Cerveau & Conscience n°2 mai/jun 2015
Cerveau & Conscience n°2 mai/jun 2015
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de mai/jun 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 25,4 Mo

  • Dans ce numéro : de plus en plus intelligent avec l'âge ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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30 Garder un cerveau jeune DOSSIER GARDER UN CERVEAU JEUNE minations dont elle est victime. En effet, bien souvent, les employeurs ont de nombreux préjugés sur leurs employés les plus âgés : manque de flexibilité, de capacités créatrices, d’initiative, d’autonomie, diminution de la vitesse d’exécution ou encore trop grand perfectionnisme. Cette défiance des entreprises à l’égard de « l’offre des facultés cognitives » et de la performance des plus de 50 ans est un facteur puissant de leur éviction. L’hypothèse d’une diminution de la productivité avec l’âge, ou tout du moins celle d’un décrochage entre le salaire et la productivité, sont souvent invoquées pour expliquer la faible employabilité des seniors. Les études à l’appui de ces théories reposent sur une évaluation de la productivité individuelle par les supérieurs, par des tests psychométriques, ou enfin à partir d’enquêtes de « production à la pièce ». Elles concluent dans leur majorité à une relation en U inversé, c’est-à-dire où la productivité croît jusqu’à un certain âge, se stabilise, puis décline à partir de la cinquantaine. Cependant, l’estimation de la contribution de groupes de salariés définis par classe d’âge aux performances économiques de l’entreprise conduit à des résultats plus nuancés avec une croissance du profil de productivité jusque vers 40 ans, puis un maintien au-delà. La divergence de ces données reflète l’accroissement avec l’âge de la variabilité interindividuelle en matière de performances cognitives. Certains seniors vont ainsi valoriser l’expérience et les connaissances accumulées en développant leurs capacités de réorganisations adaptatives. Ces travailleurs savent tenir compte des faiblesses qui les atteignent au fil des ans et les compensent dans la pratique, soit individuellement, soit dans l’organisation collective de leur travail. Il est désormais admis que les performances sont largement fonction des conditions de travail, certaines situations engendrant davantage de difficultés pour les plus âgés (horaires décalés, postures pénibles, etc.). 14 Science - Cerveau magazine & conscience n°28 De telles données pourraient être propres à rassurer les employeurs. Cependant, même si des progrès étaient accomplis en matière de lutte anti-discriminatoire à l’égard des salariés âgés, encore faudrait-il que ces derniers veuillent continuer à travailler. Selon l’étude VISAT, les situations de travail intellectuellement stimulantes sont celles où l’on sort le moins précocement de l’emploi. Ainsi, les personnes âgées de 52 ans qui déclarent apprendre de nouvelles choses grâce à leur travail, sont trois fois plus nombreuses que les autres à s’estimer aptes à rester en emploi jusqu’à la retraite. Par ailleurs, lorsque les personnes s’en jugent incapables, elles présentent un risque près de deux fois et demie supérieur de se trouver en arrêt maladie ou au chômage cinq ans plus tard, et une probabilité 30% plus élevée d’être à la retraite ou en préretraite au bout de la même période. Comme le rappelle Anne-Françoise Molinié, « le jugement sur sa capacité à occuper son emploi jusqu’à la retraite renvoie à des possibilités d’influencer son environnement, d’avoir des perspectives, une reconnaissance de son état de santé et de l’appréciation portée sur les marges de manoeuvre que l’on peut créer, individuellement et collectivement, dans la situation de travail présente ». À l’heure où maintenir les seniors en emploi fait l’objet d’une politique nationale concertée, développer des environnements de travail « capacitants », c’est-à-dire qui permettent aux plus âgés de valoriser leurs savoir-faire, est tout à la fois nécessaire et possible. Cette évolution implique d’engager des efforts en matière d’organisation du travail, d’optimisation de l’expérience professionnelle (choix de postes et de temps de travail adaptés) et de formation tout au long de la vie des salariés vieillissants (des formations plus régulières et qui, s’appuyant sur
le vécu professionnel, restaurent la confiance). C’est à ce prix que seront réalisés des progrès dans la voie d’un vieillissement réussi à la fois au travail et par le travail. La nouvelle loi qui incite les entreprises à développer des plans d’action seniors en fixant parmi les domaines d’intervention « l’amélioration des conditions de travail et de prévention des situations de pénibilité » et « le développement des compétences et des qualifications » pourrait y contribuer. Il s’agirait également d’évaluer les impacts de stratégies agissant tant sur les contraintes non cognitives (par exemple, mise en place de plages de récupération pour les personnes travaillant la nuit) que sur les contraintes cognitives (par exemple, environnements de travail calmes et où la pression temporelle est moins forte). En outre, des formations de prévention GARDER UN CERVEAU JEUNE DOSSIER en santé cognitive pourraient être proposées à tous les salariés afin de favoriser le maintien de la flexibilité mentale dans l’âge. Des formations à visée plus curative seraient, en complément, spécifiquement développées pour les seniors en fonction de leurs besoins et capacités. La dépendance d’origine cérébrale au grand âge Dans le grand âge, les personnes ont souvent besoin d’une aide qui recouvre à la fois des pratiques de soin, des services matériels, du soutien moral et de la surveillance. Cet appui, qui est en partie assuré par l’entourage familial, est parfois assimilé à une charge voire à un « fardeau », tant psychologique que physiologique. Les enquêtes qualitatives auprès d’aidants familiaux mettent surtout en évidence le contexte de tensions quasiment permanent dans lequel ils exercent leur tâche. Les aidants se trouvent pris dans un ensemble de contraintes qui les obligent à adopter au quotidien des modes de conciliation avec de fortes répercussions sur leur vie. De surcroît, les prises en charge des plus jeunes Science Cerveau magazine & conscience n°28 - 15 31



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