Direct Soir n°237 7 nov 2007
Direct Soir n°237 7 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°237 de 7 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Charlize Theron au-delà de la beauté

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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KIMIYO FOUJITA/ADAGP, PARIS & SPDA REZA Directsoir N°237/Mercredi 7 novembre 2007 14 CULTURE PORTRAIT De Tokyo à Paris Photographes humanistes Au confluent de l’art japonais et de la peinture occidentale se trouvent les œuvres de Léonard Foujita. Né Tsuguharu Fujita en 1886 à Tokyo, ce peintre atypique reste quarante ans après sa mort l’artiste japonais le plus connu en France, après avoir été, dans les Années folles, le plus admiré de sa génération. S’il conserve cette aura presque divine, c’est « sans doute parce qu’il avait un caractère très différent d’un artiste japonais classique », comme le confie Sylvie Buisson, expert de l’œuvre du maître à l’Union française des experts. « C’était un homme très excentrique, vraiment d’avant-garde. » Bien né et initié à la modernité occidentale par son père, Foujita voulait découvrir l’Europe et s’imprégner des grandes tendances de l’époque. « C’était un peu le Rastignac de la peinture, continue Sylvie Buisson. Foujita voulait être le peintre numéro un de Paris, c’était pour lui une idée fixe et Une photographie de Reza. TOP DES TOPS DR 1 Spider-Man 3 Gaumont Columbia Tristat Home Video jkle Le 40 e anniversaire de la mort du peintre Foujita suscite plusieurs manifestations artistiques à Paris et en Essonne. Toutes invitent à redécouvrir l’œuvre du plus grand artiste de « l’Ecole de Paris », celui qui inventa un blanc inimitable. il a préparé son voyage pendant quinze ans. » Lorsqu’il arrive à Paris en 1913, il y a environ soixante-dix autres peintres japonais dans la capitale, mais il les domine tous de très loin. Quatre ans plus tard, il expose pour la première fois et Picasso passe trois heures devant ses toiles. Cent dix aquarelles sont vendues. Le succès de Foujita est né de sa capacité à marier l’Asie et l’Occident dans sa peinture. Il n’a pas cherché à imiter, et a été suffisamment talentueux pour se créer un style propre, entre l’estampe traditionnelle et les formes européennes. Certains experts considèrent même que Foujita a préfiguré les créations de mode comme celles de Kenzo et probablement influencé certains dessinateurs de mangas. De Kuroda à Foujita, à la Maison de la culture du Japon, www.mcjp.asso.fr. Le maître du trait, au Domaine départemental de Chamarande, www.essonne.fr. PHOTO à la BNF ■ Les sept photographes de l’agence Magnum au centre de cette exposition ont suivi, au cours de leur carrière, les actions de la fondation Orange. La bibliothèque François-Mitterrand les expose, associant l’art aux causes humaines les plus essentielles. Ainsi, la photographe Maya Goded, qui vit à Mexico, a travaillé sur l’autisme. Abbas, témoin depuis plus de trente ans des conflits mondiaux, et notamment des tensions dans les sociétés musulmanes, présente ici une étude sur la lutte contre l’illettrisme. Direction le Mali avec Susan Meiselas, qui propose de s’immerger dans la vie quotidienne des jeunes filles. Une cause d’autant plus actuelle que la fondation Orange, avec l’Unicef, agit depuis 2005 pour la scolarisation des jeunes filles en Afrique. Un monde en partage, sept regards de Magnum Photos, site François-Mitterrand, allée Julien-Cain, jusqu’au 9 décembre. La soie aux mille visages ■ Cela fait trente ans que le photojournaliste Reza couvre les conflits et les révolutions pour les plus grands magazines internationaux (National Geographic, Time Magazine, Geo, Newsweek). La Maison de la Chine propose une exposition des images qu’il a réalisées, du Bosphore à l’Extrême-Orient. Ces photographies, comme il l’explique, « se veulent des témoignages de notre humanité sur les routes du monde ». Sur les routes de la soie, jusqu’au 16 février 2008, Maison de la Chine, 76, rue Bonaparte, Paris 6 e (01 40 51 95 00). 2 La vie des autres TF1 Vidéo Femme nue à la tapisserie, de Léonard Foujita. Meilleures ventes de films en DVD La vie des autres a reçu l’oscar 2007 du meilleur film en langue étrangère. L’action se passe en 1984, en RDA, quand un couple d’intellectuels attire l’attention de la Stasi (ministère pour la sécurité d’Etat). Ils sont suspects et donc espionnés par un agent zélé… Légende : (e) nouvelle entrée - Source : EXPO ONE-MAN SHOW Illettrisme, par Abbas. La nuit La cité interdite Hyper tension 3 4 5 au musée Warner Home Video TF1 Vidéo Fox Pathé Europa jkle jkle jkle jkle ABBAS/MAGNUM PHOTOS Alain Bouzigues dans Complètement starbée. Quand les stars se confessent à la presse ■ Pari réussi pour le comédien Alain Bouzigues, qui s’essaie pour la première fois au one-man show. Dans Complètement starbée, l’artiste reprend de véritables interviews de stars qui, mises bout à bout, font découvrir avec humour et ironie les méandres psychologiques de nos célébrités. Complément starbée, Alain Bouzigues, Théâtre du Gymnase, 38, bd Bonne-Nouvelle, Paris 10 e (01 42 46 79 79). LIVRE Au-delà des murs ■ Bien plus qu’un énième ouvrage sur les graffitis, Globe-Painter nous promène dans les rues de huit grandes mégalopoles mondiales, à la manière d’un authentique carnet de route. Photos et commentaires s’y mêlent aux croquis et aux anecdotes, pour retracer de façon originale le voyage d’un auteur passionné. En véritable globe-trotter, Julien Malland est parti « graffer » durant sept mois, des ruelles de Santiago aux magazines branchés de Hong Kong. Il livre aujourd’hui un témoignage sans précédent sur la vitalité de cet art. Contraire aux idées reçues, Globe-Painter présente un mouvement qui s’inspire des cultures locales, qui se développe et permet des échanges artistiques par-delà les frontières. Globe-Painter, de Julien Malland, éditions Alternative, 27 €. DR D. GUIGNEBOURG/ABACA
2007 ELAH FINANCE V.O.F. www.directsoir.net Emily Sanders (Charlize Theron) et Hank Deerfield (Tommy Lee Jones). DR « Tête d’or » derrière les barreaux Gilles Blanchard adapte au cinéma « Tête d’or », première œuvre de l’écrivain Paul Claudel, écrite en 1890. Un film tourné en milieu carcéral. ■ Le projet était audacieux, voire courageux. Les 26 comédiens à l’affiche de Tête d’or sont tous incarnés par des détenus et le film a été intégralement tourné au centre pénitentiaire de Ploemeur. Dans l’adaptation de cette œuvre claudélienne, seule la princesse est une actrice professionnelle : Béatrice Dalle. L’idée était belle mais n’avait rien d’une gageure. Loin de là. Ici, fiction et contexte ne font qu’un. Le spectateur va de l’un à l’autre, les deux se nourrissant mutuellement. Les acteurs amateurs véhiculent une vraie richesse identitaire et sociale et offrent au film une véracité certaine. Les amateurs y verront également l’occasion de relancer le débat sur les conditions de vie en milieu carcéral. Pas sûr DR DVD Pour les besoins du film, les comédiens sont tous des détenus, à l’exception de Béatrice Dalle. néanmoins que ceci suffise à rendre Tête d’or attrayant. La versification claudélienne ne sera pas accueillie à bras ouverts par tout le monde. Tête d’or, de Gilles Blanchard, en salles. Jeunesse à la dérive ■ Après John Q. et N’oublie jamais, Nick Cassavetes s’attaque à la jeunesse dorée américaine. Inspiré d’un fait divers, Alpha Dog, son cinquième long-métrage, retrace la descente aux enfers de Johnny et de sa bande. Sexe, drogue, alcool, un kidnapping qui dérape… Entouré de Justin Timberlake, Bruce Willis et Sharon Stone, Nick Cassavetes marche sur les traces de son illustre père. Alpha Dog, de Nick Cassavetes, 20 €. 15 Le prix de la guerre ★★★★★ Présenté à la 64 e Mostra de Venise, « Dans la vallée d’Elah » dénonce les ravages de la guerre en Irak. Il y a 3000 ans, le géant Goliath affrontait David dans la vallée d’Elah. Armé de cinq pierres plates, le jeune homme sortait vainqueur de l’inégal combat. Le titre du troisième longmétrage de Paul Haggis est une métaphore inspirée de cette légende biblique, pour dénoncer le conflit opposant les Etats-Unis et l’Irak. Qui est Goliath ? Qui est David ? Le film ne répond pas à cette question. Les civils irakiens, comme les GI américains, étant à la fois l’un et l’autre. Indifféremment bourreaux et victimes. Fortement engagé, le film dénonce, au-delà des pertes humaines, les ravages psychologiques subis par les soldats et les répercussions sur leurs familles. « Envoyer « Quoi que vous des jeunes hommes et des pensiez de cette guerre, et de quelque bord que jeunes femmes faire la guerre engage vous soyez, vous ne pouvez notre responsabilité collective », affirme nier les traumatismes endurés Paul Haggis. Inspiré de faits réels, Dans par les jeunes que nous la vallée d’Elah retrace l’investigation envoyons au front. » d’Hank Deerfield (Tommy Lee Jones), un Charlize Theron ancien membre de la police militaire, parti CULTURE CINÉMA au Nouveau-Mexique chercher son fils porté disparu après sa première permission. Lorsque le corps de Mike Deerfield (Jonathan Tucker) est retrouvé mutilé et brûlé, les autorités militaires font leur possible pour empêcher l’élucidation du crime. Hank et l’officier Sanders (Charlize Theron) mènent l’enquête de leur côté. Construit comme une investigation policière, Dans la vallée d’Elah est une descente au fond de l’âme des soldats. Mutilés moralement par la guerre, ils en sortent profondément marqués. Le film, nourri de symboles forts, est porteur de messages et ne se regarde pas sans émotion. Parfois lent, sombre et macabre, il est illuminé par le jeu des acteurs.Tommy Lee Jones en militaire rigide, ravagé par le chagrin, est émouvant. Charlize Theron (lire portrait p.6) incarne à la perfection ses rôles de femme sensible, de mère aimante et de flic battante. Le réalisateur de Collision, auteur de deux scénarios primés aux oscars (Collision et Million Dollar Baby), signe un film fort, tragique, qui heurte et invite à la remise en question. Dans la vallée d’Elah, de Paul Haggis, en salles.



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