Direct Soir n°212 1er oct 2007
Direct Soir n°212 1er oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°212 de 1er oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Valérie Pécresse : « l'université n'attend pas »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°212/Lundi 1 8 EN COUVERTURE er octobre 2007 Valérie Pécresse Elle veut aller vite LA MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE A ÉTÉ NOMMÉE À CE POSTE LE 19 JUIN DERNIER. DIPLÔMÉE D’HEC ET DE L’ENA, ELLE A ÉTÉ RÉÉLUE CETTE ANNÉE DÉPUTÉE DES YVELINES (SON SUPPLÉANT OCCUPE ACTUELLEMENT SON FAUTEUIL). ELLE EST AUSSI CONSEILLÈRE RÉGIONALE D’ILE-DE-FRANCE. B. BISSON/ABACAPRESS
N. TAVERNIER/REA www.directsoir.net Valérie Pécresse est une femme pressée. « L’université n’attend pas, on est obligé d’aller vite », dit-elle. La semaine dernière était particulièrement chargée : Conseil des ministres, à l’ordre du jour duquel figurait le projet de loi de finances 2008 – et tout ce qu’il comporte d’enjeux –, une séance parlementaire et bien sûr, l’imminence de la rentrée universitaire. Sa première en tant que ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Alors, son temps est précieux. Un entretien téléphonique d’une demi-heure entre deux rendez-vous… C’est peu. Mais sur l’agenda surchargé de la ministre, cela semble relever de l’exploit. Pour réformer, Valérie Pécresse veut aller vite. Et elle le dit. « Je pense qu’on n’a plus le temps. Comme les autres pays européens, la France est face à un défi démographique très important : 30% de chercheurs du CNRS et de l’Insermvont partir en retraite dans la prochaine décennie et on va avoir du mal à attirer en France les meilleurs car la concurrence est grande », explique la ministre. L’urgence est donc d’assurer la relève. Objectif d’autant plus compliqué que le processus de formation est long. A bac+5, les étudiants qui se destinent à la recherche enchaînent sur une thèse (ils sont alors doctorants), puis un post-doctorat, avant de postuler, enfin, à un poste de chercheur. Pour les candidats, la route semble parfois interminable. Et pour Valérie Pécresse, le défi est de taille. PLUS DE RECONNAISSANCE « Le nombre d’étudiants en master recherche [cycle qui précède la thèse,ndlr] a largement diminué ces dernières années dans les sciences », remarque Bertrand Monthubert, le président du collectif Sauvons la recherche. L’une des raisons de cette désaffection : les conditions dans lesquelles les doctorants mènent leur thèse. « Le salaire est insuffisant par rapport au niveau de notre travail. On souffre d’un défaut de reconnaissance », déplore MaïwennCorrignan, la présidente de la Confédération des jeunes chercheurs. « Certains n’ont pas de bureau et d’autres servent de petites mains aux laboratoires, ce qui fait que certaines thèses durent plus longtemps », ajoute-t-elle. « Il y a tout un travail de reconnaissance à mener », reconnaît Valérie Pécresse. Aujourd’hui, entre en vigueur une augmentation de 8% de l’allocation pour la recherche versée aux doctorants. « On est content que l’allocation connaisse des revalorisations régulières. Il y a quelques années, elle était descendue au niveau du SMIC, une revalorisation était urgente », explique MaïwennCorrignan. Elle dépasse aujourd’hui les 1600 euros. Auxquels viennent s’ajouter 350 euros pour les 57% de doctorants qui effectuent un monitorat. Ceux-ci gagneront un peu plus d’une fois et demie le Smic. « Nous sommes encore loin des salaires appliqués à bac+5, par exemple pour les ingénieurs », souligne la représentante des jeunes chercheurs. PARLER VRAI Valérie Pécresse veut agir vite, mais par étape. « Petit à petit, par des petites décisions très concrètes, on change le paysage », dit-t-elle. A Bordeaux, le 17 septembre, elle annonce la création de 500 nouveaux postes de moniteurs, auxquels viendront s’ajouter autant de « doctorants conseils ». Ce nouveau dispositif permet aux jeunes chercheurs d’intervenir dans des entreprises. Ils continuent d’être payés par l’université dans laquelle ils font leur EN COUVERTURE 9 Alors qu’approche la rentrée universitaire, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui vient de voir le budget de son ministère augmenter de 1,8 milliard d’euros, est déterminée à améliorer la condition des jeunes chercheurs. Aujourd’hui, entre en vigueur une augmentation de 8% de leur allocation. « C’est une femme qui est dans le pragmatisme » Valérie Pécresse lors d’une réunion sur la fusion des universités strasbourgeoises, le 28 septembre. thèse. Université qui facturera ensuite ses services à l’entreprise. « C’est une femme qui est dans le pragmatisme plutôt que dans les grandes idées, d’où ce dispositif », estime MaïwennCorrignan. Quitte à froisser quelques susceptibilités, la ministre se permet une certaine franchise. « Il est important que le doctorant perde cette image d’éternel étudiant. Il n’est pas un étudiant. Il faut le montrer », estime-t-elle, avant d’ajouter : « Dans l’administration et le secteur privé, le travail des jeunes chercheurs est complètement sous-estimé. » Elle raconte une visite d’un laboratoire à Rennes, spécialisé sur les questions de pollution de l’eau et ce constat fait par l’un de ses interlocuteurs : « On n’a pas le réflexe de faire appel aux jeunes chercheurs. » « UN GOÛT AMER » « J’étais à Bordeaux quand elle a annoncé le dispositif doctorant conseil, explique MaïwennCorrignan. Elle n’a pas peur de dire aux entreprises que ce n’est pas possible que les doctorants travaillent pour eux gratuitement. » La ministre n’hésite pas non plus à dire la vérité aux chercheurs : « Il y a eu beaucoup de créations de postes ces dernières années. Je pense qu’on n’est plus aujourd’hui dans Petit à petit, par des décisions très concrètes, on change le paysage une logique de création de postes », répond-t-elle à la demande du collectif Sauvons la recherche, qui préconisait la création de 5000 nouveaux emplois. Le projet de loi de finances n’en prévoit aucun, malgré une enveloppe accordée au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en hausse de 1,8 milliard d’euros. « Ça nous laisse un goût amer : on voit qu’il y a une marge de manœuvre, mais on n’est pas d’accord avec les choix de répartition. Une grande partie va aux entreprises », commente Bertrand Monthubert. PROPOSER DES PASSERELLES De nouvelles créations de postes pourraient faire baisser le niveau d’excellence des universités française, explique la ministre. Elle reconnaît toutefois que l’accès à un poste de chercheur n’est pas une mince affaire. « La concurrence est très importante et les concours sont ouverts aux candidats étrangers », note-t-elle. « Après un master, puis trois à quatre années de thèse, encore suivies par un à deux ans de post-doctorat, on ne donne aucune perspective claire à ces étudiants », regrette Bertrand Monthubert, qui critique aussi un statut mal défini. F. MAIGROT/REA



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