Direct Soir n°285 28 jan 2008
Direct Soir n°285 28 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°285 de 28 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Olivier Besancenot veut créer un nouveau parti

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°285/Lundi 28 janvier 2008 6 EN COUVERTURE OLIVIER BESANCENOT EST NÉ LE 18 AVRIL 1974 À LEVALLOIS-PERRET. IL INTÈGRE LES JEUNESSES COMMUNISTES RÉVOLUTIONNAIRES À 14 ANS, AVANT D’ADHÉRER À LA LCR EN 1991. IL EN DEVIENT L’UN DES PORTE-PAROLE EN 2002, ANNÉE DE SA PREMIÈRE CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE. Olivier Besancenot Facteur d’opposition M. NASCIMENTO/REA
DENIS/REA www.directsoir.net On dit souvent de lui qu’il n’a pas le physique de l’emploi. Une remarque qui a le don d’irriter Olivier Besancenot. Il est vrai que le « morphotype » du militant révolutionnaire moyen est une notion difficile à définir. Pourtant, la question de l’apparence n’est pas sans intérêt. Car la première victoire du plus célèbre facteur de Neuilly-sur-Seine, c’est d’avoir su renouveler l’image de la Ligue communiste révolutionnaire, et, par ricochet, de l’extrême gauche au sens large. Quoi de mieux, en effet, pour casser le cliché du « gaucho » entre deux âges, cheveux longs et blancs, barbe drue, écharpe rouge et pipe au bec, que de désigner comme leader un jeune homme de 28 ans, au visage poupon et abonné à un style jean-baskets-blouson sobre et actuel ? CONVICTIONS Mais pas question pour autant de réduire celui que les encartés de la LCR appellent « Olivier » à une simple opération de marketing. Besancenot est loin d’être la marionnette pilotée par les vieux cadres du parti que certains de ses détracteurs décrivent. Son ascension dans l’opinion publique doit plus à la force de ses convictions qu’à son physique de jeune premier. Le portedrapeau de la LCR entend « changer le monde », en commençant par son pays, qu’il souhaite réformer tant sur le plan politique que social, « avant que son modèle ne nous écrase ». Il souhaite proposer un nouveau projet de société, « construire autre chose que le capitalisme », comme le préconisaient avant lui ses références, à savoir « Louise Michel, Che Guevara ou encore Malcolm X ». Pour autant, ce révolté convaincu entend défendre ses idées par la voie du pacifisme. « Tous les révolutionnaires n’ont pas pris les armes ! L’important, c’est de militer pour que des mouvements qu’on a pu connaître, comme mai 1968, se reproduisent aujourd’hui », explique-t-il. Un désir de rébellion nourri dès son plus jeune âge. MILITANTISME PRÉCOCE Né en 1974 d’un père professeur de collège et d’une mère psychologue scolaire, Olivier Besancenot commence sa carrière de militant alors qu’il est encore sur les bancs de l’école, dans les rangs de SOS Racisme, à l’âge de 14 ans. « Je ne viens pas d’une famille engagée, ma démarche est venue des tripes et du cœur », affirmet-il. En 1991, il intègre la LCR parce que « c’étaient ceux qui voulaient le plus bousculer les choses ». Parallèlement à son engagement politique, il exerce le métier de facteur à Neuilly-sur-Seine, fief de Nicolas Sarkozy, où il continue de militer pour l’extrême gauche. Depuis 2001, il est l’un des trois porte-parole de la LCR, au côté d’Alain Krivine, le leader historique du parti. Orateur de talent, il séduit en 2002 avec un slogan de campagne qui fait mouche sur la scène médiatique « Nos vies valent plus que leurs profits », et décrochera alors son premier succès électoral avec 4,25% des voix. THÈMES DE CAMPAGNE Infatigable pourfendeur de ce qu’il appelle le « capitalisme moderne », Olivier Besancenot estime que « les multinationales ont trop d’argent et qu’elles s’enrichissent sur le dos de la misère ». Pour revenir à une société plus égalitaire, il préconisait, lors de la dernière EN COUVERTURE 7 Inconnu lorsqu’il fut propulsé candidat de la Ligue communiste révolutionnaire lors de l’élection présidentielle de 2002, Olivier Besancenot a su imposer son style et ses idées en cinq ans. Il incarne aujourd’hui la relève de l’extrême gauche et espère fédérer au sein d’un nouveau parti tous ceux qui rêvent d’une alternative « anticapitaliste ». Une ambition qui constituait le principal enjeu du 17 e congrès de la LCR, qui s’est tenu ce week-end, à La Plaine Saint-Denis. Ma démarche vient « des tripes et du cœur » Lors d’une manifestation en faveur des mal-logés, le 11 novembre dernier. Je ne me bats pas pour être dans les sondages. Ce qui m’intéresse, c’est que nos propositions soient populaires. campagne présidentielle, de mettre en place un certain nombre de priorités. « Il y a des mesures d’urgence à prendre, comme augmenter les revenus de 300 euros net par mois, mettre le Smic à 1 500 euros net, interdire les licenciements pour les grosses entreprises bénéficiaires ou encore rétablir le monopole public » s’enflammaitil. Mais réformer le système économique français n’est pas le seul cheval de bataille de cet idéaliste qui a « des rêves plein la tête et la tête fixée sur les épaules ». Il dénonce la professionnalisation et le manque de renouvellement de la classe politique française. « Même si j’étais à l’Elysée demain, je suis pour une réforme du statut des élus. Pour moi, il faut interdire le cumuldes mandats et ne pas en remplir plus de trois au cours de sa vie », explique Olivier Besancenot. Ces positions ont permis au benjamin des candidats de finir en bonne position dans le dernier scrutin présidentiel, en se classant 5 e lors du premier tour. Certes, il n’a totalisé que 4,08% des suffrages exprimés, soit un peu moins qu’en 2002. Mais l’abstention était particulièrement faible, et le candidat de la LCR a, en fait, recueilli plus de voix que lors de la précédente consultation. Mais surtout, il a réalisé le meilleur score des partis situés à la gauche du PS, atteignant le double de celui de Marie- George Buffet pour les communistes. Une performance dans un scrutin où tous les analystes prévoyaient que le (Interview accordée à DirectMatin, publiée ce matin.) vote utile torpillerait les petits partis. VERS UN NOUVEAU PARTI Maintenant que sa légitimité est assise, Olivier Besancenot entend pérenniser son entreprise de modernisation de la gauche « anticapitaliste ». Celleci passe, pour lui, par la mise en place d’une nouvelle formation politique, qui se voudrait force de proposition d’une véritable alternative au social-libéralisme. L’ambition des partisans de ce projet au sein de la LCR serait de s’appuyer sur un réservoir supposé de « dizaines de milliers de militantes et de militants », en ratissant large parmi les déçus du socialisme et/ou du communisme, membres du réseau syndical, associatif ou altermondialiste, ou encore sympathisants de la cause révolutionnaire. Mais cette envie de refondation se heurte à un problème de taille : comment s’appuyer sur la popularité d’Olivier Besancenot sans tomber dans le travers de la personnalisation ? En clair, Besancenot, devenu l’une des figures d’opposition à Nicolas Sarkozy, peut-il éviter de reproduire le système qu’il dénonce chez son adversaire ? C’est peut-être la rançon du succès.■ AHMET SEL/FEDEPHOTO



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