Direct Soir n°271 8 jan 2008
Direct Soir n°271 8 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°271 de 8 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : Nicolas Sarkozy sa conférence de presse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°271/Mardi 8 janvier 2008 6 PORTRAIT Rudolph Giuliani Quitte ou double dans le New Hampshire RUDOLPH GIULIANI, 63 ANS, CANDIDAT À L’INVESTITURE RÉPUBLICAINE. L’ANCIEN MAIRE DE NEW YORK ÉTAIT L’UN DES FAVORIS DE SON PARTI POUR DEVENIR CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE. MAIS ENTRE PROBLÈMES DE SANTÉ ET REMONTÉE DE SES RIVAUX, GIULIANI A VU SES SCORES BAISSER DANS LES SONDAGES. IL EST EN DANGER. O. DOULIERY/ABACA
G. HOLUBOWICZ/ABACA www.directsoir.net Le destin de Rudolph Giuliani est définitivement marqué par la destruction des Twin Towers par al-Qaida, le 11 septembre 2001. En passant en quelques heures du statut de maire de New York à celui de « maire de l’Amérique », il était devenu un prétendant évident à la Maison Blanche. Plus de six ans ont passé. Rudy, comme on l’appelle, est devenu un consultant fortuné, et candidat à la candidature du parti républicain. Après des débuts triomphaux, sa campagne s’essouffle. Pire, la machine à gagner semble s’enrayer un peu plus chaque jour. Mauvais résultats, bien qu’attendus, lors du caucus de l’Iowa, scandale sur sa vie privée, soucis de santé, mises en examen de ses proches, Giuliani a du souci à se faire. En moins d’un an, il est passé de 35% d’intentions de votes aux primaires républicaines à 20%. Sa marge sur ses concurrents a fondu, et jeudi dernier, un sondage réalisé par l’institut Pew le donnait second pour la première fois, derrière John McCain, le vieux sénateur partisan de la guerre en Irak. La campagne de Giuliani, centrée sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme, propose une politique modérée, loin du conservatisme de George W. Bush et de certains de ses concurrents. Mais ce quasi-centrisme passe pour une marque de faiblesse, venant d’un homme qui avait commencé sa carrière politique sous l’étiquette démocrate. FILS DE MAFIEUX ET PROCUREUR Le sourire du gamin de Brooklyn n’a jamais quitté son visage. Rudy est né à New York City, en mai 1944, fils unique d’une famille d’immigrés italiens. Son père, souvent sans emploi, a connu la tristement célèbre prison de Sing Sing pour braquage et a été par la suite gros bras de la mafia pour le compte de son beau-frère, Leo D’Avanzo, un parrain de Brooklyn. Entre Long Island, Brooklyn, le Bronx et Manhattan, Rudy a connu bien des écoles catholiques de New York. Lors de ses études de philosophie et de sciences politiques, il envisage même d’entrer au séminaire. Finalement, il choisit le droit et obtient son diplôme avec mention « cum laude » à la New York University School of Law. Ces longues études lui ont permis d’échapper au service militaire au Vietnam. Une différence majeure avec John McCain, nouveau favori dans le New Hampshire, qui a connu l’enfer du devoir et les camps de prisonniers des miliciens communistes du Vietnam. Entré au cabinet du juge démocrate new-yorkais Lloyd MacMahon, il échappe encore à la guerre, le magistrat ayant effectué une demande d’exemption pour cet employé incontournable. Cette relative tranquillité lui permet de poursuivre sa carrière juridique. Un parcours impressionnant pour ce fils de mafieux qui, à moins de 30 ans, devient chef de l’unité antidrogue du bureau du procureur général, puis procureur général. UN BRIN D’OPPORTUNISME En 1975, il change une première fois d’étiquette politique et devient indépendant. Ce choix lui permet d’intégrer l’administration du président Ford et d’avoir son premier poste à responsabilités à Washington DC. Il devient directeur du cabinet du vice-ministre de la justice « Ace » Tyler et se distingue comme procureur dans plusieurs procès pour corruption, où il fait gagner l’accusation. En 1980, un mois après l’élection de Reagan, il change une nouvelle fois d’étiquette politique et devient républicain. A ses détracteurs, il répond que ce retournement était un rejet de la politique « naïve » des démocrates. Pour sa mère, Rudolph Giuliani « n’est définitivement pas un républicain conservateur. Il croit qu’il l’est, mais ce n’est pas le cas. Il se sent toujours très triste pour les pauvres », explique-t-elle en 2002. Reste que ce choix judicieux lui permet de devenir numéro trois du ministère de la Justice en 1981. Au milieu des années 1980, il se distingue à nouveau en menant l’accusation dans le procès des « cinq familles » de la mafia new-yorkaise. Les principaux accusés écopent alors de centaines d’années de prison. NEW YORK, NEW YORK L’enfant de Brooklyn a d’autres ambitions. Conquérir sa ville. Il tente sa chance une première fois en 1989, en s’alliant aux libéraux et en se présentant comme le candidat du changement. En 1993, le vent tourne. Il contracte les mêmes alliances et remporte le scrutin après une campagne centrée sur la lutte contre la délinquance, qui est alors le fléau de la Grosse Pomme. Une fois en poste, il PORTRAIT 7 Favori des républicains pendant près d’un an, Rudolph Giuliani n’a pas semblé s’inquiéter des résultats des premières primaires qui ont donné l’avantage à l’outsider Mike Huckabee. Aujourd’hui, à l’occasion des primaires du New Hampshire, il veut encore s’affirmer comme le leader de la course à l’investiture. Mais l’ancien maire de New York est en grande difficulté. Il se retrouve en quatrième position dans les sondages, derrière John McCain, Mitt Romney et Mike Huckabee. « Demain, New York sera encore là » Rudolph Giuliani, septembre 2001 Rudolph Giuliani en campagne à Salem, dans le New Hampshire, vendredi dernier. Je me sens très bien maintenant, je me sens en grande forme. J’ai fait des analyses, tout est revenu à 100%. » Rudolph Giuliani sur ABC, le 23 décembre. adopte une approche systématique des délits, dite « politique du carreau cassé », à savoir la tolérance zéro. Son succès dans la lutte contre le crime lui permet d’être élu une seconde fois en 1997. Il fait privatiser les écoles publiques en faillite et protège les immigrants illégaux contre la dénonciation par les employés de la ville. Dans un mouvement qui tranche avec les idées de son parti, et surtout avec ses actuels concurrents à l’investiture, il réussit à convaincre le Conseil de la ville, alors démocrate, d’adopter une loi donnant des droits aux couples homosexuels. Fort de ces succès, il décide de se présenter comme sénateur aux élections générales de 2000 face à Hillary Clinton. Mais à six mois de l’élection, le vent tourne. Ses relations se dégradent avec les minorités en avril. Pendant un mois, il est au centre de toutes les attentions. Un cancer de la prostate, l’annonce de sa liaison avec sa future femme Judith Nathan, et sa séparation d’avec sa deuxième épouse, la journaliste Donna Hanover : les scandales se multiplient. Rudy jette l’éponge le 19 mai et se retire de l’élection. S. STAPLETON/REUTERS



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