Direct Soir n°217 8 oct 2007
Direct Soir n°217 8 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°217 de 8 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Jennifer Lopez sort un nouvel album

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°217/Lundi 8 octobre 2007 10 ECONOMIE Zippo Une flamme éternelle Apprécié pour sa solidité, l’atout majeur du Zippo reste avant tout sa flamme. Sous des trombes d’eau ou face aux rafales de vent. Le célèbre clic, un simple frottement contre un jean et une flamme toujours allumée en ont fait un briquet culte. L’HISTOIRE DU ZIPPO COMMENCE AUX ÉTATS-UNIS, ALORS QUE LE PAYS EST PLONGÉ EN PLEINE CRISE ÉCONO- MIQUE. Selon la légende, en 1931, George G. Blaisdell, codirecteur de la compagnie pétrolière du même nom, questionne un ami sur son briquet autrichien : « Vous qui êtes si chic, pourquoi n’avez-vous pas un briquet qui ait plus d’allure ? » Ce dernier lui répond : « Mais simplement parce qu’il marche ! » George Blaisdell, persuadé d’avoir trouvé le nouveau produit phare, ne tarde pas à racheter les droits du briquet autrichien. Mais sa commercialisation s’avère être un échec. Encombrant et inesthétique, ce briquet ne séduit pas plus qu’un autre. Loin d’être découragé, George Blaisdell décide d’innover à partir du modèle d’origine. A la fin de l’année 1932, il crée un nouveau briquet, suffisamment petit pour tenir dans la paume de la main. Sa forme rectangulaire deviendra rapidement sa marque de fabrique, tout comme son mécanisme. Le capot relié à la partie inférieure par une charnière soudée permet ainsi d’ouvrir le briquet d’une seule main. Pour parachever sa création, George Blaisdell place un auvent autour de la mèche.Après avoir réalisé toutes les adaptations nécessaires à un usage pratique, il choisit pour son nouveau produit le nom « Zippo », inspiré de celui d’une nouvelle invention de 1930 : le zipper (la fermeture éclair). Depuis sa création, hormis l’adoucissement des angles, la forme du briquet n’a pratiquement pas évolué, mais la variété des Zippo reste pourtant inépuisable. Rapidement, des décors peints ou gravés, ou encore de simples autocollants, viennent égayer le produit. Personnages historiques, symboles, lieux, c’est bientôt toute l’Amérique qui se retrouve figée sur les Zippo. Interview d’un COLLECTIONNEUR DR/ZIPPO Plus de 20 000 dollars C’est le prix du plus cher Zippo vendu au cours d’une enchère chez Christie’s. C’est le seul briquet que j’ai eu qui s’allume par tous les temps, ce qui en fait un cadeau spécialement précieux. Dwight D. Eisenhower (président des Etats-Unis de 1953 à 1960) SUPPORT PUBLICITAIRE Au fil des ans, la production de Zippo ne cesse d’augmenter. Un succès lié à la stratégie commerciale de son créateur. Dès la distribution des premiers modèles, George Blaisdell propose une garantie à vie du produit. Une offre qui lui permet ainsi de fidéliser sa clientèle. En 1935, c’est une autre idée novatrice qui vient renforcer la réussite du Zippo : son utilisation à des fins publicitaires. Depuis ce jour, les briquets tempête ont été utilisés à de maintes reprises par différentes marques de cigarettes, vêtement, alimentation et autres. Mickey, Donald et les autres ont eux aussi eu le privilège d’avoir leurs effigies sur les briquets, avant que Walt Disney ne s’aperçoive qu’il était mauvais de fumer. Hormis les grands noms de l’industrie ou des affaires, la marque s’associe à de grands événements sportifs, comme le Paris-Dakar, l’America’s Cup ou encore la Coupe du monde de football, en 1998. OUTIL DE COMBAT Son succès, Zippo le doit également à l’armée américaine. Avec les soldats, des millions de briquets sont ainsi dispersés à travers le monde. A partir de 1943 et jusqu’à la fin de la guerre, la totalité de la production de la marque est destinée aux troupes américaines. Certains métaux étant réquisitionnés, le Zippo est alors fabriqué en mauvais acier et non plus en laiton. Recouvert d’une peinture époxy cuite au four,son nouvel aspect lui vaut le nom de « Black Crackle Finish ». En 1944, Ernie Robert Munoz - Collectionneur de Zippo COMMENT EST NÉE CETTE PASSION POUR LE ZIPPO ? Elle remonte aux années 1960. A l’époque, il y avait deux écoles : des jeunes qui avaient des briquets Dupont, qui s’habillaient d’une certaine manière, et l’autre partie de la jeunesse qui allumait ses cigarettes avec un Zippo. En étant fumeur, on m’offrait donc régulièrement un Zippo, si bien que dans les années 1990, je me suis retrouvé en possession d’une trentaine de briquets. A ce moment-là, je n’avais pas encore l’idée de les collectionner. C’est arrivé en 1999, lorsqu’un ami m’a offert un briquet publicitaire DR/ZIPPO Le premier Zippo date de 1932. de 1962. Un Mac Louth Steel modèle slim, de la série Town & Country, différent de ceux que j’avais. C’est à partir de là que j’ai commencé à être intrigué par l’histoire du Zippo. POURQUOI AVOIR DÉDIÉ VOTRE SITE INTERNET AUX ZIPPO DU VIETNAM ? Je suis tombé amoureux de ce type de briquets. Après en avoir trouvé un par hasard, j’ai voulu en apprendre plus sur leur histoire. Je me suis donc rendu plusieurs fois sur place, aux sources, et j’ai enquêté auprès d’anciens du Vietnam. Au départ, le Zippo était Pyle, fameux correspondant de guerre, écrit à George Blaisdell : « Le Zippo est probablement l’objet le plus indispensable sur le front ! » Effectivement, ces briquets servent aussi bien à allumer des feux de camp qu’à planter des clous. Grâce à son fameux « clic », le Zippo est également utilisé comme un signal de reconnaissance. Placés dans les poches des soldats, certains briquets auraient même sauvé des vies en arrêtant des balles. La Seconde Guerre mondiale terminée, un nouveau champ de bataille attend le Zippo vingt ans plus tard : le Vietnam. Comme pour le précédent conflit, les soldats personnalisent leurs briquets en gravant noms, date, lieux de mobilisation mais aussi leurs pensées. La plupart des textes se réfèrent à Dieu, à l’amour et la mort, à l’exemple de ces quelques phrases : « A ma mort je suis sûr que j’irais au paradis parce que j’ai déjà passé trop de temps en enfer », « Si vous retrouvez ce briquet sur mon corps, j’espère qu’il vous portera plus chance qu’à moi ». Cette forme d’expression est désormais assimilée à « l’art des tranchées ». Apparu au cours de la Première Guerre mondiale, il désigne toutes les œuvres d’art réalisées par des soldats, à partir d’objets trouvés au combat. Les modèles vietnamiens le vecteur d’une quête personnelle. Mais au fil du temps, la passion a pris le dessus et le site est devenu un outil pour les collectionneurs. Grâce à lui, j’ai eu de nombreux contacts à travers le monde. OÙ TROUVEZ-VOUS VOS ZIPPO ? Aujourd’hui j’en ai un peu plus de 500. Ils viennent de partout. Mais j’en ai acquis une grosse partie aux Etats-Unis lors de différents déplacements. J’en ai beaucoup trouvé dans des brocantes, dans les marchés aux puces ou dans les salons d’antiquités. Et depuis quelque temps, on en trouve sur eBay. DR/ZIPPO
DR/ZIPPO DR LES STONE/SYGMA/CORBIS www.directsoir.net Un drapeau américain réalisé avec des Zippo. Une pièce du musée de la marque, à Bradford, en Pennsylvanie. ne sont d’ailleurs pas les seuls à être devenu des briquets de valeur. Une grande partie des différentes séries de Zippo suscite aujourd’hui la convoitise de nombreux collectionneurs. OBJET DE COLLECTION Avec l’arrivée, dans les années 1970, des briquets jetables, les Zippo sont relégués au second plan. Ces nouveaux venus, moins chers, remportent l’adhésion des fumeurs. Face à ce redoutable concurrent, Zippo trouve la parade en montant en gamme. Le produit se destine ainsi aux collectionneurs, qui représentent alors 40% des ventes de l’entreprise. Aux quatre coins du monde, les Une publicité Zippo des années 1940. PRODUCTION DE ZIPPO (EN MILLIONS) 0,3 1940 1 1942 10 1947 100 1960 George B. Blaisdell, le fondateur, ici devant l’usine Zippo, dans les années 1950. amoureux du produit sont nombreux à se retrouver dans des clubs de Zippo, pour discuter et surtout rechercher les pièces rares. Certains collectionneurs n’hésitent pas à mettre le prix fort pour acquérir le modèle tant désiré. Clubs, sites internet, revues, le mythe Zippo ne s’arrête pas là. Depuis 1950, un musée est même dédié au briquet. Il est situé, bien évidemment à Bradford, en Pennsylvanie, lieu de naissance de la marque. Des centaines d’articles y sont exposés. Après la création d’un musée, c’est une « clinique Zippo » qui ouvre ses portes en 1999. L’établissement se charge de remettre sur pied les modèles blessés par balles ou victimes de douleurs mécaniques. Un lieu indispensable pour l’avenir du briquet tempête, qui pourrait bien revenir à la mode dans les années à venir. Après tout, le Zippo est garanti à vie. 200 1988 300 1996 DR/ZIPPO DR/ZIPPO ■ Créée en 1872 par Simon Tissot-Dupont, le fondateur de la dynastie, la maison S.T. Dupont devient rapidement spécialiste de la maroquinerie. Fournisseur attitré des magasins du Louvre, elle est la référence incontournable dans le monde des accessoires de luxe de l’époque. En 1941, la guerre impose des restrictions. Lucien et André Dupont cherchent alors à développer un produit qui nécessite peu de matières premières, mais beaucoup de main-d’œuvre. Ils inventent le briquet de poche à essence. En 1952, c’est le briquet à gaz qui remporte un succès spectaculaire. Ce modèle « Ligne 1 » a connu, depuis sa création, de nombreuses variantes et reste l’emblème de la marque. Avec son célèbre bruit, un « cling » métallique, il est devenu un signe de reconnaissance parmi les élites. ECONOMIE 11 S.T. DUPONT Une flamme de luxe DR Briquet Dupont : un signe de reconnaissance. BIC Le briquet jetable ■ Après s’être imposé comme le plus grand fabricant mondial de stylos à bille, Marcel Bich décide de diversifier son activité et rachète la société Flaminaire, fabricant français de briquets. En 1973, l’entreprise lance le premier briquet Bic à flamme réglable et jetable. Un produit bon marché, pratique et utile : les ventes augmentent rapidement. Au fil des ans, la gamme s’agrandit, avec la commercialisation de modèles de briquets différents (taille mini et slim), de briquets décorés et de briquets à allumage électronique. Aujourd’hui, avec 5 millions de briquets vendus chaque jour, BIC est un leader mondial sur ce marché. en 2005, le briquet Bic Maxi est même entré dans les collections permanentes du Musée d’art moderne de New York (MoMa), au département architecture et design. ROBERT HOCQ De Silver Match à Cartier ■ C’est un industriel français du nom de Robert Hocq qui crée, en 1953, la marque Silver Match. Sa première société, nommée The British Butanic Lighter Co, se lance dans la fabrication de briquet à gaz. Rapidement, Silver Match connaît un développement spectaculaire dans le monde entier et devient même leader mondial dans les années 1960. Plusieurs ■ Depuis le 11 mars 2007, l’Union européenne exige que les briquets soient équipés de sûreté pour enfants. La décision, rendue il y a quelques mois, précise que les stocks de briquets non équipés de « sécurité enfant » déjà mis sur le marché pourront être écoulés durant une année, jusqu’au 11 mars 2008. Les briquets doivent être conçus et fabriqués de manière à ne pas pouvoir être ouvert par des enfants de moins de 4 ans. Par ailleurs, cette décision interdit également la commercialisation de produits fantaisie imitant des jouets, des téléphones portables ou encore des voitures. En revanche, les briquets de luxe ne sont pas concernés par cette nouvelle mesure. Une décision prise en ACTEURS DU MARCHÉ Le Bic : l’ère du jetable. modèles se succèdent et, en 1971, Robert Hocq conçoit un briquet qu’il juge trop prestigieux pour la marque. Il visite alors les joailliers de la place Vendôme, afin de leur proposer son nouveau produit. Séduit par sa ligne, Cartier accepte d’associer sa marque au briquet. Grâce au succès du modèle, Robert Hocq rachète la société Cartier en 1972. SÉCURITÉ Protéger les enfants raison du nombre d’incendies provoqués par de jeunes enfants, chaque année en Europe : on recense entre 1 500 et 1 900 blessés et une quarantaine de morts. Aujourd’hui, les briquets doivent être équipés d’une sécurité. PIERRE JAHAN/ROGER-VIOLLET DR



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