Direct Soir n°190 30 aoû 2007
Direct Soir n°190 30 aoû 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°190 de 30 aoû 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Dominique Strauss-Kahn objectif Washington

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°190/Jeudi 30 août 2007 14 CULTURE Une oraison pour Tom Née DR Romancière très suivie, Marie Darrieussecq publie son huitième livre pour cette rentrée littéraire. Après son best-seller « Truismes » et le succès de ses ouvrages suivants, « Tom est mort » est déjà au cœur d’une polémique. EXPOSITION L’art contemporain s’invite dans une église gothique ■ L’exposition monumentale d’Anselm Kiefer au Grand Palais aurait-elle donné la folie des grandeurs aux artistes ? C’est en tout cas dans les mêmes dimensions gargantuesques que l’artiste Kees Visser a conçu l’œuvre exposée dans la nef de l’église Saint-Eustache. Constituée de 320 piliers en aluminium, hauts de 6 mètres et peints d’une combinaison de 32 formes et 30 couleurs, elle donne au spectateur l’illusion de voyager dans un kaléidoscope démesuré et grandiose. Kees Visser, jusqu’au 27 septembre à l’Eglise Saint Eustache, 2, impasse Saint-Eustache, Paris 1 er. TOP DES TOPS DR 1 RATATOUILLE Walt Disney Studios jkle Le nouveau roman de Marie Darrieussecq, Tom est mort, tient le haut du pavé dans cette rentrée littéraire 2007. D’abord parce qu’il est au cœur d’une polémique pour « plagiat psychique » : Camille Laurens, auteur publié elle aussi chez P.O.L, accuse Marie Darrieussecq dans La Revue Littéraire de s’être inspirée de l’un de ses livres. Mais la sortie de cet ouvrage est un événement surtout parce que l’auteur, une nouvelle fois, cerne avec justesse et pudeur l’émotion humaine, ici dans sa dimension la plus douloureuse. Une mère perd son troisième enfant dans un accident. Dix ans après le drame, la narratrice écrit ces quelques lignes sur un cahier : « Tom est mort ». Tom, c’est son fils, décédé sous ses yeux à Sydney à l’âge de quatre ans et demi.Après dix années de torpeur, à ressasser sans arrêt cette perte, son esprit lui accorde enfin ses premiers instants de répit. Il est temps, pour elle, d’entamer une recherche inlassable des événements du passé. Elle revient donc sur le choc des premières secondes, où le corps est tenté par le dédoublement, entre retenue et démence primitive, ainsi que sur les éléments qui ont conduit au drame, en passant par les funérailles, l’accompagnement et les groupes de paroles. L’auteur de Truismes balaye les épreuves et remet le vocabulaire en question : comment utiliser le mot deuil, terme usuel, pour décrire une situation aussi personnelle et douloureuse ? Pages après pages le lecteur suit une mère qui utilise les mots comme une arme, un moyen de se relever. Ecrire devient vital pour lutter contre le vide : « Un souvenir me vient, j’essaie de tout écrire ». La réponse que Marie Darrieussecq apporte au vide est le langage. Les étapes sont longues et marquantes : elle le perd, d’abord, et s’enferme 2 3 AMIS Gaumont Distribution RENTRÉE LITTÉRAIRE Des piliers en aluminium forment un kaléidoscope démesuré. 3 4 5 FilmExport LES SIMPSON LE FILM Twentieth Century Fox Marie Darrieussecq, auteur à succès LES FANTASTIQUES 4 ET LE SURFER D’ARGENT Twentieth Century Fox HAIRSPRAY Metropolitan UNE RATATOUILLE QUI FAIT RECETTE… Avec plus de 5,5 millions d’entrées depuis sa sortie, le dernier-né des studios Walt Disney poursuit son copieux succès. Au chapitre des entrées, 3 amis signé Michel Boujenah avec Mathilde Seigner arrive en deuxième position, suivi de l’hilarante comédie musicale Hairspray, avec John Travolta et Michelle Pfeiffer. Légende : (e) nouvelle entrée - Source : www.cbo-boxoffice H. BAMBERGER/OPALE à Bayonne en 1969, Marie Darrieussecq entame des études de lettres après un bac littéraire. Agrégée en 1992, elle donne des cours sur Stendhal et Proust à l’université de Lille-III, avant de connaître le succès avec son premier livre publié aux éditions P.O.L en 1996. Truismes, vendu à 450 000 exemplaires, raconte l’histoire d’une esthéticienne qui se transforme petit à petit en truie. A mi-chemin entre le conte fantastique et la satire sociale, cet ouvrage examine le statut de la femme dans nos sociétés. Désormais Marie Darrieussecq enchaîne les livres : Naissances des fantômes en 1998, Le mal de mer et Précisions sur les vagues en 1999, Le bébé en 2002, Le Pays en 2005 et Tom est mort, présenté à la rentrée littéraire de cette année. dans l’isolement du mutisme, puis, plus tard, les mots retrouvent leurs chemins. Avant tout, c’est l’écriture qui soigne. Les enfants d’une femme endeuillée sont partie prenante de cette souffrance : ils ne s’insurgent pas contre le mutisme de leur mère. Ils comprennent. Marie Darrieussecq elle même, enfant, a connu le silence de ses parents qui ont perdu leur premier enfant. Dans Tom est mort, c’est aussi ces enfants, à force de patience, qui rendent à leur mère la parole. Tom est mort, de Marie Darrieussecq, Editions P.O.L, 256 p., 17 €. jkle jkle jkle jkle DR THÉÂTRE L’auteur Marc Fayet (au centre) et ses comédiens. À six mois près ■ Deux couples montent savourer un dernier verre et profiter d’un peu d’intimité. Stéphane avec la jeune Juliette au début de l’été, Pierre avec sa vieille amie Annie avant l’hiver. Pierre est le père de Stéphane et s’ils sont apparemment dans la même pièce, six mois les séparent. Chacun de son côté raconte l’histoire de sa vie. Puis les femmes s’en vont et le monologue devient dialogue. Une tragi-comédie sur les rapports père-fils, simples et complexes à la fois. L’un dans l’autre de Marc Fayet, jusqu’au 6 janvier, au Petit Théâtre de Paris, 15, rue Blanche, Paris 9 e (01 42 80 01 81). ET AUSSI… Le retour ■ This is not a love song, de Jean-Philippe Blondel, est l’histoire d’un retour. Celui du narrateur, Vincent, dans sa petite ville natale. Ce quadragénaire, entrepreneur à succès en Angleterre, replonge le temps d’une semaine dans ses années de jeunesse. Il découvre peu à peu que son meilleur ami d’enfance a sombré, tandis que lui-même entamait son ascension. Un beau roman, à la fois métaphore d’un capitalisme qui ne se retourne pas sur ceux qu’il laisse sur le bas-côté, et récit douloureux de l’histoire de deux copains qui ont pris des trajectoires différentes. This is not a love song, Jean-Philippe Blondel, Robert Laffont, 211 p., 18 €. J-P BLONDEL DR
STUDIO CANAL DR www.directsoir.net Lorraine et Bertrand, les conjoints en butte aux questions de ceux qui devront vivre « après ». Amours coupables ★★★★★ Avec « Ceux qui restent », Anne Le Ny signe un premier film réussi sur un thème inédit et sensible, avec Emmanuelle Devos et Vincent Lindon. Un couloir d’hôpital, un service de cancérologie, une rencontre fortuite entre deux êtres déboussolés. D’emblée,Anne Le Ny donne le ton de Ceux qui restent, drame romancé pudique et émouvant. Car il y a ceux qui partent tout doucement et ceux qui restent malgré tout. Bertrand (Vincent Lindon) et Lorraine (Emmanuelle Devos) sont de ces êtres de l’ombre, ceux qui accompagnent celui qui souffre. Lui, professeur d’allemand et beau-père d’une ado perturbée par la maladie de sa mère, rend visite chaque jour à son épouse. Cinq ans déjà que le cancer rôde dans sa vie. Elle, une trentenaire dynamique et délurée, vient d’apprendre la maladie de son conjoint. Parce qu’il est inhumain de porter seul ce fardeau, que les questions se bousculent, les liens se tissent entre ces deux quidams. Aux abords de la cafétéria ou du kiosque à journaux de l’hôpital, ils partagent leurs angoisses et s’offrent une bouffée d’oxygène. Si le cinéma s’est souvent intéressé à la souffrance des malades (Le scaphandre et le papillon, Mar Adentro), dans son premier film Anne Le Ny DVD CINÉMA change de cap. En passant derrière la caméra, la réalisatrice et scénariste a souhaité « parler des dommages collatéraux, de ceux qui vivent la maladie en seconde ligne ». Entre douleur et envie de fuir, sensation de manque, besoin d’amour et culpabilité, peuvent-ils vraiment choisir leur destin ? Loyauté et envie de vivre s’affrontent. Ont-ils le droit d’aimer encore ? Toujours avec pudeur, sans jamais filmer la maladie ni juger l’humain, la souffrance mentale, l’amour coupable et les rapports père-fille s’entremêlent. Porté par un duo sensible et authentique, pimenté par une ado incarnée avec justesse par Yeelem Jappain, le quotidien s’expose par petites touches : ses joies, ses doutes, ses faiblesses. Emouvants sans jamais tomber dans le pathos, Vincent Lindon et Emmanuelle Devos excellent dans le rôle de gens simples et démunis face à la maladie. Des dialogues à la hauteur du sujet, un humour cinglant, une histoire poignante, Ceux qui restent est une réussite incontestable. Ceux qui restent, Anne Le Ny, en salle. Le bonheur au détour des barreaux ■ En dépit d’un master de gestion, Jorge a dû reprendre le travail de concierge de son père, handicapé à la suite d’un accident vasculaire. Le jeune homme jongle entre responsabilités familiales et recherche d’emploi. L’espoir viendra-t-il de la « faveur » que son frère lui demande : faire un enfant à Paula, sa petite amie incarcérée dans la prison dont il vient de sortir ? Azul, de Daniel Sánchez Arévalo, Mk2 éditions, 19,90 €. CULTURE 15



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