Direct Soir n°334 14 avr 2008
Direct Soir n°334 14 avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°334 de 14 avr 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Silvio Berlusconi, résultat des élections ce soir

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 EN COUVERTURE Le leader du Peuple de la liberté lors de son dernier meeting de campagne à Rome, jeudi dernier. SILVIO BERLUSCONI LEADER INFATIGABLE Silvio Berlusconi est sur le point de tenir sa revanche. Alors que les bureaux de vote seront clos à 17h00 heure locale, il saura, ce soir, s’il reprend les rênes de la péninsule italienne, ou demain, si les résultats sont trop serrés. Deux ans après avoir perdu d’un fil face à son rival de l’union de centre gauche Romano Prodi, le leader de Forza Italia accéderait ainsi à la présidence du conseil pour la troisième fois. Les derniers sondages, autorisés jusqu’au 1 er avril, donnaient le camp de Berlusconi largement favori face à l’ancien maire de Rome Walter Veltroni et son Parti démocrate encore embryonnaire, qui peine à assumer le bilan de Romano Prodi. Deux paramètres pourraient toutefois créer la surprise : les nombreux indécis qui n’avaient pas encore pris le chemin des urnes, et une participation en Directsoir N°334/Lundi 14 avril 2008 « Il Cavaliere » est le grand favori des élections législatives dont les résultats seront connus ce soir. Même si depuis plus de quatorze ans, Silvio Berlusconi occupe le devant de la scène transalpine, il signe avec ces élections son grand retour politique. Son passé d’entrepreneur indépendant, son optimisme sans faille et son amour de la politique l’ont rendu capable de rassembler au-delà de son propre parti. baisse (– 4 points pour la journée d’hier) qui indique un intérêt mitigé de l’électorat italien pour cette élection. Comme lors de ses précédentes conquêtes électorales, Silvio Berlusconi a su rallier sous la bannière du « Peuple de la liberté » (PDL) ses alliés historiques : la Ligue du Nord d’Umberto Bossi et l’Alliance nationale de Gianfranco Fini, l’ancien leader du Mouvement social italien (MSI) qui a fait son « aggiornamento » en 1995. Deux partis indispensables pour franchir à nouveau les portes du Palais Chigi. « Berlusconi n’a jamais représenté 51% des voix seul, mais 30% tout au plus. S’il est encore là aujourd’hui, c’est parce qu’il est le seul à droite capable de réunir plusieurs forces », explique Marc Lazar, professeur à Sciences-Po et à la Libre université internationale des études sociales de Rome.
www.directsoir.net Tous les observateurs l’ont constaté, le Cavaliere, réputé pour son verbe haut, a tempéré son discours. « Je n’ai pas de baguette magique », a affirmé ces dernières semaines celui qui promettait il y a quinze ans un « nouveau miracle ». Face à la crise économique et sociale grave que traverse l’Italie, il a assuré à ses concitoyens son intention d’« aller au gouvernement avec beaucoup d’humilité ». Ses priorités sont simples : l’abolition de la taxe foncière, la réduction de l’impôt sur les heures supplémentaires et le retour à l’énergie nucléaire. Quelques éclats rassurent toutefois ses compatriotes, amateurs de la fougue toute italienne de l’homme, comme ce jour où il a qualifié son adversaire – ancien communiste – de « staliniste recyclé ». Silvio Berlusconi, à 71 ans, apparaît toujours très vif et se déclare en forme « comme un jeune homme ». L’ENTREPRENEUR L’homme a toujours eu un sens inné des affaires. Adolescent chez les pères salésiens, ce fils d’un employé de banque de la petite bourgeoisie milanaise fait les devoirs de ses camarades contre des friandises ou quelques lires. « Le leadership, on l’a ou on ne l’a pas. Et moi, je crois l’avoir », a déclaré un jour le Cavaliere. En 1961, il se lance dans l’immobilier en achetant ses premiers terrains et fonde les Chantiers réunis milanais. Quelques mois plus tard surgit de terre Milano 2, une gigantesque cité moderne à la périphérie de la métropole lombarde. Plusieurs supermarchés et centres touristiques suivront en Sardaigne. L’entrepreneur se lance ensuite dans les médias en créant Telemilano, une petite chaîne câblée. Il acquiert également plusieurs réseaux de télévisions locales. C’est avec ces initiatives que Silvio Berlusconi se fait vraiment connaître. Ce réseau de télévisions privées va offrir aux Italiens un style d’émissions plus gaies et plus modernes que celles proposées jusqu’alors par le monopole de la RAI. Le style de ces nouvelles télévisions fait fureur : léger, direct, moderne, avec des jeux, des spectacles et des personnalités. Cela constituera le puissant groupe Mediaset. C’est le début de l’irrésistible success story médiatique pour Silvio Berlusconi, fait chevalier de l’Ordre du travail à 41 ans. Il continuera son expansion dans l’audiovisuel italien en fondant TIZIANA FABI/AFP PHOTO Silvio Berlusconi en campagne à Rome, le 5 avril dernier. Canale 5 et en rachetant Italia 1 et Rete 4. Son empire franchira même les frontières avec la Cinq en France,Telefunf en Allemagne et Telecinco en Espagne. Le nouveau magnat IL A ASSUMÉ LE « PLUS LONG MANDAT DE L’ITALIE DE L’APRÈS-GUERRE » des médias diversifie ses activités grâce à sa société d’investissement Fininvest, qui devient bientôt le deuxième groupe privé du pays. Il investit dans le cinéma et les assurances, rachète les supermarchés Standa, les éditions Mondadori et le quotidien Il Giornale, dont il confie la direction à son frère Paolo. Surtout, il devient en 1986 propriétaire du Milan AC. Un an seulement après son arrivée, le club de foot « rossonero » (pour « rouge et noir ») remporte le Calcio (championnat de football d’Italie). Les tifosi (supporters) l’acclament. Le milliardaire cultive son image de gagneur et devient l’homme le plus puissant d’Italie. Au tournant des années 1990, l’Italie est EN COUVERTURE 5 secouée par l’opération « Mains propres ». Des juges révèlent les relations sulfureuses entre la classe politique et les milieux d’affaires. Un scandale qui envoie plusieurs centaines d’hommes politiques et d’entrepreneurs sous les verrous et entraîne la chute de la démocratie chrétienne et du Parti socialiste, mené par Bettino Craxi. C’est à ce moment-là que Silvio Berlusconi entre sur la scène politique. L’AMBITION POLITIQUE En 1994, Silvio Berlusconi se lance dans la bataille des élections législatives. Deux mois avant le scrutin, il organise un grand show télévisé pour l’inauguration de Forza Italia, un nouveau parti qui reprend une partie de l’héritage de la démocratie chrétienne. Le lendemain, l’Italie ne parle que de lui.Avec son charisme et un discours simple, il séduit les électeurs italiens. Pour la première fois, le langage est clair et direct, compréhensible par tous. Aidé par son « mégaphone médiatique », selon l’expression du journaliste Antonio Polito, ce changement radical de style va porter ses fruits. Sa réussite en tant qu’entrepreneur lui donne surtout une indépendance face au monde de la finance et du grand patronat, ce qui se révélera alors un atout de taille. Sa coalition avec l’Alliance nationale et la Ligue du Nord dépasse 40% des suffrages au premier tour. Le « berlusconisme » est né. « C’est un mélange de valeurs très contradictoires, un libéralisme teinté de protectionnisme qu’il a su imposer, en s’appuyant notamment sur les petits commerçants du Nord et les couches populaires », selon Marc Lazar. Berlusconi devient le chouchou des travailleurs indépendants, des professions libérales et chefs des petites entreprises. Tantôt chantre d’une révolution « thatchérienne », tantôt soucieux d’apparaître comme un « président ouvrier », l’homme sait adapter son discours aux circonstances. Il promet la



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