Direct Soir n°348 16 mai 2008
Direct Soir n°348 16 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°348 de 16 mai 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Karim Benzema le nouveau talent du foot français

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 L’INDUSTRIE CULTURELLE Le château de Versailles L’or et l’argent Majestueux, élégant, éblouissant… Les adjectifs ne manquent pas pour décrire la beauté du château de Versailles, un lieu sans cesse en restauration. Versailles, le rêve de Louis XIV, surnommé le Roi-Soleil en raison de son goût pour le gigantisme et la démesure. Plus de 800 hectares de parc s’étendent à perte de vue. Le jeune roi visionnaire a mis à son service les plus grands talents de l’époque : Louis Le Vau, Charles Le Brun ou André Le Nôtre. L’incessante recherche de perfection anime encore les lieux aujourd’hui. « A Versailles, rien ne peut être médiocre, tout doit être exceptionnel, explique Jean-Jacques Aillagon, président de l’établissement public depuis 2007. Versailles témoigne de ce moment où la culture française a été reconnue pour son excellence. » Résidence royale, musée d’histoire et siège des parlementaires réunis en Congrès, Versailles est devenu un symbole historique de la vie politique française, un fleuron de notre patrimoine national. En 2007, près de 7,5 millions de personnes ont visité le domaine, dont 5,3 millions ont franchi les grilles du musée (soit une fréquentation en hausse de 12,3% par rapport à 2006). L’organisation des spectacles (Grandes eaux musicales, Grandes eaux nocturnes ou Fêtes de nuit) contribue à l’accroissement de la fréquentation du domaine. Doté du statut d’Etablissement public à caractère administratif placé sous la tutelle Interview du président DR Les promeneurs profitent de la douceur du printemps au bord du Grand Canal du parc du château de Versailles. du ministère de la Culture depuis 1995, le domaine national de Versailles et de Trianon est investi d’une mission portant sur « la conservation, l’étude scientifique et la mise en valeur des collections, des bâtiments et des jardins, l’éducation, la formation et la recherche dans le domaine de l’histoire, l’histoire de l’art, la muséographie et les arts de la scène ». Ce statut lui confère aussi une autonomie de gestion administrative et financière. « Versailles est le seul établissement du ministère de la Culture qui ne reçoit pas de subvention pour son fonctionnement », détaille Jean-Jacques Aillagon, l’ancien ministre de la Culture sous le gouvernement Raffarin. L’aide de l’Etat ne porte que sur le financement d’une partie des travaux et sur la rémunération des personnels fonctionnaires », poursuitil. L’Etablissement public de Versailles (EPV) Quel est le rôle de la Société des amis de Versailles fondée en 1907 ? Si l’on a fait appel à nous, il y a 100 ans, c’est parce que Versailles était très mal entretenu ; il était presque complètement démeublé et il y pleuvait même à l’intérieur. Les jardins étaient à l’abandon. Notre rôle a été d’alerter l’opinion publique et de faire pression sur le gouvernement pour changer la situation. Comment récoltez-vous les fonds ? A travers le mécénat d’entreprises, mais, est ainsi tenu de financer son fonctionnement sur ses ressources propres. SES RESSOURCES PROPRES Quelles sont-elles ? Issues de la billetterie (77% des recettes sur le compte financier de 2006), ses recettes proviennent en outre des concessions commerciales, de la location d’espaces, du mécénat et d’aides de l’Etat (subventions d’investissement). Le budget primitif de l’EPV en 2007 est de l’ordre de 100 millions d’euros et les principales dépenses de Versailles se répartissent de la façon suivante : « un tiers pour les dépenses d’investissement en travaux (environ 30 millions d’euros), un tiers pour la rémunération des collaborateurs dans ce domaine, le leadership appartient, selon moi, au Château. Pour ce qui est du mécénat privé, c’est là le rôle de la Société des amis de Versailles. Car il s’agit de faire en sorte que la société civile se sente propriétaire et responsable de Versailles. Nous avons un réseau d’influence constitué aujourd’hui de 7 000 membres. Comment procédez-vous à des acquisitions de meubles ou d’objets ? Nous disposons de 50 à 100 000 € par an Directsoir N°348/Vendredi 16 mai 2008 13,50 € C’est le prix du ticket d’entrée au Château pour les plus de 18 ans. L’accès est gratuit pour les mineurs, les scolaires et les personnes handicapées. permanents et temporaires (environ 980 agents) et un tiers pour le financement des activités liées à la mise en œuvre de sa mission culturelle », précise le président de l’EPV. En 2008,Versailles recevra près de 15 millions d’euros des mécènes. Mais l’année dernière a surtout été marquée par l’achèvement de la restauration de la galerie des Glaces entreprise par Vinci, considérée comme la plus importante opération (12 millions d’euros) de mécénat culturel jamais réalisée en France par une société. D’autres projets sont toujours en chantier, comme la restauration du Domaine de Marie-Antoinette, sous le mécénat de la maison d’horlogerie Bréguet, ou la restitution de la Grille royale avec la société Monnoyeur. Les Olivier de Rohan, président de la Société des amis de Versailles grâce aux cotisations de nos membres et à notre réseau. La priorité consiste d’abord à acquérir tout ce qui était à Versailles, ou, à défaut, ce qui était dans les autres châteaux royaux. Quels sont les projets prioritaires ? Il y en a beaucoup : remettre des bateaux sur le Grand Canal, restaurer la bibliothèque du roi Louis XV, remettre en état la chapelle, reconstituer l’appartement de Jules-Hardouin Mansart… entre autres !
www.directsoir.net mécènes financent aussi des expositions (Quand Versailles était meublé d’argent, Cent ans, cent objets…). La célèbre galerie des Glaces a été rouverte l’an dernier, après trois ans de restauration. « A Versailles, rien ne peut être médiocre, tout doit être exceptionnel. » TRAVAUX ET RESTAURATION Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le château de Versailles et son domaine requièrent des investissements abyssaux d’entretien et de restauration. Déjà au XVII e siècle, le coût des travaux liés à la construction du château avait été gigantesque du fait de l’immensité des bâtiments, mais surtout du fait des transformations (drainages et assainissements) pour rendre constructibles ces espaces marécageux. En 2003, Versailles s’est engagé dans un vaste programme de travaux d’une durée de 17 ans, donnant ainsi le coup d’envoi du plus grand chantier que l’ancien domaine royal ait connu depuis Louis-Philippe. Ce « Grand Versailles » dont le coût a été fixé à 350 millions d’euros s’articule autour de trois objectifs : restauration du monument, établissement des conditions de sécurité et de sûreté pour le public et les bâtiments et amélioration des conditions d’accueil des visiteurs. « Versailles n’a jamais connu de désaffection totale de la part de l’Etat, mais depuis 2003, l’Etat en fait plus pour financer le schéma directeur. Puisse cet engagement durer ! », dit Jean-Jacques Aillagon. LE CACHET « VERSAILLES » Versailles est aussi une activité commerciale. Outre la vente des tickets d’entrée, les souvenirs estampillés « Château de Versailles » sont très prisés. Les boutiques de la RMN (Réunion des musées nationaux) situées sur les principaux circuits de visite ont réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de 7,4 millions d’euros, dont 45% représentent la part de la vente de produits dérivés. Selon la RMN, il existerait plus de 500 produits dérivés, crayons, stylos, éventails étant les plus vendus (hormis les cartes postales). L’affluence touristique représente une manne pour la ville de Versailles. Les retombées économiques directes pour le commerce versaillais ont été estimées d’après une enquête menée par l’Office du Tourisme de Versailles en 2005, à près de 60 millions d’euros par an. Sans compter la notoriété mondiale que connaît cette ville de 85 000 habitants, née à l’époque où la Cour du roi animait les lieux. ÉVOLUTION DE LA FRÉQUENTATION DU CHÂTEAU DE VERSAILLES 2003 2004 2005 2006 2007 Total Château 2 712 823 2 967 599 2 982 599 3 054 202 3 359 622 Total Petit Trianon/DMA* 261 425 295 104 378 808 554 009 659 824 Total Grand Trianon 340 156 397 170 404 150 431 562 517 875 Total général hors jardin 3 924 786 4 329 611 4 480 081 4 741 759 5 326 317 Ces chiffres portent sur la fréquentation hors jardin. Chaque année, le nombre total de visiteurs du domaine (château et jardin) s’élève environ à 7,5 millions de personnes. ■ Source : château de Versailles. * Domaine Marie-Antoinette LA SAGA DE L’ÉCONOMIE 7 DR PHOTO : C. MILLET EN SAVOIR PLUS EUROPE Les plus grandes résidences royales ■ Le château de Schönbrunn, situé à quelques kilomètres de Vienne et surnommé le Versailles autrichien, est un autre très bel exemple de constructions royales européennes. Le Palais royal de Hampton Court, les châteaux de Berlin et Brandenbourg, les palais royaux de Naples, Turin et Madrid, l’ancien Palais de Bruxelles ou même le château de Chambord font également partie des plus grandes demeures royales d’Europe et sont le reflet des qualités exceptionnelles de bâtisseurs des rois européens à travers les époques. Le château de Schönbrunnen Autriche. HISTOIRE Repères chronologiques 1623 : Louis XIII construit une modeste habitation. 1632 : Louis XIII rachète le domaine de Versailles à l’archevêque Jean-François de Gondi. 1643 : Mort de Louis XIII. 1660 : Première visite de Louis XIV à Versailles. 1662-1668 : Agrandissement du château de Louis XIII, tracé du Parc par André Le Nôtre et creusement du Grand Canal. 1678-1689 : Construction de la galerie des Glaces, de l’aile nord et de celle du midi. 1682 : Installation de la Cour à Versailles avant la fin des travaux. ■ Le château de Versailles s’étend sur une superficie de plus de 250 000 m², dont 67 000 m² pour le bâtiment central et plus de 700 pièces, 67 escaliers, 2 153 fenêtres et 352 cheminées. Il faut aussi signaler les 11 hectares de toitures et les 15 000 m² de plancher que compte l’édifice. Le domaine du château de Versailles représente quant à lui près de 850 hectares, dont 740 pour le grand parc et le domaine de Trianon, et 90 hectares pour le jardin du château. L’espace vert contribue à la renommée de l’ancienne demeure royale, grâce notamment aux 250 000 arbres, aux 210 000 fleurs plantées chaque année, aux 55 fontaines et 600 jets 1685-1689 : Construction de l’Orangerie et du Grand Trianon. 1699-1712 : Construction de la nouvelle Chapelle royale. 1715 : Mort de Louis XIV. 1789 : La famille royale quitte Versailles. 1789-1793 : Une grande partie du mobilier est vendue aux enchères. 1793 : Louis XVI et Marie-Antoinette sont guillotinés. 1806-1810 : Projets de restauration et d’agrandissement du château. 1820 : Les appartements du château sont remis en état. 1837 : Versailles devient un musée d’histoire dédié « à toutes les gloires de la France ». CHIFFRES Le château au carré d’eau. Les collections du château sont estimées au nombre de 6 300 peintures, 5 000 objets d’art, 2 100 sculptures, 1 500 dessins et 15 000 gravures. L’orangeraie du château de Versailles.



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