N°360/Mardi 3 juin 2008 L’OUTSIDER DEVENU FAVORI L’interminable cycle des primaires sera clos aujourd’hui et les résultats définitifs seront connus en France dès la nuit prochaine. Le candidat démocrate semble avoir toutes les cartes en main pour convaincre les derniers super-délégués encore indécis et se lancer dans les cinq derniers mois de campagne face à John McCain, le candidat républicain. campagne en capitalisant sur l’un des thèmes exploités depuis le début par les démocrates : le « Tout sauf Bush ». « Il a la chance d’avoir près de 60% des Américains qui détestent en ce moment le parti républicain », souligne Ted Stanger, journaliste et essayiste américain. Malgré l’effort de McCain pour se démarquer de George Bush, il pourra difficilement éviter d’être catalogué comme « celui qui fera son troisième mandat » », selon l’expression de Nicole Bacharan, politologue et spécialiste des Etats-Unis. Le camp démocrate pourrait utiliser sans réserve cet argument qui fonctionne en particulier auprès de l’électorat le plus jeune. Et sur
www.directsoir.net cette thématique de la rupture, Obama était et est mieux positionné que Hillary Clinton, qui s’inscrit dans une autre continuité : celle des deux mandats successifs de son mari, Bill. La question de l’Irak pourrait être un autre élément du débat susceptible de jouer en faveur de Barack Obama, partisan du retrait progressif, qui peut se targuer à l’heure actuelle du soutien d’une majorité de la population américaine. Dans un sondage pour la chaîne ABC daté du mois d’avril, 56% des personnes interrogées souhaitaient en effet un retrait rapide des troupes du bourbier irakien. Reste que les républicains interprètent la position d’Obama comme le signe d’une incapacité à assumer le commandement en chef des armées dans une nation qui se considère en guerre. Un rôle qui serait en revanche à la hauteur du vétéran du Vietnam qu’est le candidat républicain. Pour se débarrasser de cette image de novice en matière de politique étrangère, le sénateur de l’Illinois devrait se rendre prochainement en Irak afin de répondre par anticipation aux critiques républicaines. L’ÉCONOMIE AU CŒUR DE LA CAMPAGNE Même s’il est probable que l’Irak tiendra une place majeure dans le débat au cours des derniers mois de la campagne, l’économie pourrait prendre le dessus tant la situation du pays paraît atteindre un point critique. La pauvreté semble être l’une des principales inquiétudes des Américains. « Sur les 37 millions d’Américains considérés comme pauvres, une grande partie d’entre eux a un travail », souligne François Durpaire, coauteur de L’Amérique de Barack Obama. Et l’histoire a prouvé que les préoccupations économiques et sociales jouent en faveur des démocrates. D’autant plus que John McCain, péchant par naïveté, a affirmé « qu’il ne connaissait pas grand-chose en économie », rappelle Nicole Bacharan. De plus, en période de risque de récession, récemment évoqué par Alan Greenspan, ancien président de la Fed, le libéralisme affiché du candidat républicain peut faire figure d’épouvantail. Autres éléments clés du débat : la santé et la sécurité sociale. Pour une grande partie de la population, les assurances ne suffisent plus à couvrir les frais médicaux. Dans l’Iowa, le 20 mai dernier, Barack Obama a ainsi axé son discours sur le pouvoir d’achat, le prix de l’essence et les subprimes, égratignant au passage les lobbyistes. Ce discours aux accents populistes a séduit la foule, qui se C’EST UN CANDIDAT QUI « VA DÉPASSER LES COULEURS. » Constance Borde, présidente des démocrates en France soucie de la baisse de son niveau de vie. Parmi les mesures phares de son programme, le candidat Obama mise sur une baisse des cotisations et souhaite lutter contre la hausse des prix des médicaments. Des mesures absentes du programme républicain. LES FAILLES D’OBAMA En grande partie, les handicaps du candidat démocrate sont les atouts du camp républicain. Le candidat McCain, défait lors des primaires républicaines en 2000 face à Georges W. Bush, connaît très bien le terrain et devrait imposer à son adversaire un rythme harassant. Il a déjà mobilisé associations et faiseurs d’opinions pour imposer son agenda. Déjà, dans les talk-shows, les républicains dépeignent le candidat démocrate comme un modèle de la gauche « caviar », éloigné des problèmes de « l’Amérique d’en bas ». Cette difficulté réelle à convaincre l’électorat populaire pendant ces primaires pourrait avoir des conséquences désastreuses pour Obama, en particulier dans les Etats les plus ruraux.Autre facteur clé du débat présidentiel américain : la dimension ethnique. Le statut potentiel de premier « président noir des Etats-Unis » est une caractéristique d’Obama qui a probablement porté ses fruits face à Hillary Clinton. Mais devant John McCain, cette carte pourrait EN COUVERTURE 7 Le candidat démocrate lors de son discours de campagne à Noblesville (Indiana), le 3 mai dernier. être beaucoup plus difficile à jouer. D’autant que les insinuations sur son passé et l’insistance donnée à son second prénom, Hussein, par une partie des républicains, pourraient lui causer beaucoup de torts. « Beaucoup d’Américains blancs pourraient voter avec en tête la couleur de peau d’Obama », selon Ted Stanger.Autant d’éléments que le candidat démocrate devra surmonter s’il veut battre le candidat républicain. Grâce à l’intense VU PAR DR occupation médiatique dont il a bénéficié depuis six mois, Barack Obama sort gagnant de ce premier round quasiment achevé. Mais la route est encore longue pour l’ancien étudiant de Harvard, qui doit désormais se concentrer sur les Etats clés qui seront déterminants pour le mois de novembre. Surtout qu’aux Etats-Unis, comme le rappelle François Durpaire, « rien n’est joué jusqu’au mois de novembre. Tout peut basculer au dernier moment ». François Durpaire, coauteur de « L’Amérique de Barack Obama » « Rien n’est joué jusqu’au mois de novembre » ■ « On raisonne pour l’élection américaine comme on raisonnerait avec des élections en France, en oubliant que c’est un Etat fédéral impliquant un système de vote très complexe. Il faut impérativement prendre en compte le fonctionnement des élections et la possibilité pour les deux candidats de faire basculer un Etat à tout moment. Ce qui sera déterminant entre les deux candidats, ce n’est pas tant leur capacité d’affrontement sur des thèmes particuliers, mais plutôt leur capacité à gagner des Etats clés comme la Floride, l’Ohio et la Pennsylvanie. De ce point de vue, les deux candidats présentent des avantages et des inconvénients. Il faut rester très prudent, rien n’est joué jusqu’en novembre. Je crois que la campagne sera très intéressante. Nous aurons deux visions de l’Américain type : l’un qui incarne le changement et l’autre plutôt le héros du Vietnam. »



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