Direct Soir n°260 10 déc 2007
Direct Soir n°260 10 déc 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°260 de 10 déc 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Cristina Kirchner prend la présidence de l'Argentine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°260/Lundi 10 décembre 2007 8 EN COUVERTURE J’ai une très grande responsabilité envers toutes les femmes. Mme Kirchner avec une des mères de la Place de Mai, lors de l’inauguration d’un mémorial des disparus de la dictature militaire (1976-1983), à Buenos Aires, le 7 novembre dernier. Notamment à travers le Mercosur (Marché commun du Sud) et la coopération énergétique. Elle surprend les prévisionnistes qui tablaient davantage sur un rapprochement entre l’Argentine et les Etats-Unis. TROIS REPÈRES JEUNESSE ■ Née le 19 février 1953 à La Plata, Cristina Fernandez de Kirchner y suit des études de droit à l’université. Elle rencontre son futur mari, étudiant comme elle, dans les Jeunesses péronistes et l’épouse en 1975. Elle obtient son diplôme d’avocate en 1979. Le couple a deux enfants. SERVIR SON PAYS Cristina, la nouvelle Evita ? Au vu de la ferveur de la foule qui se presse à ses discours, elle apparaît comme la nouvelle reine du peuple. En s’adressant à ses partisans, elle clame : « Je veux vous rendre tout ce que la vie m’a donné. » Mais l’intéressée tient à préciser : « Ni Eva, ni Hillary : Cristina. » Elle se sent aussi investie d’une responsabilité envers les femmes. Elle déclarait dans son discours le soir de sa victoire : « J’ai une double responsabilité en tant que membre d’un groupe politique qui conduit le destin du pays, mais aussi une très grande responsabilité vis-à-vis de toutes les femmes. » Elle s’affiche aux côtés de la présidente chilienne ou de Ségolène Royal. L’ex-candidate française avait même fait le déplacement pour soutenir la candidate Kirchner, le 26 octobre, juste avant les élections. Au lendemain de sa victoire, la présidente argentine exprimait à la télévision son envie qu’Hillary Clinton dirige les Etats- Unis. Solidarité féminine ? Une question se pose : que compte faire la présidente Kirchner sur les questions féminines ? Plusieurs chantiers sont lancés comme celui de la lutte contre la violence faite aux femmes. Sur l’avortement, Cristina Kirchner adopte une prudente réserve, dans ce pays où il est pénalisé, sauf dans certaines circonstances. L’heure du pouvoir au féminin a sonné en Argentine. Elle s’accompagne d’espoir et de nombreux défis dans un pays à la croissance encore fragile. L. LA VALEE/EPA/SIPA LEO LA VALLE/EPA/SIPA R. GAILLARDE/GAMMA oici trois mois, de passage à Paris, la candidate me prie V à déjeuner. Au menu : steak argentin et campagne présidentielle. Le métier d’un communicant est de séduire d’emblée. Arroseur arrosé, c’est moi qui fus séduit. D’ailleurs, elle sera la seule à parler. Belle d’une beauté charmeuse, elle glisse dans la pièce plus qu’elle ne l’occupe. Au premier baisemain, on la prendrait pour une grande bourgeoise sud-américaine « lyophilisée ». Elisa Carrió, sa concurrente malheureuse, au soir de sa victoire, la traitera de reine du Botox. Elle osera même persifler lorsque, triomphante, celle-ci fera de ses deux doigts le V de la victoire, que ce n’est qu’un clin d’œil à Vuitton. L’agressée assumera, humeur et humour mêlés : « Devrais-je me déguiser en femme pour être élue Présidente ? » La « Queen Cristina » ne s’en laisse pas compter. De fait, l’apparence est trompeuse. Dès les premiers mots, la pasionaria prend le dessus. Cœur Chanel en pendentif mais cœur en bandoulière, elle affiche son obsession de se « donner » à son pays. Puis viendra l’égérie du peuple et plus tard, la femme d’Etat. Sa densité de réflexion et sa logique de l’action. Madame la Présidente est ainsi unique et cependant plurielle. D’Evita (Perón), la « Santa Peroniste », elle a hérité, dès l’âge de la raison, la passion de l’Argentine. Le sang qui coule dans ses veines est couleur bleu blanc soleil, aux armes du drapeau national. Lors de sa discrète campagne, elle ne donnera pas une seule interview, mais choisira comme fond de scène une photo géante de son modèle : l’épouse martyre de Perón, et se livrera à de grands meetings populaires où l’exhortation communicative tiendra lieu de CONQUÊTES POLITIQUES ■ Militante des Jeunesses péronistes, elle est élue députée de la province de Santa Cruz (sud du pays) en 1989, puis est réélue en 1993. Elle est tour à tour sénatrice nationale de Santa Cruz, députée nationale, puis de nouveau sénatrice nationale de cette même province en 2001. Devenant première dame le 25 mai 2003, elle accède en 2005 au poste très prisé de sénatrice nationale de la province de Buenos Aires. Son mari a été gouverneur de la province de Santa Cruz pendant douze ans. Jacques Séguéla, publicitaire « Après Monsieur, Madame » démonstration de force. De Ségolène (Royal), elle a « chevillé au cœur » cet amour de la cause du peuple, qu’elle fait partager aux foules. Et ne lui parlez pas de populisme, elle vous désintégrera d’un seul regard. Elue dès le premier tour par les ouvriers et les classes moyennes d’un pays où il y a encore 40 millions de pauvres, elle a fait campagne sur l’unique thème de la pérennité. Son slogan : « Le changement est dans la continuité ». Paradoxal et efficace, après Monsieur, Madame. L’égérie du péronisme moderne n’oubliera d’ailleurs pas de me préciser que « trois millions d’Argentins ont retrouvé du travail sous la présidence de son mari et qu’elle entend bien continuer le mouvement. » Changement de sexe, de charme, de style, de ton, de forme, mais pas de fond. La méthode Kirchner se fait dynastique. Avec Hillary (Clinton), elle prend ses distances : « Madame Clinton doit son ascension à son mari. Mais elle n’avait pas de carrière politique avant cela. Ce n’est pas mon cas. » Elle n’en partage pas moins ce culte du réalisme qui est l’apanage des femmes de notre temps. Elle me développera son programme par le menu. L’argumentation est rodée, directe, incontournable : « Nous connaissons nos problèmes et nous savons comment les résoudre. » Le charme s’est fait persuasion. Reste en prime cette suprême élégance, si rare chez les gens de pouvoir : l’attention qu’elle vous porte, qui que vous soyez, où que vous soyez. Et l’art de vous quitter sur une phrase que vous n’oublierez jamais : « Jeunes, avec Nestor, nous voulions changer le monde. Aujourd’hui, nous sommes plus réalistes, nous voulons seulement changer notre pays. » LE PÉRONISME, OU « JUSTICIALISME » ■ Juan Domingo Perón fut président de l’Argentine de 1946 à 1955 et de 1973 à 1974, année de sa mort. Le Parti justicialiste revêt différentes formes selon les conjonctures : nationaliste et populaire à l’origine, il est devenu néolibéral dans les années 1990. Aujourd’hui, il incarne le centre gauche. Péroniste de gauche, comme son mari, Cristina Kirchner défend les droits de l’homme et la justice sociale.
RS RedShift



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