Direct Soir n°360 3 jun 2008
Direct Soir n°360 3 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°360 de 3 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Barack Obama vers l'investiture démocrate

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 CULTURE Etienne Daho est jusqu’au 8 juin à l’affiche de l’Olympia, dans le cadre d’une tournée intimiste. Nous avons rencontré l’artiste après ses récents concerts triomphaux à Rennes. Etait-ce important pour vous que cette tournée soit plus intimiste que la précédente ? Je voulais me produire dans des théâtres, des endroits qui sont faits pour la musique. Ma dernière tournée s’était déroulée dans de grandes salles, c’était un autre show, avec beaucoup de tubes. Là, je mets l’accent sur les titres du nouvel album, ainsi que sur des morceaux parfois moins connus de ma carrière. Avez-vous hésité à interpréter sur scène Boulevard des Capucines, qui raconte comment votre père, qui vous avait abandonné très jeune avait tenté de vous revoir alors que vous triomphiez à l’Olympia en 1986 ? J’ai hésité, mais c’est un moment important du concert. Cette chanson n’est pas dans le pathos. Je reçois une lettre de mon père qui me demande pardon, et d’une certaine manière je lui demande pardon à mon tour. C’est une libération, pas un truc triste. Elle touche beaucoup de gens, car elle parle du rapport au père, moins abordé que le rapport à la mère. La chanter à l’Olympia s’annonce comme un moment spécial… Oui, ça va forcément être particulier. Mais je préfère ne pas y penser, car je ne veux pas me laisser submerger par l’émotion. Votre dernier album, L’invitation, est à la fois épicurien et spirituel. Je suis quelqu’un qui aime la fête, qui bouffe la vie autant qu’il peut. Mais la matière n’est pas suffisante. La spiritualité ouvre à d’autres choses. Sur scène, en évoquant vos jeunes années rennaises, vous dites : « On avait le feu au slip » … Malheureusement, ça dure toujours (rires). Même si j’avais une image romantique dans les années 1980, mes chansons ont souvent été hédonistes. Des attractions désastres ne parle par exemple que de ça : « De la vie faire ripaille, avant que j’m’en aille ». Etes-vous heureux d’avoir enfin décroché une Victoire de la musique ? Oui, car c’était pour un album nouveau. On a célébré mon inspiration actuelle, non pas l’ensemble de ma carrière. Et puis c’était ma seizième nomination, il était temps (rires) ! Comment expliquez-vous que vous soyez le seul artiste issu de la vague new wave à avoir eu un succès durable ? Les gens te choisissent, et c’est quelque chose de mystérieux. Dans les années 1980, la « dahomania » était un phénomène qui n’avait plus rien à voir avec moi, car un album comme Pop satori n’avait en soi rien de populaire. De manière générale, j’admire les gens qui se fixent une ligne et qui ne laissent pas leur travail être perverti par la réussite. Je trouve que l’on n’apprend rien du succès. C’est quelque chose de très violent. Seuls m’intéressent le fait d’écrire de bonnes chansons, puis d’aller sur scène. Et faire la fête, bien sûr. Directsoir N°360/Mardi 3 juin 2008 INTERVIEW Son triomphe à Rennes Etienne Daho retrouve le boulevard des Capucines Obsession Tour 2008 : Etienne Daho est à Paris cette semaine puis sera à Blois, Lyon, Perpignan, Deauville... En bref ■ Chanter à Rennes, ville de sa jeunesse, est un moment particulier pour Etienne Daho. « Ce ne peut pas être comme ailleurs. Se produire devant des gens qui sont importants pour moi, c’est toujours impressionnant », déclarait-il le 20 mai dernier à sa sortie de scène. Ceux qui ne l’avaient plus vu depuis ses débuts scéniques aux Transmusicales en 1979 ont en revanche dû être surpris par la métamorphose. Le jeune homme timide s’est transformé en interprète énergique qui enflamme l’emblématique Salle de la Cité, parfait pour un concert intimiste. La « set list » favorise les belles chansons de l’album – comme L’invitation – et des titres qui ne figurent pas parmi les plus connus de la carrière de Daho. Les fans retrouvent avec bonheur l’existentialiste Paris le Flore, le délicat Promesses ou le bouleversant Sur mon cou, adapté d’un texte de Jean Genet. Nulle trace en revanche des tubes Week-end à Rome, Duel au Soleil ou Tombé pour la France (« Pouvoir se passer de telles chansons, c’est quand même classe, non ? »). Accompagné par un miniorchestre de cordes, le chanteur devra plusieurs fois reprendre des titres, poussé par la ferveur de la foule. Pour Etienne Daho et ses amis rennais, la fête s’est ensuite prolongée très tard à l’Ubu, petit club où l’artiste était bien entendu roi. Mini-tournée pour Feist/Avec Let it Die sorti en 2004, Feist était partie deux ans sur les routes. Avec The Reminder, la jeune canadienne entame une toute petite tournée pour présenter l’album à ses fans français. Ce soir au Grand Rex de Paris et demain au Transbordeur de Lyon. Musique et arts graphiques/Avec la soirée Illustrated live organisée au Divan du Monde à Paris demain soir, découvrez la musique de Miva Boïka et des Princes Chameaux, illustrée par Alfred, Mai-Lan et Aurelio. A. BENAINOUS/GAMMA/EYEDEA PRESSE
www.directsoir.net CINÉMA L’affaire est dans le sac ! CULTURE ★★★★★ Qu’arrive-t-il à monsieur et madame Tout-lemonde lorsqu’ils touchent le gros lot dans la plus parfaite illégalité ? Réponse dans une « Affaire de famille », signée Claus Drexel. Miou-Miou et André Dussollier campent un couple terni par les années. Dans la famille Guignebont, le réalisateur Claus Drexel a choisi la mère accro au chocolat, le père fan de football et la fille en pleine crise d’adolescence pour « dénouer » l’intrigue de son premier long métrage. Treize ans après Montparnasse-Pondichéry, André Dussollier et Miou-Miou se retrouvent sur grand écran. Ils n’incarnent plus les amants fous de passion imaginés par Yves Robert, mais un couple terni par les années, enlisé dans un quotidien sans surprise. Lorsqu’un sac rempli de billets de banque atterrit par miracle dans la cabane au fond de leur jardin, chacun se met à échafauder des plans et à se méfier de l’autre. Jean rêve de s’envoler pour le Brésil, Laure de donner un coup de jeune à son affreuse boutique de souvenirs. Mais La bande originale du film met en lumière l’indi-rock des Smallwhitelight, un groupe de jeunes Anglais qui émerge outre-Manche. c’est sans compter sur le terrible Samy (Julien Courbey), bien décidé à toucher le magot, et l’inspecteur Vivant (Eric Caravaca), qui les observe de près. Entre intrigue policière et thriller d’épouvante, Affaire de famille offre un mélange des genres réussi, curieusement rythmé par des scènes burlesques et quelques clins d’œil à des films cultes, notamment au Shining de Stanley Kubrick. Dans cette histoire organisée en trois chapitres et trois points de vue, la vérité se découvre au fil des retours en arrière, mais n’éclate qu’à la fin. Tout l’intérêt du film repose sur cette construction en puzzle alambiquée, parfois au détriment des dialogues et de l’histoire. Dommage. Affaire de famille, de Claus Drexel, en salles.



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