Direct Soir n°116 5 mar 2007
Direct Soir n°116 5 mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°116 de 5 mar 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Mohamed El Baradei diplomate du nucléaire

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Lundi 5 mars 2007 8 ACTU EN COUVERTURE MOHAMED EL BARADEI/Énergie pacifique Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) veut privilégier les réponses multilatérales aux défis nucléaires contemporains. La réunion des 35 gouverneurs de l’AIEA, qui s’est ouverte ce matin à Vienne (Autriche), sous la direction de MohamedEl Baradei, portera sur les deux dossiers nucléaires les plus tendus du moment : la Corée du Nord et l’Iran. Sur la question coréenne, les accords de Pékin signés le 13 février dernier semblent se concrétiser. Symboliquement, Pyongyang a invité officiellement le directeur général de l’AIEA à se rendre sur place, voyage qu’il pourrait entreprendre dès le 13 mars.Autre signe : Christopher Hill et Kim Kye-gwan, émissaires respectifs de Washington et de Pyongyang, devaient se rencontrer aujourd’hui à New York pour évoquer la mise en œuvre des accords de Pékin. Le contexte semble moins favorable dans le cas iranien. Le rapport de l’AIEA rendu public le 22 février a confirmé que Téhéran poursuivait ses activités d’enrichissement d’uranium, s’exposant à une nouvelle résolution de l’ONU plus contraignante. Cependant, la conférence multilatérale sur la stabilisation de l’Irak qui doit se tenir à Bagdad en fin de semaine est particulièrement attendue par les diplomates de l’AIEA puisque les Etats-Unis et l’Iran s’y retrouveront à une table de négociation commune. Plusieurs analystes attendent davantage de cette réunion pour R. VIOLLET GUILLAUMEZELLER A. SCHWARZKOPF/ANZENBERGER avancer sur le dossier iranien que sur le conflit irakien. Au regard de ces deux enjeux diplomatiques, on mesure l’importance du rôle de MohamedEl Baradei à la tête de l’AIEA. L’homme, dont chacun s’accorde à reconnaître la probité, défend une vision de la diplomatie fondée sur le dialogue, le respect de toutes les parties, la primauté et la vérité des faits. En 2003, avec Hans Blix, il s’était battu jusqu’à la dernière extrémité pour réfuter l’existence d’un programme nucléaire irakien menaçant, face aux affirmations des Etats- Unis. Les faits lui ont donné raison a posteriori. En dépit des inimitiés ou des défiances que son travail a pu susciter, en particulier auprès des Etats-Unis, MohamedEl Baradei a été reconduit à l’unanimité en juin 2005 pour un troisième mandat à la tête de l’AIEA. En octobre de la même année, les membres du Comité Nobel décidaient d’attribuer le prix Nobel de la paix au docteur El Baradei et à l’AIEA, récompensant ainsi non seulement des résultats tangibles en faveur de la paix, mais aussi une certaine vision du droit international. L’Agence internationale de l’énergie atomique Son rôle L’AIEA est une émanation directe du Conseil de sécurité des Nations unies. Sa création a été voulue par le président Eisenhower dès 1953, afin de contrôler l’utilisation des matières nucléaires. L’AIEA est entrée en fonction en juillet 1957. Son siège est à Vienne. La signature du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 1968 a fait de l’AIEA la garante de sa bonne application. Parmi les dossiers récents traités par l’AIEA : Tchernobyl, l’Irak, la Corée ou l’Iran. Ses moyens Le secrétariat de l’AIEA est composé de 2200personnes, spécialistes des questions nucléaires ou membres du support technique. Le fonctionnement de l’agence est assuré grâce à un budget général de plus de 283 millions d’euros et des contributions volontaires complémentaires. Six grands départements composent le secrétariat de l’AIEA : administration, recherche et application du nucléaire, énergie nucléaire, sécurité et protection nucléaire, coopération technique, contrôleurs et vérification. M. TUEREMIS/LAIF REA HENNING/ALL OVER/GAMMA C’estdit Le dialogue Son directeur « Le dialogue ne doit pas être conçu comme la « récompense » d’un bon comportement. Au contraire, le dialogue est utile face à un mauvais comportement, puisque l’objectif du dialogue est précisément de changer les comportements. » (Newsweek, octobre 2006) MohamedEl Baradei est le directeur de l’AIEA depuis le 1 er décembre 1997. Né en 1942 en Egypte, il est titulaire d’un doctorat en droit international de l’université de New York. Il débute sa carrière au sein de la diplomatie égyptienne. De 1974 à 1978, il est l’assistant spécial du ministre des Affaires étrangères. Il intègre les organisations diplomatiques internationales dès 1980, évoluant au sein de l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR), puis à l’AIEA à partir de 1984.
www.directsoir.net ETATS-UNIS/Vers une évolution du néoconservatisme Chantres de l’intervention américaine en Irak et théoriciens de la guerre contre le terrorisme, les néoconservateurs ont marqué la politique de George W. Bush. Bilan. h Entretien avec Arnaud Blin, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et spécialiste des Etats-Unis. Le fait que de nombreux néoconservateurs aient été écartés du gouvernement a-t-il diminué leur influence sur la politique américaine ? Détenir le pouvoir n’est pas une fin en soi pour les néoconservateurs. Ce sont avant tout des idéologues qui cherchent à influer sur la conduite de la politique américaine. Les positions qu’ils ont perdues au sein du gouvernement ne représentent que peu d’importance à leurs yeux. Ceci ne les empêche pas de continuer à mener leur guerre des idées. Ils s’appuient pour cela sur les médias, mais également sur un vaste réseau de « think thanks », ces groupes de réflexion qui agissent à la manière des lobbies. La plupart a d’ailleurs trouvé refuge au sein de l’American Enterprise Institute, un think thank très actif qui a énormément influencé l’administration Bush. Cependant, les néoconservateurs restent présents au sein du gouvernement. Ils se sont surtout regroupés autour du vice-président Dick Cheney. Les néoconservateurs, qui ont joué un rôle déterminant dans le déclenchement de la guerre en Irak, continuent-ils de penser qu’il s’agissait de la meilleure solution ? Ils refusent de faire leur autocritique sur ce point et restent persuadés que l’idée de la CORÉE DU NORD/Normalisation historique avec Washington h La Corée du Nord semble s’éloigner progressivement de « l’axe du mal » défini par le président américain George W. Bush en 2002. Le vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Kim Kye-gwan, rencontre aujourd’hui et demain à New York des experts en question de nonprolifération. Il déjeunera notamment avec Christopher Hill, le négociateur américain sur le programme nucléaire de Pyongyang. Cette rencontre Etats-Unis-Corée du Nord est la plus importante sur le sol américain depuis 2000. Elle est consécutive à l’accord conclu le 13 février par les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, Japon et les deux Corées), qui prévoit le démantèlement du programme nucléaire coréen en 60 jours. Le numéro 2 du régime, Kim Yong-nam, a déclaré que son pays « fera des efforts pour y parvenir », rappelant que Le Nord-Coréen Kim Kye-gwan. L. DOWING/REUTERS Discours de l’Union au Capitole, à Washington, le 24 janvier dernier. G. BAKER/AP « la dénucléarisation de la péninsule coréenne » était l’un des souhaits du fondateur du régime communiste nord-coréen, Kim Il-sung, mort en 1994. Les Etats-Unis, de leur côté, cherchent à minimiser la portée de l’événement. Pour Tom Casey, porte-parole adjoint du département d’Etat américain, Washington considère cette rencontre « comme une réunion d’organisation pratique », visant à « décrire et définir (…) les modalités et le calendrier des discussions ». Une prochaine rencontre pourrait être programmée à Pyongyang dans les semaines à venir. Eventualité confirmée par Tom Casey, qui déclare que Christopher Hill pourrait se rendre en Corée du Nord si une telle visite « était dans l’intérêt des Etats-Unis ». Le processus de normalisation n’est pas acquis. Pour Washington, plusieurs années seront nécessaires pour rendre le gouvernement nord-coréen légitime vis-à-vis de la communauté internationale. Le dégel des relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord devrait permettre à cette dernière de bénéficier d’une levée partielle des sanctions qui lui sont imposées. Le déblocage de comptes bancaires à la Banco Delta Asia (BDA) de Macao et la remise en place d’un programme d’aide énergétique pourraient en être les premiers effets. MONDE ACTU guerre en Irak était bonne. Selon eux, c’est l’exécution qui a été mauvaise. Ils en veulent d’ailleurs beaucoup à Donald Rumsfeld et prônent une politique plus ambitieuse. Ils plaident également en faveur du déblocage de plus de moyens, condition nécessaire selon eux pour parvenir à une solution. Le principe de guerre permanente défendu par les néoconservateurs, sur lequel repose la lutte contre le terrorisme, a-t-il des chances de perdurer après les élections présidentielles de 2008 ? D’après moi, ce principe n’a aucune chance de perdurer. La stratégie des néoconservateurs, qui consiste à faire de la guerre un instrument de la politique, a été un échec total et a particulièrement terni l’image des Etats-Unis dans le monde. Aucun des candidats en course pour l’élection présidentielle ne semble vouloir s’inscrire dans cette logique. CÔTE D’IVOIRE/Relance du processus de paixL. Gbagbo, B. Compaore et G. Soro. h Le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion Guillaume Soro ont signé hier, à Ouagadougou (Burkina Faso), un accord visant à relancer le processus de paix. Cet accord est le premier résultat du « dialogue direct » entre le camp présidentiel et la rébellion des Forces nouvelles, qui contrôlent chacun une moitié de la Côte d’Ivoire. Il prévoit entre autres la formation d’un nouveau gouvernement, la suppression de la « zone de confiance » (un cordon démilitarisé qui s’étire d’est en ouest du pays), la reprise de l’identification des populations en vue d’élections, le démantèlement des milices ainsi que l’intégration des rebelles à la future armée. Ces mesures, qui sont envisagées depuis des années, n’ont pu être appliquées jusqu’ici en raison des blocages politiques. La ministre déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin, a déclaré qu’un retrait de la communauté internationale de Côte d’Ivoire était envisageable « dès maintenant ». ISSOUF SANOGO/AFP EYEPRESS/AP EN BREF CHINE/UNE CROISSANCE TOUJOURS AUSSI POLLUANTE A l’occasion de son discours annuel devant le Parlement, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a déclaré que l’économie chinoise consommait toujours trop d’énergie et menaçait l’environnement. « Le mode de croissance économique reste extensif. Cela se manifeste surtout par une forte consommation d’énergie et une grave pollution », a souligné Wen Jiabao devant 3 000 délégués réunis au premier jour de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP) à Pékin. Si le Premier ministre a relevé certains progrès allant vers un plus grand respect de l’environnement, une des priorités du 11 e plan (2006-2010), il a cependant fait remarquer qu’il restait beaucoup de chemin à parcourir : « Certaines instances locales et certaines entreprises n’ont pas appliqué avec une rigueur suffisante la réglementation et les normes visant à économiser l’énergie et à protéger l’environnement. » Il s’est par ailleurs engagé pour 2007 à « multiplier les efforts afin d’améliorer la qualité et le rendement de la croissance économique ». Enfin, il a précisé qu’« une plus grande importance sera accordée à l’économie des sources d’énergie et au respect des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et à l’usage intensif des terres ». L’ANCIEN PREMIER MINISTRE DU KOSOVO DEVANT LE TPI C’est aujourd’hui que s’ouvre devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie le procès de l’ex-Premier ministre kosovar, Ramush Haradinaj. Inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour des atrocités commises contre des Serbes et des Albanais, Haradinaj, 38 ans, est un ex-commandant de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Considéré comme un héros par de nombreux Kosovars, il est le plus haut responsable albanais du Kosovo jamais poursuivi par le TPI. LE LABOUR S’INTERROGE SUR LA FAÇON DE DÉSIGNER SON LEADER Selon un sondage publié aujourd’hui, une forte majorité des membres du parti travailliste souhaitent que le prochain leader du Labour soit désigné au cours d’une élection pluraliste. 73% des 1 115 membres du parti interrogés par l’institut YouGov entre le 1 et le 4 mars se prononcent en faveur d’une élection pluraliste, contre 11% qui souhaitent que le successeur pressenti de Tony Blair, le ministre des Finances Gordon Brown, soit plébiscité en l’absence de tout adversaire. RENAUD CHARLES,FRANÇOIS DENAT Directsoir t Lundi 5 mars 2007 9



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