Direct Soir n°292 6 fév 2008
Direct Soir n°292 6 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°292 de 6 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Hilary Swank l'actrice aux deux oscars

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DR Directsoir N°292/Mercredi 6 février 2008 8 ÉCONOMIE Borsalino Un beau coup de chapeau La célèbre chapellerie Borsalino a fêté ses 150 ans l’année dernière. Le couvre-chef en feutre, fabriqué à partir de poils de lapin ou de lièvre, représente le must de l’élégance. Les ateliers italiens d’Alessandria continuent de produire ce chapeau d’excellence. Ils perpétuent la tradition familiale. CONNU ÉGALEMENT SOUS LE NOM DE « FEDORA », LE BORSALINO RESTE L’EMBLÈME DES GANGSTERS ITALO- AMÉRICAINS DES ANNÉES 1920-1930. Aux Etats-Unis, pendant la période de la prohibition, Al Capone, surnommé « Scarface » (le balafré), fait régner la terreur dans les rues de San Fancisco, toujours vêtu de son costume impeccable et de son célèbre chapeau en feutre. Le borsalino entre définitivement dans la légende grâce au septième art. Les deux monstres sacrés du cinéma français Alain Delon et Jean-Paul Belmondo interprètent, dans les années 1970, François Capella et Roch Siffredi, deux figures de la mafia marseillaise. Tout voyous qu’ils sont, ils portent élégamment le borsalino. ALESSANDRIA, BERCEAU DE BORSALINO L’histoire de ce célèbre chapeau commence dans la ville d’Alessandria, commune italienne située dans la région du Piémont dans la plaine du Pô. Le jeune Giuseppe Borsalino, peu intéressé par les études, débute en 1846 une formation de chapelier en tant qu’apprenti. Il part Interview d’un PASSIONNÉ T. HAGER/FOCUS Un borsalino reste une marque d’individualité. Michel Curchod, patron des boutiques Coup de chapeau. s’installer quatre ans plus tard à Paris. Giuseppe est embauché chez le célèbre chapelier Berteil, rue du Temple, au cœur de la capitale française. A son retour en Italie, il crée avec son frère Lazzaro en 1857 les ateliers de la chapellerie Borsalino. Le couvre-chef en feutre aux bords étroits et à la calotte creusée remporte dès son lancement un franc succès auprès des hommes. A partir de 1880, l’entreprise l’exporte dans le monde entier. LE MYTHE BORSALINO EST NÉ A la mort de Giuseppe Borsalino le 1 er avril 1900, la chapellerie est en pleine expansion. Près de 60% de la production sont consacrés à l’exportation, soit plus de 450000 pièces commercialisées dans le monde. La même année, le borsalino remporte le Grand prix à l’Exposition universelle de Paris. Teresio Borsalino, fils de Giuseppe, reprend les rênes de la société. Engagé par l’entreprise en 1911, l’illustrateur italien Marcello Dudovich signe les plus célèbres campagnes publicitaires de la marque pendant la période de l’entre-deuxguerres. De grandes personnalités comme les acteurs américains Frank Sinatra ou Humphrey Bogart arborent fièrement ce chapeau lors de cérémonies et d’avant-premières. Une publicité qui n’a pas de prix pour la marque. LES ANNÉES NOIRES DE L’INDUSTRIE ITALIENNE A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Borsalino devient le fournisseur officiel de la famille royale italienne. Le petit-neveu de Giuseppe, Teresio Plus de 100000 feutres borsalino sont fabriqués chaque année dans l’usine d’Alessandria. Michel Curchod – Responsable des boutiques Coup de chapeau (Suisse) COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS LE SUCCÈS DU BORSALINO ? Son succès est avant tout dû à la qualité de ses feutres. Les feutres français de référence comme Fléchet ou Morreton ne sont plus du même niveau. Le borsalino est porté par de nombreuses stars, comme l’acteur Johnny Deppou le mannequin Kate Moss. La maison Borsalino a su allier le classicisme à l’urbanité moderne sans pour autant donner dans la commercialisation à outrance. Elle est l’une des dernières fabriques au monde à maîtriser la totalité de la chaîne de production, du ballot de poils au chapeau fini. Un borsalino reste une marque d’individualité. QUEL EST VOTRE « COUP DE CŒUR » ? J’apprécie le borsalino pour son exceptionnelle légèreté, son confort et son imperméabilité. Ma préférence va au modèle en feutre de castor. La coupe classique aux bords relevés sur l’arrière tombe sur le front. Je sors également de temps en temps le plus ancien de mes borsalinos, Le borsalino « historique ». Usuelli, accède en 1939 à la direction du groupe en collaboration avec son cousin. Rien ne semble pouvoir atteindre la remarquable ascension du groupe italien. Mais face à la montée du fascisme, l’entreprise Borsalino connaît sa première crise. Les droits de douane augmentent, les tickets de rationnement apparaissent, les ventes du textile s’effondrent. Il faut attendre la fin de la guerre pour que l’entreprise retrouve son dynamisme et brille de nouveau sur le marché du luxe. Borsalino signe d’importants contrats commerciaux avec l’Espagne, la Colombie, le Paraguay, le Nicaragua et le Japon. LE SECOND SOUFFLE DE BORSALINO Malgré le succès des deux films Borsalino et Borsalino & Co, réalisés au début des années 1970 que j’ai acquis à l’ouverture de mon premier magasin il y a quinze ans. LE CHAPEAU EST-IL ENCORE À LA MODE ? Bien sûr. Le chapeau est le premier élément de mode. De nombreuses personnalités du monde politique, scientifique ou artistique continuent à le porter. C’est aussi un objet de distinction et d’appartenance à un groupe et, surtout, la solution idéale pour se protéger de la pluie et garder la tête au sec ! www.chapeaux.ch DR
DR www.directsoir.net Des affiches publicitaires vantant le « véritable » (« il vero ») borsalino. par le Français Jacques Deray, les ventes du feutre italien s’essoufflent. La nouvelle génération ne se reconnaît plus dans cette mode. Le chapeau n’a plus la cote. En 1992, la famille Gallo-Monticone rachète l’entreprise familiale afin de relancer la production. Les nouveaux propriétaires originaires d’Asti s’attaquent à une clientèle plus jeune. Le borsalino adopte de nouvelles formes et des couleurs vives DR Le borsalino a fêté ses 150 ans en 2007. PRODUCTION DU GROUPE BORSALINO (POUR 2006) 100 000 chapeaux en feutre ■ Source : Borsalino. 25 000 chapeaux en paille tout en conservant une fabrication artisanale. Après avoir développé la commercialisation du borsalino sur le continent américain, le groupe lance en 1999 de nouveaux points de vente en Asie. Les villes de Séoul, de Shanghai, de Singapour ou de Hong Kong voient apparaître dans leurs rues l’enseigne italienne. Une usine baptisée Borsalino Orient est inaugurée en Chine. UNE FABRICATION ARTISANALE Depuis plus de 150 ans, la méthode de fabrication n’a pas changé. Dans la banlieue industrielle d’Alessandria, les employés répètent avec minutie près de soixante-dix gestes : soufflage, foulage, garnissage sont autant d’étapes nécessaires pour parvenir à confectionner le célèbre borsalino. Les poils de ragondin, de lièvre, de rat musqué ou de lapin sont triés, soufflés puis solidifiés en cônes de feutre dans de vieilles machines souvent centenaires. Le cône, ou « cloche », est ensuite moulé manuellement et garni. Depuis 2006, tous les passionnés et chapeliers en herbe peuvent découvrir ce savoir-faire. En effet, le musée Borsalino a ouvert ses portes dans la Sala Campioni, au cœur de l’usine d’Alessandria. Des centaines de modèles et de prototypes sont exposés dans les vitrines. Les documents d’archives retracent le parcours incroyable de la famille italienne. 110 000 en tissu (casquettes, etc.) DR Le panama ■ Son nom est trompeur. Ce célèbre chapeau n’est pas originaire du Panamá mais d’Equateur, en Amérique du Sud. Très en vogue au siècle dernier, le panama, fabriqué à partir de fibres de feuilles de palmiers séchées, aurait été popularisé par les cadres occidentaux lors du creusement du canal dans les années 1880. Les Indiens le portaient pour se protéger des rayons du soleil pendant leur labeur. Il devient rapidement la coqueluche des Américains et des Européens au début du XX e siècle. Souple, le panama peut se plier, selon la finesse de la paille. H/G/CAMERA PRESS JONES IAN/GAMMA « J.R. » Ewing et son Stetson. ■ Immortalisé par le talentueux Charlie Chaplin, les détectives Dupond et Dupont ou l’agent John Steed dans la série culte Chapeau melon et bottes de cuir, ce couvre-chef en feutre noir, rond et bombé, tient son nom d’une famille de chapeliers, les Bowler (« melon » en anglais). A l’origine, William Coke, issu du comté de Norfolk, en Angleterre, commande pour son garde forestier un chapeau assez rigide pour résister aux activités rurales. Symbole de réussite sociale en Grande-Bretagne, souvent accompagné d’un nœud papillon, le chapeau melon est plus connu sous le nom de « Derby » aux Etats-Unis. Dans plusieurs pays d’Asie, comme le Cambodge, ÉCONOMIE 9 ■ L’Américain John B. Stetson commercialise dans l’Etat du Colorado, en 1865, le célèbre chapeau connu sous le nom « Boss of the Plains ». Avec seulement cent dollars, Stetson loue une salle et commande le matériel nécessaire pour la fabrication de ses chapeaux. C’est le début de la « John B. Stetson Hat Company ». Le chapeau est adopté par tous les cow-boys américains et popularisé par William Frederic Cody, qui n’est autre que le célèbre Buffalo Bill. Le chapeau melon Le canotier LES CHAPEAUX CÉLÈBRES Le Stetson américain les hommes ont pour coutume de porter ce couvre-chef pour demander la main de leur bien-aimée. Le chapeau haut-de-forme ■ Le canotier, aux bords étroits et plats, est souvent orné d’un ruban noir. Très apprécié par le chanteur et comédien Maurice Chevalier, ce chapeau a également fait l’objet d’un célèbre tableau d’Auguste Renoir, Le déjeuner des canotiers. Il devient populaire vers 1880. Les gondoliers aiment le porter lors de leurs courses sur les canaux de la Cité des Doges. Un atelier de fabrication de panamas, en Equateur. Une version très « british » du chapeau melon. ■ Ce chapeau symbolise l’élégance et le raffinement des bourgeois du XIX e siècle. Il devient dès les années 1840 le signe d’appartenance à un rang social élevé. De par la taille imposante de sa calotte, le haut-de-forme se porte pour les grandes occasions : sorties au théâtre, mariages et autres cérémonies prestigieuses, le plus souvent accompagné d’une jaquette en velours ou d’une queue-de-pie. Camilla et le prince Charles coiffé d’un haut-de-forme. Le fameux canotier de Maurice Chevalier. ROGER-VIOLLET L. GIRAUDOU/HEMIS KEYSTONE FRANCE



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